Joubert, Nicolas, Roch

Biographie


Né le 28 avril 1797 à Paris, fils de Joubert, Mathieu, curé puis évêque, et de Evrard, Marie, Geneviève. Son père, curé de Saint-Martin à Angoulême, fut élu député aux Etats-Généraux, pour représenter le clergé d’Angoulême. Nommé évêque constitutionnel le 8 mars 1791, il se sécularisera le 8 ventôse an I, et épousa Evrard, Marie, Geneviève en 1798, année où il fut aussi nommé directeur de l’octroi. Employé de l’octroi au début de la Restauration, libraire dans le passage Dauphine en 1830. Ancien carbonaro, ayant participé au complot de Belfort en 1821, au complot des Quatre Sergents de La Rochelle, il rejoignit, en 1823, les révoltés espagnols contre le régime de Ferdinand VII, et tenta de s’opposer à l’intervention de la France en Espagne pour rétablir le trône légitime (complot de la Bidassoa). Selon le témoignage de Morhéry, il transforma « en arsenal son magasin de librairie » du passage Dauphine et, dès le matin du 28 juillet, les ouvriers imprimeurs s’y réunissaient. La chronique de juillet 1830, le cite à maintes reprises : « L’attaque du Louvre, faite de front par la colonne sortie du faubourg Saint-Germain, a été vigoureusement appuyée par une autre division qui, depuis le pont des Arts jusqu’au pont Royal, a tiraillé avec les Suisses qui se retiraient sur le château des Tuileries. Arrivée au pont Royal, cette division a, pendant plus d’un quart d’heure, soutenu le feu du château et de l’hôtel des Gardes, et surmontant enfin tous les obstacles, elle a pénétré dans les Tuileries en continuant son feu sur les fuyards. On ne saurait trop admirer la conduite de M. Joubert qui portait le drapeau tricolore en avant de la colonne, et qui l’a planté en tête du pont sous le feu le plus vif. C’est ce même drapeau qui a été arboré sur le pavillon de l’Horloge par ses braves défenseurs, MM. Thomas, Guinard et Gauja. Chaque témoin de cette action faisait aussi l’éloge de MM. Picard, ancien militaire, Boinvilliers, Bastide, Levasseur, Cavaignac, Dupont, Droling et le capitaine Lavocat. » Alexandre Dumas, qui fut un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet, et qui en laissa un récit impartial et bien renseigné, rapportait sur Joubert au moment de la prise du Louvre : « Le drapeau tricolore avait remplacé le drapeau blanc sur le pavillon du milieu. C’était Joubert, le patriote du passage Dauphine, qui venait de le planter sur la plate-forme, et qui s’évanouissait en le plantant, soit de fatigue, soit de joie – des deux probablement. » Il fut blessé au Louvre, renversé et foulé aux pieds. Il fut transporté à l’ambulance Saint-Sulpice. Il conduisait « les braves du XIe », selon le récapitulatif que rédigea Barthe, Charles, Laurent, Emile (voir ce nom) sur sa propre conduite pendant les trois journées de Juillet, afin de faire valoir ses droits à une récompense honorifique. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il signa, le 29 août 1830, et comme chef de bataillon, aide de camp du général Lafayette, le certificat suivant en faveur de Renard, Joseph (voir ce nom : « Je soussigné certifie que pendant la soirée du 28 juillet M. Joseph Renard nous a amené au passage Dauphine plusieurs barils de poudre, dont il s’était emparé à la Salpêtrière et qu’il nous a rendu un grand service, en nous donnant ces munitions dont nous avions le plus grand besoin. » Il signa un certificat en faveur d’Aubert, Jean, pour attester que ce dernier étant entré un des premiers le 29 juillet dans les Tuileries et qu’il l’avait aidé à enfoncer la porte du pavillon de l’Horloge lorsqu’ils y montèrent pour arborer le drapeau tricolore. Il délivra, le 25 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Boudet, François : « Le colonel commandant l’artillerie de la garde nationale de Paris, aide-de-camp du général commandant en chef des gardes nationales de France, certifie que, dans le mouvement de la population parisienne sur Rambouillet, le détachement d’artillerie sous ses ordres a été rejoint à Versailles par le citoyen Boudet François, maréchal des logis au 4e régiment d’artillerie, détaché comme secrétaire au bureau de recrutement du département de Seine-et-Oise. Le dévouement civique du citoyen Boudet m’a été d’autant plus utile que son expérience et les insignes de son grade dont il était revêtu en se rangeant volontairement sous mes ordres étaient éminemment propres à inspirer aux canonniers volontaires une grande confiance dans la réussite de notre entreprise. Le citoyen Boudet s’est justement acquis l’estime de messieurs les élèves de l’Ecole polytechnique, qui lui avaient ouvert leurs rangs, et je me plais à lui donner ce témoignage de la mienne. » Il signa le