Joubert, Alphonse

Biographie


Né en 1800 à Paris. Employé au magasin général des hôpitaux militaires. On trouve, dans la chronique de l’époque, la relation suivante de sa participation aux journées de Juillet : « Le magasin général des hôpitaux de France a couru le risque d’être incendié dans la journée du 29. Le peuple s’étant porté en armes à cet établissement, fut arrêté par M. Alphonse Joubert, qui eut le bonheur de conserver un dépôt si précieux dans les circonstances actuelles. Le père de ce jeune homme sauva le Val-de-Grâce en 1815. Le dévouement est héréditaire dans la famille. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 26 mars 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Chargé du magasin des effets militaires, il a fait mettre bas les armes aux hommes du poste, au peuple qui était au nombre de trois cents hommes ; il est parvenu à persuader aux hommes qui portaient des torches de ne pas mettre le feu. Il délivra, de son propre mouvement et sans ordre, des effets et linges pour les blessés. Le 29, il a fait faire un drapeau tricolore et l’a arboré le 30. Dès le 29, il avait ôté le drapeau blanc. Seul, sans chef ni sous-chef, il a agi de son propre mouvement ; il a organisé un poste et sauvé la caisse. » Dans sa séance du 9 décembre 1830, le jury se prononça d’abord à l’unanimité pour la Croix de Juillet puis finalement, dans sa séance du 26 mars 1831, il se prononça à cinq voix pour la croix, six voix pour la médaille et trois voix pour une mention. Le 27 mars 1831, il adressait la lettre suivante au président de la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement : « Vous avez dû voir, hier au soir, que j’étais un très mauvais avocat pour défendre ma cause. J’aime mieux laisser au jury le soin d’apprécier d’après les certificats de ma conduite dans les journées et la semaine de Juillet et d’après les renseignements qu’on a dû prendre sur mon compte dans mon quartier si je suis digne de la croix spéciale pour laquelle la Commission avait bien voulu me faire concourir lors de mon premier interrogatoire. Je sais que c’est par mon administration que j’aurais dû recevoir une récompense mais comme probablement mes chefs auraient été compromis puisque c’est toujours moi seul qui ai agi sans aucun ordre supérieur, ils ont préféré me renvoyer devant la Commission des récompenses nationales. C’est à vous seul, monsieur, que j’ai recours pour me faire rendre service. Quel que soit mon sort, je vous prie, monsieur, de recevoir etc. P. S. : Quant au drapeau, c’est moi seul qui l’ai fait établir à mes propres frais et arboré sans aucun ordre supérieur, en présence de la garde nationale. Je voulais l’arborer, le jeudi matin, mais je n’ai pu l’avoir que le vendredi matin, où je l’ai arboré aussitôt et je puis dire que je suis le premier de toutes les administrations. » Le 8 avril 1831, sur papier à en-tête du Magasin général des hôpitaux militaires de la 1re division militaire, il adressait cette nouvelle lettre au même président : « […] Ayant appris que la Commission avait décidé que la décoration spéciale pour laquelle j’avais eu l’honneur d’être admis lors de mon premier interrogatoire ne me serait point accordée et que l’on m’accorderait la médaille, je vous prie d’avoir la bonté, si toutefois je suis porté pour cette dernière récompense, de me faire rayer de la liste dite. Autant cette récompense m’aurait été agréable si je l’avais obtenue lors de mon premier interrogatoire autant elle me ferait de peine de l’obtenir ayant été rayé du tableau de la croix spéciale pour être admis sur celui des médailles. […] Lorsque je me suis présenté pour la première fois à la Commission des récompenses, comme j’ai eu l’honneur de l’observer à messieurs les membres, je ne me croyais pas digne de concourir pour la croix spéciale. Je m’était adressé au ministre de la Guerre pour obtenir une récompense du zèle infatigable dont j’ai fait preuve dans diverses circonstances pendant la grande semaine de Juillet. Le ministre ayant écrit à ce sujet à la Commission pour demander son avis sur ma demande. Si la Commission, d’après les enquêtes et mes certificats répondait au ministre que je m’en suis rendu digne et que c’est à lui à me récompenser, je serais certain de l’obtenir. Si toutefois cela peut se faire, je ne doute pas, Monsieur, connaissant votre obligeance, que vous aurez la bonté de me protéger dans cette circonstance, qui comblerait tous mes vœux. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1830-1831, il était employé au magasin général des hôpitaux militaires. Il demeurait 5, rue Saint-Jean-de-Beauvais en 1831. La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, deuxième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 132-133 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831) ; Archives de Paris VD6 92, (ancien) XIIe arrondissement, liste supplémentaire des médaillés ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la deuxième sous le numéro 719 et le seul nom de Joubert) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 33, états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 26 mars 1831, idem jury du (ancien) XIIe arrondissement pour la décoration spéciale, séance du 9 décembre 1830, M. Maës président, idem Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 26 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 46 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement.

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