Jonasse
Biographie
Garde national en 1789, militaire, de nouveau garde national en 1814, maître sellier, tenant une boutique attenante au poste de la place Saint-Michel, il sollicita, en juillet 1831, la Croix de Juillet rappelant ainsi sa participation aux trois journées de juillet : « Au moment que ce poste fut attaqué, il n’a pas quitté son domicile, qu’il a été obligé, à l’aide de ses voisins, de déménager tout son mobilier pour sauver ledit poste ; que, tout armé et équipé, il s’est mis le premier en faction et, par ce moyen, il a préservé ce poste d’être brûlé ; qu’ensuite il a cédé sa boutique pour en faire un magasin à poudre dont il a été le magasinier pendant huit jours consécutifs ; qu’il a fait faire à ses propres frais des cartouches, qu’il a lui-même distribuées aux chefs de poste qui lui étaient connus et aux zélés défenseurs de la liberté en péril ainsi qu’aux détachements des banlieues conduits par leurs chefs, telles que Sceaux, Bourg-la-Reine, Arcueil et autres ; qu’après cela, il a remis le reste de barriques de poudre, plomb et paquets de cartouches à la mairie du XIe arrondissement, qui est celle de son domicile, et dont il a un reçu de M. d’Herbelot alors chef provisoire dudit arrondissement et son capitaine. » Sa demande était appuyée de plusieurs apostilles. La première apostille, signée de D’Herbelot (voir D’Herbelot, Antoine, Léon) : « Je certifie qu’il est à ma connaissance que le sieur Jonas (sic), ancien grenadier de ma compagnie, est un des citoyens zélés qui dans les journées de Juillet ont pris du service dans la garde nationale et qu’il a toujours montré beaucoup de dévouement. » La deuxième apostille signée de Courcier (voir Courcier, Amédée, Toussaint) capitaine adjudant-major du 3e bataillon de la XIe légion de la garde nationale, et ainsi rédigée : « Nommé par l’autorité municipale adjudant-major de la XIe légion, le 30 juillet 1830, je certifie véritable les faits énoncés ci-contre. » La troisième apostille, signée de Boulay de la Meurthe (voir Boulay de la Meurthe, George, Henri), lieutenant-colonel de la XIe légion, le recommandait. La quatrième apostille, signée de Pecoux illisible, capitaine en premier de la compagnie de grenadiers, et ainsi rédigée : « Je, soussigné, certifie que M. Jonasse, grenadier de la compagnie que j’ai l’honneur de commander s’est toujours comporté et conduit comme un bon citoyen. Je désire ardemment qu’il obtienne ce qu’il sollicite. » La cinquième apostille, une signature de illisible colonel de la XIe légion. La sixième apostille, une signature de Lefranc, distillateur, demeurant 45, rue du Four-Saint-Germain ; La sixième apostille, signé de Doublet (voir Doublet, Alexandre ?), et ainsi rédigée : « Je certifie qu’étant chef de poste à la mairie du (ancien) XIe arrondissement après les trois immortelles journées de Juillet, M. Jonas, grenadier, m’a apporté pour être consignées le reste des cartouches, balles et poudre renfermées dans deux barils qu’il avait réservés, d’où je les ai consignés au magasin près le corps de garde. » La septième apostille, signé de Peyre (voir Peyre, Antoine, Marie), ancien colonel et aide de camp du général Lafayette et ainsi rédigée : « Certifie les faits ci-dessus, qui ont été tous à ma connaissance comme colonel provisoire de la XIe légion depuis le 29 juillet 1830 jusqu’à la fin d’août. » La huitième apostille, signé de Vevesque... illisible, J., A., jeune, avocat, secrétaire au conseil de discipline 2e bataillon de la XIe légion, et ainsi rédigée : « Je certifie les faits ci-dessus, qui se sont passés en ma présence. » La neuvième apostille, signée de Pontois illisible, et ainsi rédigée : « Je, soussigné, sergent-major des grenadiers du 3e bataillon de la XIe légion, certifie que le sieur Jonasse, ancien grenadier de ladite compagnie, a toujours fait avec le plus grand zèle et la plus grande exactitude tous les services qui lui ont été commandés ; que constamment il s’est trouvé un des premiers lors des services, de jour et de nuit. » La dixième apostille, signée de Lemaire (voir Lemaire, Louis, François, Auguste), sous-lieutenant à la 4e compagnie du 2e bataillon de la XIe légion de la garde nationale, et ainsi rédigée : « Je, soussigné, moi chef du poste de la place Saint-Michel pendant les trois glorieuses journées de juillet 1830, certifie que les faits énoncés au présent placet sont exacts et vrais. Je l’affirme avec connaissance de cause, vu que c’est moi qui ai formé le poste le 27 à 4 heures après-midi venant de la place de Grève et y ai resté jusqu’au 1er août à midi, époque à laquelle nous avons été relevés. » Il demeurait place saint-Michel en 1831. Archives nationales F/1dIII/59.