Jorry, Sébastien, Louis, Gabriel

Biographie


Né le 24 mars 1777 à Paris. Ancien membre du club des Jacobins, sous-lieutenant au 11e régiment en 1793, impliqué dans la conjuration de Babeuf. Adjudant général. Dans le récit que fit Godron, Auguste de sa propre participation aux combats de Juillet, il laissait les indications suivantes sur l’activité de Jorry : « […] Le 28 à 7 heures du matin, je fus à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, qui est le mien. J’y trouvai le général Jorry, à qui j’offris de me réunir à la garde nationale de cette arrondissement. Sur la réponse de ce brave qu’il ne demandait pas mieux que de marcher à la tête de ses concitoyens mais qu’il ne voyait pas de moyen de les réunir, je fus chez le docteur Simon, qui avait eu la bonté de me présenter au général Lafayette. Il me proposa, ne voyant pas les choses prendre une tournure bien franche (car jusqu’alors le peuple avait été abandonné à lui-même et personne ne s’était encore mis à la tête de ses mouvements), il me proposa, dis-je, d’aller chez le général Lafayette, dont il avait appris le retour récent […] Le 29, je me rendis à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, où je trouvai quatre ou cinq cents individus qui demandaient des armes. Je leur dis que je savais un endroit où nous trouverions au moins trois ou quatre cents fusils mais que nous ne les aurions qu’en les demandant avec opiniâtreté. Je les conduisis donc au Val-de-Grâce, expédition qui ne fut pas périlleuse il est vrai mais qui n’en eut pas moins un résultat très avantageux car on nous livra les vieux fusils du magasin, les carabines neuves des infirmiers, leurs sabres et leurs gibernes. Je revins à la mairie, où je trouvai le général Jorry, qui me fit délivrer de la poudre, ainsi qu’à plusieurs autres qui, comme moi, venaient de s’armer au Val-de-Grâce. » Dans le récit que fit Tardieu, Pierre, Antoine de sa propre participation aux combats, on trouve les indications suivantes concernant Jorry : « […] Etant sorti le matin du mercredi 28 juillet, j’engageai à prendre les armes toutes les personnes que je vis réunies en groupes. Comme je rentrai chez moi, vers les 10 heures, M. Thorin, ancien capitaine de la garde nationale, me pria de venir avec lui à la mairie pour tâcher de la réorganiser. Nous nous trouvâmes réunies environ une vingtaine de personnes et priâmes M. Cochin, maire, de donner des ordres pour que la garde nationale prît les armes pour la protection des personnes et des propriétés. Il nous répondit que le préfet n’était plus à l’Hôtel de ville, que, voulant y aller chercher des ordres, la fusillade l’avait forcé de rebrousser chemin, qu’il était sans direction et ne pouvait autoriser les citoyens à s’armer. On lui fit différentes objections et la conférence s’étant prolongée environ une demi-heure, sans résultat, impatient, je me levai et posant ma main sur la table : “Messieurs, m’écriai-je, je vous attends ici dans une heure, en uniforme et en armes, amenez tous ceux qui voudront vous accompagner.” Je sortis sur-le-champ, l’assemblée se leva et me suivit. Là, étaient présents M. Cochin et ses deux adjoints, M. Louis, Jean et Eugène Falleron ou Salleron, Thorin, Sterlingue, Passy, Gérardin, Jorry, Noël Girard, Maës (voir Maës, Nicolas, Joseph) et je crois MM. Houette, Chuquet, Branville, Panis et plusieurs autres électeurs […]. » Jorry signa ces deux certificats en faveur de Godron : « Je, soussigné, certifie que le mercredi matin, 28, M. le docteur Godron est venu à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement avec plusieurs de ses camarades offrir leurs services. » « Je, soussigné, certifie que M. Le docteur Godron me fit part de ce projet [d’attaquer le Val-de-Grâce] et que peu de temps après il vint me trouver à la mairie avec les armes dont il est question ; je puis en outre attester qu’il en fit un tel bon usage qu’il contribua beaucoup par son courage et son dévouement au succès de notre révolution. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 2 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 26, au Régénérateur. Le 27, dit au commandant d’un bataillon du 5e de ne pas faire feu sur le peuple, donna le même conseil à divers postes ; fut à la rue des Bons-Enfants à la résistance contre les gendarmes. Le soir, il réunit plusieurs de ses amis ; il envoya Heurlieu chez le général Lafayette, Laffitte, etc. Il organisa la défense en établissant des communications avec ses amis de l’autre côté de la Seine. Le 28, vint à la mairie du (ancien) XIIe, fut membre de la Commission municipale ; il proposa de faire demeurer M. Cochin et ses adjoints membres. Il ordonna, en présence de M. Cochin, de battre la générale. Est arrivé à l’Hôtel de ville, aussitôt le général Dubourg. Fut chargé par le général Lafayette d’organiser conjointement avec le colonel Zimmer la préparation de départ pour Rambouillet. Le 28 matin, revêtit l’uniforme de garde national. