Jean dit Badès, François, de son vrai nom Badès, Jean-François

Biographie


Né le 4 germinal an V à Moissac (Tarn-et-Garonne), enfant naturel de Badès, Thérèse (elle-même fille de Badès, Jean et de Cassan, Jeanne). Charpentier depuis cinq ans chez Albourg ou Albouy, maître charpentier, 26, rue de Paradis-Poissonnière. Les circonstances de sa mort nous sont ainsi parvenues : « Le mercredi 28 juillet 1830, vers la fin du jour, ledit sieur Jean-François Badès, se trouvant dans la rue des Arcis, prit le fusil d’un de ses voisins, en disant qu’il fallait qu’il abattît quelques Suisses ; qu’en effet il se servit de cette arme pour tirer sur les Suisses qui étaient sur le pont Notre-Dame mais que, peu de temps après, il reçut lui-même une balle dans la tête, que, par suite de cette blessure, il fut porté rue des Arcis, n° 12, où le sieur Olry [portier, N.D.A.] lui donna tous les soins que sa position exigeait, que le lendemain il fut transporté à l’Hôtel-Dieu, où il mourut le 11 août suivant des suites du coup de fusil qu’il avait reçu ». Le certificat médical indiquait qu’il avait succombé « des hémorragies consécutives suite d’une plaie par arme à feu, accompagnée de la fracture des os propres du nez, de l’apophyse palatine du maxillaire supérieur, de l’apophyse transverse de la deuxième vertèbre cervicale avec blessure de l’artère vertébrale du côté droit au niveau de cette dernière vertèbre ». Jean mourut dans les bras de Frayssé, Antoine, qui demeurait 90, rue du Faubourg-Saint-Martin ; c’était un ami de la famille et lui qui apprit au fils de Jean et à Retournat la mort du blessé. Jean vivait maritalement depuis cinq ans avec Cerissier ou Cérisier, Aimée. On trouve dans le dossier les informations suivantes : « Jean, François dit Badès, désigné dans la note ci-jointe, est décédé à l’Hôtel-Dieu le 11 août 1830 ; il y était entré le 29 juillet par suite d’une blessure latérale à la partie droite, provenant d’un coup de feu qu’il venait de recevoir en sortant de chez lui pour aller combattre avec ses camarades. Cet individu, qui est généralement estimé, a travaillé pendant cinq ans de suite chez M. Albouy, maître charpentier rue de Paradis-Poissonnière n° 26. Il vivait depuis cinq ans avec une demoiselle Aimée, Cérisier, qui demeure rue de la Vieille-Place-aux-Veaux n° 12 ; il était sur le point de se marier avec elle et elle a à cet effet tous ses papiers. On prétend qu’elle s’est adressée à la Commission des récompenses et qu’elle a demandé à jouir des prérogatives attachées aux personnes considérées comme héritières des victimes de cette époque. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie des (ancien) Ve et IXe arrondissements. Le 13 octobre 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Fraisse, Antoine, charpentier, demeurant 94, rue du Faubourg-Saint-Martin (sic) ; Olry, portier, demeurant 12, rue des Arcis. Ils attestèrent « pour vérité et notoriété avoir parfaitement connu le sieur Jean-François Badès, […] savoir que le mercredi 28 juillet 1830 vers la fin du jour, ledit sieur Jean-François Badès, se trouvant dans la rue des Arcis, prit le fusil d’un de ses voisins, en disant qu’il fallait qu’il abattît quelques Suisses ; qu’en effet il se servit de cette arme pour tirer sur les Suisses qui étaient sur le pont Notre-Dame, mais que peu de temps après il reçut lui-même une balle dans la tête ; que par suite de cette blessure il fut porté rue des Arcis n° 12, où le sieur Olry, l’un des comparants, lui donna tous les soins que sa position exigeait ; que le lendemain il fut transporté à l’Hôtel-Dieu, où il mourut le 11 août suivant des suites du coup de fusil qu’il avait reçu ». Il laissait un fils, Jean, né le 24 mai 1821 (pas vu son nom dans les listes du Bulletin des lois, mais il est pourtant in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671 et in Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi etc.) à Moissac, qu’il avait eu avec Retournat, Marie (pas vu son nom dans les listes du Bulletin des lois) et qu’il avait reconnu le 20 novembre 1821 à Moissac. Frayssé, Antoine, demeurant 90, rue du Faubourg-Saint-Martin fut le fondé de pouvoirs à Paris pour faire reconnaître les droits de l’enfant. L’enfant fut pensionné et il lui fut accordé, en tant qu’orphelin, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le fils sera pensionné comme orphelin d’une victime de Juillet et, en 1832, une somme de trois cents francs lui fut allouée pour frais de trousseau. Le conseil de famille de l’orphelin était composé de la mère, Retournat, Marie et de Mauri, Etienne, plâtrier, subrogé-tuteur, demeurant à Moissac en 1831. L’enfant fut durant quatre années, et jusqu’en 1836, élève au collège communal de Moissac. En 1837, il était placé en apprentissage chez Orliac, relieur à Moissac. Jean dit Badès, François demeurait à Moissac en 1821 ; 24, rue des Arcis en juillet 1830 ; sa concubine demeurait 12, rue de la Vieille-Place-aux-Veaux en 1831 ; Retournat, Marie, à Moissac en 1831-1832. Le nom de Jean (F. Jean) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 57 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 106 (sous le nom de François dit Badès, Jean) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur lexécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de lordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de lEtat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 36-37 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 20 septembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, IXe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 IXe arrondissement ; année 1839 IXe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossiers Badès et Beguin ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, orphelins (sous le nom de François dit Badès, Jean) ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559 dossier (ancien) IXe arrondissement et aussi un état officiel des orphelins (ancien IXe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82 (sous le nom de Jean dit Badès, François), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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