Jeansonne, Alexandre, Louis, Théophile (parfois Jeansone, ou Jeansoonne, ou Jansonne)
Biographie
Né le 13 février 1813 à Paris (mais à Saint-Omer dans le Pas-de-Calais in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste d’incapacité de travail), fils de Jeansonne, Jean-Louis, bottier à façon, et de Cueilllier, Albertine, Joseph, son épouse. Bottier-cordonnier à façon. Il combattit le 28 juillet sur la place de Grève et fut blessé d’une balle qui lui traversa le corps, rue des Arcis vers 13 heures 30. Il fut soigné à la maison de santé Dubois, rue du Faubourg-Saint-Denis. La mairie indiquait ainsi la nature de ses blessures : « Coup de feu qui a traversé la poitrine et fracturé les côtes. Blessure très grave, la vie de ce blessé a été longtemps compromise. Impossibilité absolue de travail. » Il reçut (sous le nom de Janson) un secours de cinquante francs en août, un autre de cent francs et un autre de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Lui ou sa mère reçut un secours de quarante francs, le 18 août 1830, un secours de cent francs, le 19 août, un secours de vingt francs, le 31 août, un secours de trente francs, le 13 septembre, un secours de trente francs (Payé à sa mère), le 29 septembre, un secours de soixante francs, le 15 octobre 1830, un autre de cinquante francs, le 3 novembre 1830, un secours de cinquante francs, le 15 novembre 1830, un secours de cinquante francs, le 6 décembre 1830, un secours de cinquante francs, le 20 décembre 1830, un secours de soixante francs, le 10 janvier 1831, un secours de cinquante francs, le 23 janvier 1831, un secours de cinquante francs, le 31 janvier 1831, un secours de trente francs, le 25 avril 1831, un secours de vingt francs, le 9 mai 1831, un secours de vingt francs, le 2 juin 1831, un secours de vingt francs, le 1er juillet 1831, un secours de vingt francs, le 1er août 1831, un secours de vingt francs, le 1er septembre 1831, un secours de vingt francs, le 1er octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le dossier des droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le jury médical, chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint d’une blessure par arme à feu à la base de la poitrine du côté droit de la partie supérieure à la région ombilicale vers la partie postérieure et inférieure de la poitrine, en traversant le poumon, blessure extrêmement grave et loin encore d’être guérie. En conséquence, nous estimons qu’il a été atteint d’une blessure qui a entraîné des infirmités et des déformations qui équivalent à la perte d’un membre et qu’il doit être rangé dans la 6e classe des blessés. » Mais il devait mourir des suites de sa blessure le 15 février 1831 à la maison de santé. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Il laissait un père, Jeansonne, Pierre, Louis, né le 10 novembre 1789 à Saint-Omer (Pas-de-Calais), souffrant de rhumatisme et d’une vue basse, et une mère, qui mourut en janvier 1831 après une longue et coûteuse maladie. Le père, qui avait quatre autres enfants, sollicita des secours. Sa famille reçut un secours de quarante francs, le 14 février 1831, un secours de trente francs, le 28 février 1831, un secours de vingt francs, le 14 mars 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (et pourtant un total de cent francs du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 in Archives nationales F/1dIII/35 B et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.). Il avait signé, le 19 novembre 1830, le certificat suivant en faveur de Sioque, Louis, Joseph, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, reconnaissons que le nommé Louis, Joseph Sioque, ouvrier cordonnier, demeurant rue Joquelet n° 3, n’a pas cessé de nous accompagner dans toutes les affaires qui ont eu lieu les trois journées des 27, 28 et 29 juillet et qu’il s’y ait conduit en fidèle et brave citoyen et qu’il a combattu avec une intrépidité digne de tout éloge et qu’il n’a quitté les armes que lorsque la liberté a été établie et a mérité, par sa conduite, l’estime de tous bons Français. » Il précisait dans son certificat qu’il avait vu Sioque se battre. Le père fut pensionné de deux cents francs et reçut de la part de la Commission de la souscription nationale une inscription de rente perpétuelle de cinquante francs. Le 24 juillet 1840, les restes de Jeansonne furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Jeansonne, Alexandre, Louis, Théophile demeurait 8, rue Aubry-le-Boucher sur les listes du Constitutionnel (mais aussi in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 en novembre 1830 et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Etat nominatif des père et mère des citoyens tués en juillet 1830 au-dessous de soixante ans et quatre fois in Archives de Paris VD6 360 n° 5, III, Enregistrement des bons délivrés etc.) ou chez son père, 27, rue des Lombards (29, rue des Lombards in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5, 25 in la même source, deux fois 27 dans la même source, en janvier 1831 deux fois 29, deux fois 27 de nouveau en février, 27 en mai, 25-27 en août et octobre…, 29 sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 ; 27, rue des Lombards in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste d’incapacité de travail, VI Extrait du registre contenant les décisions du jury médical à la Commission des récompenses nationales et in Archives nationales F/1dIII/38 B ; 25-27, rue des Lombards in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc. dans le certificat qu’il signe en 1830 in Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Sioque, Louis, Joseph : 29, rue des Lombards) rue des Lombards, maison du faïencier (in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 à la date du 2 juin les deux adresses suivantes sont indiquées sous l’indication suivante : 8, rue Aubry-le-Boucher ou mieux 25-27 ou 29, rue des Lombards). Le nom de Jeansonne (A.-L.-T. Jeansonne) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 28 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 31 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 76 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIe arrondissement ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 et Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, Liste d’incapacité de travail, idem Etat nominatif des père et mère des citoyens tués en juillet 1830 au-dessous de soixante ans, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (secours accordés par la Commission des récompenses nationales aux blessés qui n’ont été classés dans aucune catégorie, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831), idem même référence VI Extrait du registre contenant les décisions du jury médical à la Commission des récompenses nationales, idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des ascendants ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420 ; Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Sioque, Louis, Joseph.