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça à huit voix pour la croix, une voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Jorry fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Dans un certificat que délivra le colonel Zimmer à Baudry, Auguste, Pierre, pour tenter de faire valoir ses droits à une récompense honorifique alors qu’il avait été oublié par la Commission des récompenses nationales, on trouve les informations suivantes sur Jorry : « […] [ Baudry inspecta] les trois cents hommes de renfort, demandés par M. le colonel Jorry à la barrière d’Enfer, à l’annonce de l’arrivé du 2e régiment suisse, venant d’Orléans […]. » Jorry avait d’ailleurs délivré, le 13 août 1830, le certificat suivant à Baudry : « Je certifie qu’ayant coopéré et dirigé, dès le 28 juillet, le mouvement et la conservation de l’ordre du (ancien) XIIe arrondissement de Paris, le premier citoyen armé que j’ai rencontré à l’Hôtel de ville, le 29 au matin, c’est le capitaine Baudry, que je l’ai vu et reconnu plein d’activité, de dévouement et d’une intelligence nécessaire à l’ensemble de ce grand et mémorable mouvement dans tout Paris. C’est avec expérience et conviction que je rends à la vérité ce témoignage. » Le 10 mai 1831, il faisait parvenir la lettre suivante à Lavocat, Gaspard (voir ce nom), membre de la Commission des récompenses nationales, pour faire valoir les droits de son fils (voir Jorry, Alcibiade) : « Mon cher concitoyen et camarade. Mille remerciements pour tous les soins d’amitié que vous m’avez donnés ! Sachant que mon jeune fils, Alcibiade, était porté par votre jury pour la récompense nationale, appelé hier à la Commission, pour donner mes nom, prénoms, j’ai offert ceux de mon fils. MM. de Saint-Firmin, votre excellent et estimable ami, et M. Grau de Saint-Vincent m’ont représenté que mon fils était omis sur la liste et m’ont dit que je devais m’adresser à vous pour le redressement de cette erreur et son rétablissement sur votre liste. Je vous prie très instamment d’avoir la bonté de faire cet acte de justice pour mon fils et de recevoir l’expression de toute ma gratitude et de ma parfaite estime. P.S. Sur l’avis de M. de Saint-Firmin, j’ai été vous chercher hier soir au café Lamblin, où j’ai eu le plaisir de voir monsieur votre père. MM. Gamelin, Chanonat (voir Chanonat, Pierre, Adolphe), Paris (voir sans doute Paris, Théodore, Marie, Augustin), Prevost (voir sans doute Prévost, Henry, François), Henry (à retrouver), Valentin (voir Valentin, Louis, Ernest) et tout notre quartier ont attesté et vous certifieront les droits de mon fils à votre équitable intérêt. » En 1831, il était sous-chef d’état-major à la 1re division militaire. En 1835, il était indiqué dans l’Almanach des 25000 adresses comme décoré de la Croix de Juillet, chevalier du mérite militaire, officier général, membre de plusieurs sociétés savantes et philanthropiques. Il demeurait 11, rue de l’Est-d’Enfer en 1831 (mais 1, rue de lEst-dEnfer in Archives de Paris VD3 1-2, dans une lettre quil signe et aussi in Archives nationales F/1dIII/33 ; 1, rue de lEst in Archives de Paris VK3 17) ; 66, rue d’Enfer-Saint-Michel en 1835. Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VK3 17, deux feuillets séparés de décorés de la Croix de Juillet auprès du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 33, états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 29 mars 1831, la mention de Hamelin, Pierre, Louis, Joseph, Michel, Ange (qui fait état du fait que Jorry donnait le mot d’ordre dans les postes de garde dépendant de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement), idem en date du 2 avril 1831, idem en date du 6 avril 1831 la mention de Moitié, François, Louis ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Godron, Auguste ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Baudry, Auguste, Pierre ; Etat militaire de France pour lannée 1793, Hennet, Société de l’histoire de la Révolution française, Paris, 1903, p. 275 ; Vie politique de Charles, Maurice prince de Talleyrand, Sallé, Paris, Hivert, 1834, pp. 144, 150, 152, 165-166 ; Almanach des 25000 adresses des principaux habitants de Paris pour lannée 1835, contenant les noms et demeures de tout ce que Paris renferme de personnes distinguées par leur rang ou par leurs fonctions… 21e édition, Dulac, Paris, chez Panckoucke éditeurs.

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