Jourdan, Edouard, Raymond
Biographie
Né le 28 mars 1806 à Perpignan (Pyrénées-Orientales), fils de Jourdan, Jean-Baptiste (voir ce nom), fermier aux Carrières, et de Fouga, Marguerite, son épouse. Peintre en décors. Il fut grièvement blessé au poignet droit, par un coup de sabre donné par un gendarme à cheval, qui courait au secours de ses collègues que Jourdan venait de désarmer, le 26 juillet à la rotonde de La Villette. il fut soigné à l’ambulance qu’avait ouverte les élèves en médecine Bachot, Jean, Antoine et Penasse, à la cité d’Orléans près du boulevard Saint-Denis. La mairie indiquait ainsi la nature de ses blessures : « Plaie oblique sur le bord externe du poignet droit, avec division du tendon du muscle grand abducteur du pouce ; il en résulte une telle difficulté dans les mouvements du pouce que le blessé ne pourra continuer l’exercice de sa profession de peintre en décors, qui exige une grande précision dans la main. » Il reçut un secours de soixante francs en août et de trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut un secours de trente francs, le 18 août 1830, un secours de dix francs, le 31 août, un secours de vingt francs, le 20 septembre, un secours de cinquante francs, le 20 octobre 1830, un secours de cinquante francs, le 22 novembre 1830, un secours de cinquante francs, le 13 décembre 1830, un secours de cinquante francs, le 10 janvier 1831, un secours de trente francs, le 25 avril 1831, un secours de vingt francs (Remis à son père, est-il annoté en face de son nom), le 25 mai 1831, un secours de vingt francs, le 20 juin 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 20 juillet 1831 (A son père, est-il annoté en face de son nom),, un secours de vingt-cinq francs, le 19 août 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le 5 avril 1831, le commissaire de police lui délivrait le certificat suivant : « Nous, Louis, Joseph Dyonnet, commissaire de police, quartier de la porte Saint-Denis, certifions sur l’attestation des sieur Anthonne, Amand, Louis, boucher, demeurant rue Saint-Denis n° 308, et Voise, pierre, Michel, Désiré, marchand épicier, même maison, que le sieur Jourdan, Edouard, Raimond, âgé de vingt-six ans, né à Perpignan (Pyrénées-Orientales), résidant à Paris, rue Saint-Denis n° 310, chez son père, exerce la profession de peintre en décors ; qu’il a été blessé dans les trois journées de Juillet ; qu’il est sans ouvrage depuis cette époque, qu’il est même hors d’état d’exercer sa profession et qu’il se trouve dans une indigence absolue et que même nous avons donné à son père des cartes de pain dans le mois dernier, se trouvant un des plus nécessiteux du quartier. » Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 11 janvier 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme blanche (coup de sabre) au côté radial du poignet droit, cicatrisée avec atteinte légère aux tendons des extenseurs et abducteurs du pouce. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (sous le nom de Jourdain, Edouard sur les listes du Moniteur universel). Le jury médical, chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint d’une blessure par arme blanche (coup de sabre) au côté radial du poignet droit. Cicatrisé avec atteinte légère aux tendons des extenseurs et adducteurs du pouce. En conséquence, nous estimons qu’il a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné qu’une incapacité temporaire (deux ans) et qu’il doit être rangé dans la deuxième classe des blessés. » Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de six cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. On trouve dans L’Ami de la religion et du roi, journal politique, ecclésiastique et littéraire, l’information suivante : « Deux ouvriers, prévenus d’avoir pris part à la dévastation de Saint-Germain-l’Auxerrois, ont comparu le 4 juin devant la cour d’assises ; ce sont les nommés Jourdan, peintre en bâtiments, âgé de 24 ans, et Protin, metteur en couleur, âgé de 40 ans. Ils furent arrêtés le 15 février au matin, comme ayant injurié la garde nationale, et excité le peuple à démolir l’église et à piller le presbytère. Dans leur interrogatoire, Jourdan a prétendu qu’il n’avait proféré ni injures ni cris, et Protin a répondu qu’il avait crié pour faire comme les autres ; il n’a pas nié avoir dit : Il nous faut la robe du curé... ça ira, les royalistes à la lanterne. Là-dessus, on l’arrêta comme un émissaire des Jésuites ; car il était très vraisemblable, en effet, qu’ils avaient excité tout ce mouvement. A l’audience, il s’est trouvé des témoins qui ont déposé de la probité des accusés ; et, malgré M. Delapalme, qui a soutenu l’accusation, les jurés, presque sans délibérer, ont déclaré les accusés non coupables. Ils sont d’avis, sans doute, que piller un presbytère et démolir une église sont des peccadilles dont il ne faut que rire. Que présage un tel système d’impunité, sinon des excès auxquels on essayera peut-être vainement, dans la suite, d’apporter du remède ? » Il reçut, en tant que décoré et blessé, un secours de cinquante francs et un habillement soit bourgeois soit de garde national (pour une valeur de soixante francs), sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Le 27 janvier 1831, alors qu’il travaillait de son état de peintre chez Viteau, propriétaire, demeurant 86, rue Saint-Maur, sa plaie se rouvrit et il ne put continuer à travailler, selon un certificat que délivra ce même Viteau. Il était le fils de Jourdan, Jean-Baptiste, autre combattant. Lui et son père reçurent deux cent quatre-vingts francs de secours entre juillet 1830 et mai 1831. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré, de cinq francs en 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il était célibataire en 1830. Il avait été réformé du service militaire, le 25 septembre 1827, pour hernie inguinale du côté gauche. Il demeurait chez son père, 310, rue Saint-Denis en 1830-1831 ; 86, rue Saint-Maur en 1831-1834. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 28 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 31 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 273 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du VIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 76 ; Archives de Paris VD6 91 couverture du dossier Turge, Juste, Nicolas ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier de son père ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836, Noms des décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, I correspondance du préfet, enquêtes, liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834, idem même référence II, Liste d’incapacité de travail, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (blessés indemnitaires deux ans), idem même référence VI Extrait du registre contenant les décisions du jury médical à la Commission des récompenses nationales, idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des indemnités définitives, idem Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs (sous le nom de Jourdan, Edouard) ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, couverture du dossier de Laumailler dit Normand, Etienne, Auguste ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Bachot, Jean, Antoine cité dans le Tableau général des blessés qui reçoivent les secours distribués à l’ambulance située cité d’Orléans et les soins de MM. Penasse et Bachot ; L’Ami de la religion et du roi, journal politique, ecclésiastique et littéraire, Paris, 7 juin 1831 tome 62, p. 247-248. Le père, Jourdan, Jean-Baptiste n’est né qu’en 1792… ?