certificat suivant en faveur de Pilliot, Jean, Alexandre : « Je, soussigné, certifie que le nommé Pillot (sic) m’a accompagné à Rambouillet et est resté à la garde des pièces de l’Hôtel de ville jusqu’au moment où elles ont été renvoyées à l’Ecole militaire. J’atteste également que pendant tout ce temps je n’ai eu qu’à me louer de sa conduite. » Il apostilla ainsi, le 16 août 1831, la lettre rédigée par Cartry, Jean-François, aîné, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants de la rue Bourg-Labbé : « Le directeur des droits d’octroi et d’entrée de Paris, soussigné, certifie que dans le rapport qui lui a été adressé par l’inspecteur de la division du Nord sur les événements survenus aux barrières de cette division pendant les journées des 28 et 29 juillet 1830, le sieur Cartry est désigné avec trois autres personnes comme s’étant opposé au pillage du bâtiment de la barrière Blanche et comme étant parvenu à l’empêcher du moins en grande partie. » Il signa, comme directeur de l’octroi de Paris, le certificat suivant en faveur de Prangé, Pierre, Pacifique et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, déclare avoir vu M. Prangé à l’attaque des Tuileries par le pont Royal, où il s’est conduit avec courage et patriotisme. » Il prêta son serment de décoré et reçut sa Croix de Juillet le 1er juillet et son brevet le 25 août 1831 la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut nommé directeur de l’octroi, en septembre 1830, en remplacement du comte Florimond d’Audiffrey, qui devint directeur de la dette inscrite, au lieu de M. Denis Benoist. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il épousa Drolling, Louise, Adéone (1797-1834), fille du peintre Drolling, Martin et sœur de Drolling (voir ce nom), qui participa aussi à l’attaque du Louvre, puis Cabanis, Annette, Paméla. Il était le beau-frère de Bazard, Saint-Amand. Il mourut en 1866. Joubert demeurait 2, rue Pinon en 1830-1831 mais rue Grange-Batelière en 1831 in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives de Paris VD6 277 in dossier Aubert, Jean dans le certificat quil signe ; 28, rue Culture-Sainte-Catherine vers 1834 au moment de la liquidation de la succession de son épouse, Drolling, Louise, Adéone. Le Courrier français, 27-28 et 29 juillet 1830 ; Le Constitutionnel, 1er août 1830 ; Le National, 2 août 1830 ; Histoire authentique des glorieuses journées des 28 et 29 juillet 1830, rédigée daprès le récit de plusieurs témoins oculaires, Paris, chez les marchands de nouveautés, 1830, p. 45 ; Révolution mémorable des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Cousin d’Avalon, Paris, Stahl, imprimeur-libraire, quai des Augustins, n° 9, p. 27-28, 62-63 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, Paris, imprimerie et fonderie de Fain, 1830, p. 115-116 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 108 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 273 ; Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 137-138 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, cinquième édition, Paris, Audot libraire, 1830, p. 149-150 ; La Révolution de 1830, ou Histoire des événements qui ont eu lieu dans Paris, les 27, 28, 29 et 30 juillet, par un témoin oculaire, Paris, Philippe, libraire, 1830, p. 29-30 ; Histoire populaire de la révolution de 1830, Jules Lefebvre et compagnie éditeurs, Paris, 1830, p. 90-91 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 124-125 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, sixième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1868, p. 154 ; Histoire de dix ans, 1830-1840, Louis Blanc, Paris, Pagnerre, 1841, tome I, p. 202 ; Archives de Paris VI1 1, dossier Renard, Joseph ; Archives de Paris VK3 42 in dossier Coyère, Alphonse, Guillaume ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Aubert, Jean ; Archives de Paris VK3 41 in dossier Barthe, Charles, Laurent, Emile ; Archives de Paris VK3 50 in dossier Pilliot, Jean, Alexandre ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Renard, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise, in dossier Boudet, François ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Cartry, Jean-François, aîné ; Archives de la préfecture de police AA 408 in dossier P Pigny, Jean-Baptiste (une lettre avec son adresse, rue Grange-Batelière) ; Archives de la préfecture de police AA 409 in dossier Prangé, Pierre, Pacifique ; LAmi de la religion et du roi, journal politique, ecclésiastique et littéraire, tome soixante-cinquième, 23 septembre 1830 n° 1688 p. 358 ; La République clandestine, 1818-1848, Gilmore, Jeanne, Aubier, Paris, 1997.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.