Jest, Joseph, Marie
Biographie
Né vers 1801 à Paris (ancien) IVe arrondissement. Sommelier chez Follet, au café de Foy dans les galeries du Palais-Royal. Il s’illustra rue de Richelieu et rue Montpansier. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac. Il expliquait ainsi sa participation aux combats de Juillet : « […] Ayant obtenu des armes le 29 au matin, à la caserne des Pompiers rue de la Paix, s’est transporté de suite aux Tuileries, où il a combattu jusqu’à la reddition ; a ensuite combattu rue de Rohan jusqu’à la disparition des gardes royaux […]. » Sa lettre était apostillée des signatures de (pour les noms lisibles ou à peu près) : Pelanne, pharmacien, demeurant 4, rue Neuve-des-Capucines ; Dupont ; Pelet, demeurant 4, rue Neuve-des-Capucines ; Follet ; Offl..., Napoléon, chasseur à la Ire légion de la garde nationale, demeurant 4, rue Neuve-des-Capucines. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, afin d’obtenir une place de concierge ou de gardien dans une propriété nationale. Dans une lettre, en date du 28 mars 1848, il expliquait ainsi : « […] Ancien combattant de Juillet, dont les pièces et attestations ont été saisies par la police, rue Méchal dans les bureaux des réclamations nationales ; établi limonadier rue Montmartre n° 24, en 1837 et 1838, payant six cent vingt-cinq francs d’impôts ; à cette époque, il recevait chez lui des sections démocratiques, dont les frères Meillard faisaient partie ; l’un de ces deux frères fut blessé en mai et se réfugièrent en Angleterre ; Guillemain, Dargout, Delion, Fombertaux, détenu de Doullens, ainsi que François Ergulé et d’autres. Combattant du 24 février au Palais-Royal, allant distribuer trois à quatre mille cartouches que le citoyen Lefevre, cuisinier, détenu de Doullens, lui avait confiées depuis deux ans en dépôt. Dès le 24 au matin, il en avait déjà distribué plus de mille deux cents aux barricades rue Rambuteau, au coin des halles, rue des Prouvaires, rue Jean-Jacques-Rousseau et au Palais-Royal. En revenant le 24 sur les 1 heure et demie, rechercher des munitions il fit rencontre d’un homme que cinq à six combattants voulaient fusiller dans la rue de Grenelle-Saint-Honoré, disant que c’était le vicomte Dejean, directeur de la poste aux lettres, et il lui sauva la vie, au péril de ses jours, en leur disant qu’il ne fallait pas déshonorer notre révolution par un assassinat. Il fit conduire le vicomte Dejean au poste de la garde nationale de l’Hôtel des postes mais, à la barricade de la rue Jean-Jacques-Rousseau, plus de quarante combattants s’opposèrent à leur passage, en disant qu’ils étaient deux mouchards ; ils les couchèrent en joue. C’est au milieu de mille dangers qu’il est parvenu dans la cour de la poste de telle sorte que cette personne dont il venait de sauver la vie il la fit sortir par une porte de derrière, rue Coq-Héron, pour que le peuple ne la massacrât pas […]. » Il était porteur de plusieurs certificats, attestant qu’il avait distribué des balles aux combattants et signés de : Beaumasson, demeurant 9, rue des Orties-Saint-Honoré ; Chartraire, demeurant 16, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Masnique, L. demeurant 39, rue Saint-Sauveur ; Lefèvre, demeurant 35, rue Rambuteau ; Escot, demeurant 17, rue Traînée ; Genest, demeurant 3, rue des Poulies Sa demande fut rejetée par la Commission, Pest ne s’étant pas présenté aux convocations de la Commission. Il était marié et père de trois enfants en 1848 : une fille âgée de dix-huit ans, un garçon de onze ans et demi et un autre de dix ans en 1848. Il demeurait 40, Palais-Royal en 1831 ; 24, rue Montmartre en 1837-1838 ; 3, rue du Jour puis 8, rue Croix-des-Petits-Champs en 1848. Archives de la préfecture de police AA 394.