Jeuneux, Ambroise, Denis

Biographie


Né vers 1798 à Melun (Seine-et-Marne). Marchand de tableaux. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il sollicitait une place de commis dans une barrière d’octroi. Il expliquait qu’il avait combattu en juillet, qu’il était le soutien de sa mère, veuve, qu’il n’avait cessé de professer des opinions constitutionnelles depuis quinze ans et que les bons et loyaux services rendus par son père pendant quinze ans, en qualité de receveur buraliste tant à Herny qu’à Melun, ajoutaient en sa faveur. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous certifions et attestons comme vérité, chacun en ce qui nous concerne, avoir parfaite connaissance des faits ci-après relatés concernant M. Ambroise Jeuneux, marchand de tableaux, demeurant à Paris, rue du Gindre n° 8, qui a bien mérité de la patrie par le courage, le patriotisme et le zèle qu’il a déployés dans la journée du mercredi 28 juillet 1830. Après avoir fait des cartouches pendant la nuit du mardi au mercredi avec de la poudre qui lui avait été délivrée sur un certificat de M. le maire de Vanves, le sieur Jeuneux se rendit avec une troupe de patriotes sur le quai de l’Archevêché et prit part au combat qui fut livré au pont d’Arcole. De là, se retirant sur Vanves, il désarma les gendarmes de la caserne de la barrière d’Enfer, commandés par le brigadier Duperray, se rendit maître de ce poste et accompagné de quelques carriers protégea la vie des gendarmes désarmés contre la fureur populaire. » Signé : Duperay, demeurant 3, clos Payen ; Gatbois, demeurant 3, voie des Bœufs à Vanves ; Fabre, garde municipal à cheval, qui attestait que Jeuneux ne l’avait pas quitté pendant la journée du 28 juillet et la nuit suivante ; Chassan, peintre, demeurant rue de l’Egout-Saint-Germain, qui attestait que Jeuneux avait été un des premiers à prendre le poste des gendarmes de la barrière d’Enfer. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions pour rendre hommage à la vérité que le jeudi 29 juillet 1830 à 6 heures du matin, M. Ambroise Jeuneux, marchand de tableaux, demeurant à Paris, rue du Gindre n° 8, était à la barrière d’Enfer, que c’est lui, accompagné des sieurs Galbois frères, qui arrêta le courrier porteur de la dépêche annonçant au ministre de l’Intérieur la marche et l’arrivée du régiment suisse, dirigé par son ordre d’Orléans sur Paris, qui fut chargé par M. le maire du (ancien) XIIe arrondissement de porter cette dépêche au commandant la force nationale rassemblée sur la place de l’Odéon, qui donna lecture de son contenu sur la même place ; qu’après avoir rempli cette mission, il marcha sur la caserne Babylone, que c’est à lui que l’on doit l’idée d’avoir enfumé les portes de la rue Rousselet pour éviter et soutenir le feu des soldats, maîtres de la caserne ; qu’il est un de ceux qui conduisit la charrette chargée de paille auprès de la porte de la même caserne et força les Suisses à déloger de la position qui les protégeait, en y mettant le feu ; que c’est à ses pieds que le major de cette troupe vint expirer ; qu’après la prise de cette caserne il se porta sur l’Ecole militaire, qu’à 8 heures du soir, il fut du nombre de ceux qui faisaient battre en retraite les troupes royales et qu’enfin il partit pour Rambouillet accompagnant une pièce de canon. » Signé : Gatbois, P., demeurant 3, rue des Bœufs à Vanves ; Gatbois, J., jardinier, demeurant 3, rue des Bœufs à Vanves ; Chassan, maître chaudronnier, demeurant 10, rue Saint-Benoît ; Lebrun, marchand de vins et traiteur, demeurant 4, chaussée du Maine ; Cabrin illisible, sergent, demeurant 28, rue Mazarine ; illisible, demeurant 2, rue Mazarine ; Ribet, demeurant 68, quai de la Messagerie ; Gillet, demeurant 355, rue Saint-Denis ; Cochard, marchand de vin, demeurant 17, rue Plumet ; Chinardet (voir Chinardet, Charles, Antoine), demeurant 28, rue de Sèvres ; Chénon, marchand de vin, demeurant 33, barrière Montparnasse ; Lefort, peintre, demeurant 28, rue Saint-André-des-Arts ; Hermant, L., illisible ; George, demeurant 15, rue du Cherche-Midi ; Audoyer, J., bijoutier, demeurant 2, rue Clément. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous certifions pour rendre hommage à la vérité, que M. Ambroise Jeuneux, marchand de tableaux, demeurant à Paris, rue du Gindre n° 8, s’est trouvé le 27 juillet 1830 rue Saint-Honoré près de la rue du Coq, qu’il a participé à la première résistance qui a été opposée aux gendarmes, tant sur les coups de fusil qu’il a tirés que par les exhortations qu’il ne cessait de donner aux patriotes qui l’entouraient et que dans cette occasion il a montré un courage et un patriotisme dignes d’éloges. » Signé : Gatbois, P., sculpteur, demeurant 3, rue des Bœufs à Vanves ; Chassan, maître chaudronnier, demeurant 10, rue Saint-Benoît ; Fabre, garde municipal à la 3e compagnie à cheval, qui ajoutait que Jeuneux ne l’avait pas quitté « pendant la journée du 28 juillet et la nuit du 28 au 29, tant dans la Cité que sur la place de Grève » ; Minié illisible, demeurant, 2, rue Mazarine ; Cabrain ou Caldrin illisible, sergent, demeurant 28, rue Mazarine. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il demeurait 8, rue du Gindre en juillet 1830 ; 9, rue Saint-Placide en 1831. Archives de la préfecture de police AA 394.

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