Jeanniau, André
Biographie
Né le 14 brumaire an XIII (bien le 14 brumaire an XIII dans son acte de naissance ; mais par erreur le 15 brumaire an XIII in Archives nationales F/1dIII/36 et une autre fois même source en novembre 1805 ; le 15 brumaire an XIII in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; en novembre 1805 in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé) à Auxerre (Yonne), fils de Jeanniau, Jean-Baptiste, cultivateur, et de Borna, Louise, son épouse. Tailleur. Il fut blessé de coups de feu reçus à la main et qui lui traversèrent l’épaule droite, le 29 juillet aux Tuileries. Souffrant d’une grave hémorragie, il fut transporté, baignant dans son sang, à l’ambulance de l’ancien tribunal de commerce, cloître Saint-Merry, puis fut soigné à l’Hôtel-Dieu. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, médecin attaché au bureau de charité du (ancien) IVe arrondissement, certifie avoir donné mes soins au sieur Jeanniau, André […] blessé à l’épaule droite d’un coup de balle dans la journée du 29 juillet, au moment de la retraite des Suisses sur les Tuileries après la prise du Louvre. J’atteste que ce blessé fut amené dans la maison où était alors une ambulance, tout baigné de son sang et ayant une blessure compliquée d’hémorragies assez difficiles à arrêter à ce moment. J’aime en outre à rendre hommage à sa grandeur d’âme dans cette circonstance ; en effet, tout blessé qu’était le dit sieur Jeanniau, il ne voulut pas profiter d’un brancard qui devait le transporter et y fit placer à sa place un Suisse encore plus mal traité que lui et qu’il accompagna et défendit jusqu’à l’hôpital, où ils entrèrent l’un et l’autre. Ce fait est exact et sincère, je le jure sur l’honneur, il s’est passé sous mes yeux. J’affirme en outre que depuis l’instant de la blessure, le malade n’a pu rien faire et qu’il n’est pas encore totalement guéri. » Signé, le 2 décembre 1830 : Vaudin, médecin. Ce certificat était apostillé des signatures de (pour les noms lisibles) : Merckx, demeurant 23, rue du Chantre-Saint-Honoré ; Kulzienne, demeurant 18, rue du Chantre-Saint-Honoré ; Gareau, caporal à la 1re compagnie du 3e bataillon de la IVe légion, demeurant 13, rue de la Bibliothèque ; Prodhomme ; Bridau ou Bridan ; Hallez ; Foubert, Encontre. Suivait aussi l’apostille suivante : « Je, soussigné, certifie, Brivois, Nicolas voir Brivois, Claude, Nicolas), officier en retraite, grièvement blessé à la prise des Tuileries le 29 juillet, qu’étant à l’Hôtel-Dieu, où on venait de m’apporter sur un brancard, le nommé Jeanniau me précédait de quelques minutes et que sur la déclaration de la personne qui l’accompagnait me fit de l’endroit où il avait été blessé, je reconnus qu’il était réellement de ceux qui comme moi avaient été blessés à la prise des Tuileries. Sa déclaration personnelle était exacte. Je croirais manquer à l’honneur de ne pas vouloir lui donner mon approbation pour lui servir au besoin. » Signé, le 4 décembre 1830 : Brivois, Nicolas (voir Brivois, Claude, Nicolas). Marié et père de deux enfants (mais célibataire in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II), il reçut (sous le nom de Jeanniot, Janniot) un secours de quatre-vingts francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il fut soigné à la Maison de convalescence de Saint-Cloud ; il savait lire et écrire et demanda son entrée aux Invalides. Il reçut (sous le nom de Jeanniot, André), après la révolution, des secours (sans que ni la date ni le montant soient précisés) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le 12 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Lesouple, François, maçon, demeurant 14, rue Maubuée ; Ricou, Pierre, formier, demeurant 12, rue Maubuée ; Chanard, Michel, maçon, demeurant 14, rue Maubuée. Ils attestèrent connaître parfaitement Jeanniau, André et « savoir que le 29 juillet il se battait contre les Suisses et l’ex-garde royale et que vers 1 heure de relevée il fut atteint d’une balle à l’épaule droite à l’attaque des Tuileries, du côté du Carrousel ». Le 13 avril 1831, devant le maire du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Lesouple, François, maçon, demeurant 14, rue Maubuée ; Ricou, Pierre, formier, demeurant 12, rue Maubuée ; Chanard, Michel, maçon, demeurant 14, rue Maubuée. Ils attestèrent connaître parfaitement Jeanniau, André ne possédait « aucune fortune personnelle ; qu’il n’a pour moyen d’existence que son état, qu’il ne peut plus exercer par suite de la blessure qu’il a reçue au bras droit le 29 juillet dernier en combattant pour la défense des lois et qu’enfin il est de notoriété publique que son état de fortune le met dans la nécessité de réclamer la pension à laquelle il a droit à titre de récompense nationale ». « Le soussigné certifie que M. André Janniot (sic), père de famille de deux enfants, demeurant rue Maubuée n° 14, a été blessé d’une balle qui lui a traversé l’épaule droite le 29 juillet dernier à défendre sa patrie comme bon citoyen et honnête homme. D’après le malheur qui lui est arrivé, ce illisible demande un secours, qui lui est nécessaire n’ayant pas de moyen de subsister. » Signé, le 6 août 1830 : Evrard, marchand de vin, demeurant 14, rue Maubuée. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement (sous le nom de Jeanniot, André sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 19 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à l’épaule droite, de sa partie antérieure et supérieure vers sa partie postérieure, après avoir lésé l’extrémité supérieure de l’humérus, non encore cicatrisée et qui doit entraîner dans l’usage du membre des difficultés et des douleurs et le faire ranger dans la 4e classe des blessés. » Il fut admis dans la 4e classe des blessés et pensionné de cinq cents francs. Il comparut, le 7 janvier 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement (mais ne put signer « par suite d’une blessure qu’il a à la main et qu’il a aussi reçue dans les journées de Juillet »), pour attester que Dubray, Jacques, Alexandre « est décédé le 2 septembre dernier en son domicile susdite rue du Cadran n° 39, par suite des blessures qu’il a reçues le 28 juillet dernier au Palais-Royal » ; il était sans doute parent avec Dubray, Jacques, Alexandre puisque la femme de Dubray se nommait aussi Jeanniot, née aussi à Auxerre. Il demeurait 14, rue Maubuée en 1830-1831 ; mais 33, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1830 sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 288 n° 7 et 39, rue du Cadran in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 28 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 31 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 75 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 65 (sous le nom de Jeanniot) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, état des blessés reçus dans les établissements de la 1re division des hôpitaux et hospices civils de Paris, domiciliés dans le (ancien) VIe arrondissement (sous le nom de Jeannicot, André) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension (sous le nom de Jeanniau, André) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/54 in dossier Dubray, Jacques, Alexandre ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 8-9 état des pensionnaires aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, Barèges, Mont-d’Or et Néris (sous le nom de Jeanniolx) et liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 4e classe.