Joseph, Henry
Biographie
Né vers 1806 en Belgique, de parents français. Cordonnier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il expliquait en effet qu’il était combattant de juillet 1830 puis de février 1848, et que son frère avait été blessé dans les combats de Février et enregistré comme tel à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il sollicitait d’être place dans les ateliers, dans sa profession où il était bon ouvrier, ou à défaut dans une place quelconque ; il précisait qu’il savait lire et écrire. Il joignait à sa demande plusieurs certificats qui attestaient sa participation aux combats de Février. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Joseph Henry […] s’est montré bon citoyen dans les journées des 23 et 24 février dernier et qu’il a pris les armes et combattu pour la défense de la patrie et de la liberté. » Signé : Davaux, demeurant dans le quartier du marché Saint-Jean. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Joseph Henry […] ne m’a pas quitté pendant les journées des 23 et 24 février dernier et qu’il a parcouru les barricades, en invitant les citoyens à conserver leurs armes et ne pas abandonner leurs postes ; qu’il s’est transporté, le 24 février dernier, au poste du marché Saint-Jean et qu’il a coopéré avec les citoyens à faire prendre le poste et rendre les armes après plusieurs coups de feu ; de là, il s’est transporté à la caserne de l’Ave-Maria, pour voir si elle était prise par les citoyens ; ne l’étant pas, il est allé en prévenir la garde nationale, ainsi que leurs officiers qui se trouvaient à la mairie du (ancien) IXe arrondissement et plusieurs élèves de l’Ecole polytechnique, qui se trouvaient également devant la mairie ; il les engagea, ainsi que les citoyens qui descendaient du faubourg Saint-Antoine en grand nombre à venir avec lui prendre la caserne de l’Ave-Maria ; les élèves se mirent à leur tête et ils se dirigèrent tous ensemble pour prendre la caserne. Après plusieurs sommations faites, la caserne fut rendue aux citoyens, qui s’emparèrent des armes. De là, il se dirigea à l’état-major des Tuileries, où il monta par les fenêtres en brisant les vitrages et fit une distribution d’armes aux citoyens qui en manquaient. Après il continua à parcourir les différents points de la capitale jusqu’à ce que tout fût rentré dans l’ordre. » Signé : Triboulet ; femme Georges. Sa demande fut rejetée par la Commission. Il était célibataire en 1848. Il demeurait 6, passage Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, avec son frère, en 1848. Archives de la préfecture de police AA 394.