Josse, Jean-Louis, Charles
Biographie
Né le 3 octobre 1807 à Villejuif (Seine), fils de Josse, Jean-Pierre, cultivateur journalier, et de Laubier, Louise, Geneviève, son épouse. Compagnon maçon. Il travaillait chez son oncle, Bancelin, maître maçon, 5, rue Montdétour, et « aussitôt qu’il entendit les coups de fusil que l’on tirait sur le peuple il partit avec six de ses camarades pour construire des barricades et combattre ». Il fut tué d’un coup de feu reçu dans la tête dans les combats du pont d’Arcole le 28 juillet. Son corps fut reconnu parmi ceux placés sous le pont de la Grève. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Deux certificats relataient les conditions de sa participation aux combats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie et atteste que, le 28 juillet dernier, le sieur Charles Josse, mon neveu, demeurant chez son père à Montrouge, travaillait chez moi et qu’aussitôt qu’il entendit les coups de fusil que l’on tirait sur le peuple il partit avec de ses camarades pour construire des barricades et combattre et que depuis ce temps, n’ayant pas reparu, tout me fait croire qu’il est mort victime de son dévouement patriotique. » Signé, le 29 octobre 1830 : Bancelin, maître maçon, demeurant 5, rue Montdétour. Le second certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés certifient et attestent voir vu que M. Charles Josse travaillait depuis longtemps chez son oncle, le sieur Bancelin, maître maçon, rue Montdétour n° 5 et que le 28 juillet dernier ils ont vu ce jeune homme partir avec ses camarades pour aller combattre pour la défense de la patrie et que tout fait croire qu’il est mort victime de son dévouement patriotique. » Signé, le 29 octobre 1830 : D’Hierre aîné, propriétaire, sous-lieutenant à la IVe légion de la garde nationale, demeurant 19, rue des Prêcheurs ; Doussot, demeurant 4, rue Montdétour ; Rivière, serrurier, demeurant 3, rue Montdétour ; Fouinat, marchand de vin, demeurant 27, rue de la Chanvrerie ; Mandelert, marchand de fromage, demeurant 8, rue des Prêcheurs ; Caron, principal locataire ; Etevé, marchand de vin, demeurant sans doute rue des Pilliers-d’Etain. Le 17 mars 1831, devant le juge de paix du canton de Sceaux, comparurent : Cousin, Jean, Antoine, né vers 1756, militaire retraité, demeurant 16 bis, chaussée du Maine à Montrouge ; Beguinet, Etienne, né vers 1782, nourrisseur de bestiaux, demeurant 19, chaussée du Maine à Montrouge ; Gabereau, Edme, Philibert, né vers 1786, propriétaire, demeurant 63, chaussée du Maine à Montrouge ; Presle, Etienne, né vers 1799, nourrisseur de bestiaux, demeurant chaussée du Maine, une maison non encore numérotée à Montrouge. Ils attestèrent « que dans la soirée du mardi 27 juillet dernier, surlendemain des fatales ordonnances du 25, le sieur Jean-Louis, Charles Josse […] instruit des ordonnances et causant avec eux sur ce sujet, a manifesté d’une manière non équivoque l’indignation partagée par tous les bons Français que lui faisait éprouver comme à tous les assistants l’apparition de ce coup d’Etat ; qu’ils savent parfaitement aussi que le lendemain mercredi ledit Josse s’est rendu à Paris et que de suite ils ont pensé qu’il allait joindre ses efforts à ceux des autres braves qui cherchaient à reconquérir la liberté ; que l’un d’eux, Presle, ayant été le jeudi à Paris, a reconnu parmi les victimes et sous l’arche du pont d’Arcole le cadavre dudit Josse ; qu’il a même remarqué qu’il avait été atteint à la tête d’une balle qui sans doute lui avait donné la mort ; que les trois autres comparants, partageant la conviction que leur a transmise le sieur Presle, ne doutent pas plus que lui que ledit Josse n’ait réellement succombé en défendant sa patrie ledit jour mercredi 28 juillet, ajoutant que depuis ce jour, ledit Josse, qui était d’une conduite régulière et qui ne s’était jamais absenté de chez son père, n’avait pas reparu dans la commune de Montrouge ». Son décès fut déclaré par un jugement en date du 21 juin 1831. Son père, Josse, Jean-Pierre, né le 24 juin 1786 à Chevilly (Seine) (lui-même fils de Josse, Gabriel, Eléonore, charretier, et de Cuvillier, Marie), veuf depuis 1819, nourrisseur de bestiaux, père de sept enfants dont l’aînée avait seize ans, présenta un certificat signé du maire de Montrouge, Leullier (voir Leullier, Armand), qui attestait qu’il était « dans un état nécessiteux, que son fils qui avait été tué était « seul en état de travailler et d’aider son père ; il était très utile à sa famille et la position de Jean-Pierre Josse s’est beaucoup aggravée par la perte de son fils ». Josse, Jean-Pierre présenta aussi un certificat médical qui attestait qu’il souffrait de deux hernies inguinales qui réclamaient impérativement l’application d’un bandage à double pelote. Il fut pensionné de deux cents francs. Laubier, Louise, Geneviève était décédée le 8 juin 1819 à Ivry-sur-Seine ; sur l’acte de décès, Laubier, Louise, Geneviève est indiquée comme la fille de Laubier, Jean-Baptiste, Henry et de Durand, Marie-Claude ; Josse, Jean-Pierre est indiqué comme étant fermier et comme demeurant rue du Colombier à Ivry Jean-Louis, Charles demeurait chez son père, chaussée du Maine à Montrouge ; son père, toujours à Montrouge en 1831. Le nom de Josse (J.-L.-C. Josse) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 77 ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, état nominatif des personnes dont la mort n’a pu être constatée et pour lesquelles la Commission demande qu’il soit fait une enquête (sous le nom de Josse, Jean-Pierre), et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien XIVe arrondissement, arrondissement de Sceaux) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (35 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/53 in dossier Desportes, Léon, Sever ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.