Jouault, Anne, Jeanne, Marguerite

Biographie


Née vers 1790, fille de Jouault, Claude, compagnon carrier, et de Chalmin, Anne, Claude, son épouse. Chanteuse. Elle revenait, le 28 juillet vers 9 ou 10 heures du matin, d’acheter son pain chez Marteaux boulanger rue de la Lanterne, quand, sur le quai aux Fleurs, où, selon les très peu fiables et très partisans renseignements de police, « la curiosité l’avait poussée », elle fut tuée d’une décharge de mousqueterie. Elle s’écroula, lâchant sur le pavé le pain de quatre livres qu’elle portait avec elle. Elle fut la première femme « portée à la morgue. Le greffier et le concierge se rappellent que la balle qui l’avait frappée avait fait un trou dans le côté droit sous la première côte ». Son corps fut reconnu par la femme Capet « qui travaillait habituellement avec elle », par son concubin, avec lequel elle vivait depuis quinze ans, Petit, Jean-François, bonnetier, et par Duphau, Jean-Baptiste, bonnetier, demeurant 17, rue des Fossés-Saint-Victor. Trois jours plus tard, elle fut placée dans un bateau, avec un grand nombre d’autres personnes qui avaient été tuées comme elle, et inhumée au Champ-de-Mars. Les renseignements pris sur son compte indiquaient : « Cette femme, à l’époque de sa mort, ne possédait qu’un mauvais grabat et des haillons de nulle valeur. Elle devait trente francs à son propriétaire pour deux termes de loyer. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Petit, Jean-François, faiseur de bas, demeurant 7, enclos Saint-Jean-de-Latran ; Feron, Philippe, journalier, demeurant 19, rue Saint-Eloi ; Luhet, Victoire, épouse de Chenu, Pierre, demeurant 23, rue des Trois-Canettes. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Jouault, Anne, Jeanne, Marguerite « et savoir, le sieur Petit, qu’ayant appris qu’elle avait été tuée par une balle qui l’avait frappée au sein sur le pont Notre-Dame et qu’elle avait été transportée à la morgue, il y est allé pour la voir et la reconnaître mais qu’elle en avait été enlevée mais qu’il a reconnu ses vêtements et dont l’un d’eux portait l’empreinte de la balle dont elle avait été atteinte. Et par le sieur Feron que environ sur les 9 heures du matin, à la suite d’une décharge de mousqueterie qui venait d’avoir lieu sur le pont Notre-Dame, il a vu ladite Jouault couchée sur le pavé, où elle avait été renversée d’un coup de feu ; qu’elle était morte et avait auprès d’elle un pain de quatre livres qu’elle portait lorsqu’elle fut frappée et que trois jours après elle fut mis dans un bateau avec un grand nombre d’autres personnes qui avaient été tués comme elle ; qu’elle fut portée au Champ-de-Mars et qu’il a coopéré à son inhumation. Et par ladite dame Chenu a été attesté que la dame Jouault demeurait dans sa maison, qu’elle l’a vue sortir le 28 juillet sur les 9 heures du matin, qu’elle lui a parlé devant sa porte ; qu’ayant appris qu’elle avait été tuée et portée à la morgue, elle s’y est transportée, qu’elle a reconnu les vêtements de la dite dame Jouault ». Elle laissait une mère, Chalmin, Anne, Claude, veuve de Jouault, Claude (décédé le 17 octobre 1791 à Gentilly), née le 7 novembre 1751 à Charantenay (Haute-Saône), fille de Chalmin, Edme et de Charme, Marguerite, ancienne fileuse, indigente, placée à l’hospice de La Salpêtrière depuis le 17 mars 1821, et à qui, malgré son peu de ressources, sa fille donnait un secours de cinq ou six francs par mois ; elle fut pensionnée de trois cents francs. Jouault, Marie, Marguerite demeurait 3, rue des Canettes depuis deux ans ; son concubin 7, enclos Saint-Jean-de-Latran en 1831 ; sa mère, à la Salpêtrière en 1831. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 27 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, ascendants.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.