Jolly, Joseph
Biographie
Né en 1807 à Bienville (Haute-Marne). Chef d’atelier de la fonderie en fer. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. On trouve cette note le concernant dans les délibérations du comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas : « Tous les renseignements sont favorables et sans que les voisins fussent assurés qu’il s’est battu, ils l’ont vu sortir le 28 au matin et rentrer à la fin des deux jours dans un état qui ne permet pas d’en douter. » Dans sa séance du 9 décembre 1830, le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, le déclara à la majorité de trois contre deux comme ne méritant pas la croix puis à l’unanimité comme méritant la médaille. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. C’est sans doute lui, Jolly, ouvrier en fer, à qui on fait écrire la lettre suivante, le 1er juillet 1831 et parue dans Procès des quinze, publié par la Société des Amis du peuple : « Messieurs, si je ne sais pas écrire, je sais du moins sentir. Je sens ce que vaut le nom français, je sens ce que vaut une humiliation. Le nom de français est synonyme de liberté, fierté. Détruisez en lui ces deux ressorts, il sera tout ce que vous voudrez. C’était là le but de la Restauration. Liberté, où es-tu ? je te cherche. Pourtant tu n’es point ingrate, donc ce n’est pas toi qui m’a fait poursuivre la baïonnette dans les reins, d’après les ordres de ceux que je poursuivais de la même manière en juillet. Tu n’es point absurde; donc ce n’est pas pour toi, quoiqu’on l’ait fait en ton nom, que j’ai été pendant six semaines derrière des barreaux destinés à servir de barrière au crime. Tu n’es point décevante ; donc ce n’est pas toi qui fais mine d’être présente aux élections, tandis qu’on t’en chasse à coups de circulaires. Tu n’es point tyrannique ; donc ce n’est point toi qui as fait dire qu’un citoyen, parce qu’il a changé d’habit, ne doit pas avoir d’opinion, qu’un conseil nommé par le peuple ne doit pas délibérer, qu’un soldat ne doit pas souscrire pour le salut de sa patrie, qu’il doit également rester étranger à toute société. Grands dieux ! dans quel chaos sommes-nous tombés ? Quoi, après chaque homme, un rocher ; après chaque classe d’hommes, une pyramide ! O liberté ! ce n’est point ainsi que tu m’as parlé, quand j’ai reçu pour toi cette blessure qui m’a valu cette médaille au ruban tricolore, que je porte néanmoins avec le ruban bleu liseré de rouge. Si je te perds, ô liberté ! fierté, tu me resteras. Je ne recevrai pas l’aumône que m’offrent ceux dont la baïonnette a failli m’atteindre quelques jours auparavant. » La publication de la Société des Amis du peuple continuait dans ces termes : « Aux yeux de ceux qui savent écrire, cette lettre ne sera sans doute qu’une naïveté ; mais la naïveté est aussi sœur de la vérité. » Il demeurait 348, rue Saint-Jacques en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la deuxième sous le numéro 270) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 29 ; Archives de Paris VK3 33 jury du (ancien) XIIe arrondissement pour la décoration spéciale, séance du 9 décembre 1830, M. Maës président ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Procès des quinze, publié par la Société des Amis du peuple, Paris, Auguste Mie, 1832, Procès des quinze, publié par la Société des Amis du peuple, Paris, Auguste Mie, 1832, p. 48-49. Il y a in Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Souillot, Charles, Nicolas, un Jolly, décoré de Juillet, demeurant 67, rue de Lourcine, qui signa, le 5 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Souillot, Charles, Nicolas, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous certifions avoir vu le sieur Souillot, Charles, Nicolas combattre dans le peloton dont nous faisions partie le 29 juillet 1830 à la prise de la caserne Babylone. » Il ajoutait : « J’atteste les faits ci-dessus, comme ne s’étant pas quitté dans les trois journées ». C’est lui ou l’autre aussi du (ancien) XIIe arrondissement ? La signature est très soignée... alors qu’il ne sait pas écrire…