Joubert, Antoine, Nicolas
Biographie
Né le 11 octobre 1781 (bien le 11 octobre 1781 dans son acte de baptême ; par erreur une fois sur deux le 12 octobre 1781 in Archives nationales F/1dIII/36 ; mais bien le 11 octobre 1781 in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives nationales F/1dIII/38 A ; le 12 octobre 1781 mais in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé, peu fiable) à Paris, paroisse Sainte-Marguerite, fils de Joubet, Nicolas et de Vignal, Marguerite, son épouse. Ancien militaire, devenu teinturier (par erreur ouvrier chapelier sur les listes du Constitutionnel). Il fut blessé d’un coup de feu à la partie postérieure et supérieure de l’épaule droite. On trouve, dans l’exposé que fit Ricateau, Alexandre de sa propre conduite dans les combats de Juillet, les renseignements suivants sur les circonstances dans lesquelles Joubert fut blessé : « [… le 29 juillet pendant l’attaque du Louvre] Je retournais de suite à mon poste, d’où je pus traverser la rue et me cacher derrière le mur qui est devant le Louvre. Là, un individu s’approcha de moi et me dit : “Je suis un ancien militaire et je n’ai qu’une seule cartouche, qui est dans mon fusil. Si je la perds, je n’en n’aurai plus d’autres.” Là-dessus, je lui fis voir autour de moi ma cravate remplie de cartouches, en lui offrant de lui en donner. Il me répondit alors : “Mon brave camarade, je ne vous quitterai pas…” En disant ce dernier mot, il fut atteint d’une balle qui lui fracassa l’épaule droite. Je le conduisis de suite dans un café sur le quai de l’Ecole, où il y avait deux médecins pour panser les blessés. Il était environ 9 heures. Cet homme s’appelle M. Joubert, teinturier en chapeaux, demeurant rue des Ecouffes, n° 25 […]. » Marié et père de famille, il reçut un secours de cent francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 26 mai 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à l’épaule du côté droit, de sa partie postérieure et supérieure vers l’angle supérieur et interne de l’omoplate, à travers les chairs seulement ; guérie mais avec quelques difficultés et quelques douleurs dans les mouvements. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (sur la comptabilité de la Commission du [ancien] VIIe arrondissement, il est indiqué comme ayant reçu trois cent quarante-cinq francs de la Commission de la mairie du [ancien] XIe arrondissement ; de la même manière, sur la comptabilité de la Commission du [ancien] XIe arrondissement, il est indiqué comme ayant reçu trois cents francs de la Commission de la mairie du [ancien] VIIe arrondissement). Il reçut (sous le nom de Joubert et le seul prénom d’Antoine), à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il sollicita un emploi se surveillant sur les ports. Le 26 mai 1834, souffrant encore de sa blessure, « se trouvant dans une position gênante » et n’ayant d’autres ressources que le produit de son travail, il sollicita des secours. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Célibataire. Il occupe en commun avec un de ses parents un logement du prix annuel de cent quarante francs. […] Ouvrier chapelier. Il souffre encore, assure-t-on, de la blessure qu’il a reçue à l’épaule dans les journées de Juillet. Sa conduite n’a donné jusqu’à ce jour lieu à aucun reproche. » Et le préfet de la Seine : « […] A reçu environ mille deux cents francs des services qu’il a rendus en juillet 1830. Il a été blessé à l’épaule, mais assez légèrement pour que cela ne l’empêche pas de se livrer à son travail d’ouvrier teinturier en chapeau. Le sieur Joubert, quoique marié, ne vit pas avec sa femme, dont il est séparé de fait. Il n’a pas d’enfant. » Il reçut un secours de cinquante francs. En 1835, ne pouvant se livrer au travail comme sa position l’exigerait, il se trouvait de nouveau dans le besoin et sollicitait un secours. La préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Ouvrier chapelier âgé de trente-cinq ans et célibataire. Bien qu’il n’ai point de charge de famille et qu’il vivre avec beaucoup d’ordre et d’économie, il se trouve dans une position peu aisée, attendu qu’il ne travaille que trois jours par semaine ; néanmoins il paie exactement son loyer, qui est de cent francs par an. On dit beaucoup de bien de cet homme, sous le rapport de la conduite et de la moralité. » Il reçut, cette année-là, un secours de trente-cinq francs. Il demeurait 25, rue des Ecouffes en 1830-1831 ; 31, rue des Deux-Ponts dans l’île Saint-Louis en 1834-1835. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 28 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 31 ; Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du VIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives p. 78, liste nominative des blessés de la IIe classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, p. 87, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VK3 19, (ancien) XIe arrondissement de Paris, quartier de la Sorbonne, Souscription nationale, séance du 20 octobre 1831 ; Archives de Paris VK3 51 in dossier Ricateau, Alexandre ; Archives nationales F/1dIII/33 état nominatif des emplois présentés par la Commission des récompenses nationales à M. le préfet de police ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Brun, D. H ; Archives nationales F/1dIII/54 in dossier Dubarry ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Gremel ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Grenet ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 14-15 état des blessés indemnitaires et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 2e classe 2e catégorie ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1155.