Jourdan, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 24 avril 1792 à Séjan (Aude). Ancien officier de marine, retraité et rentier. Il combattit, comme son fils Jourdan, Edouard, Raymond. En octobre 1830, il adressait la lettre suivante au ministère de l’Intérieur : « J’ai appris par la voix des journaux que messieurs les députés de la France vous ont fait le renvoi de ma demande sur la part active que j’ai prise dans la mémorable semaine des 27, 28 et 29 juillet 1830, pour combattre les ennemis de nos libertés, avec mes deux fils. Qui sont ces deux fils ?
»En 1793, j’ai versé mon sang pour la même cause, où j’ai resté infirme pendant huit années de mon bras gauche. A la dernière révolution mon fils aîné a été blessé en désarmant trois factionnaires ennemis de nos libertés d’un coup de sabre au poignet de son bras droit, que les médecins craignent qu’il reste estropié et depuis il ne travaille pas de son état de peintre en décors ; il n’a reçu à titre de secours que la modique somme de cent quatre-vingt-dix francs, cela n’égale pas de moitié ce qu’il a perdu.
»Nous n’avons pour notre soutien que l’industrie du travail. Nous manquons de tout, notre loyer, arriéré, notre crédit, suspendu. Il n’y a que mon fils, le cadet, qui travaille pour soutenir la maison, étant de quatre personnes y compris un autre fils dans un bas âge. Ma position actuelle est dans un cruel état. Je ne doute pas que M. le ministre accueillera avec empressement ma position et me sortira du grand embarras pour le moment en attendant la décision de la Commission.
»Je suis honteux, je ne suis pas né pour aller mendier des secours. Le renvoi de ma pétition vous a été fait que le 23 du mois dernier et vous n’avez pas encore eu le temps d’y statuer. Je ne doute pas, monsieur le ministre, que vous y ferez droit par votre équité et justice.
»Mais ce qui me surprend le plus, c’est que je vois arriver de tous les départements de la France une grande quantité de demandeurs de places, qui la plupart auraient fait comme j’en connais à Paris, qui se sont cachés pendant les trois jours mémorables pour se mettre à l’abri de la mitraille et de la fusillade et qui ont beaucoup plus de front que ceux qui ont sacrifié leur vie, versé leur sang pour la liberté commune de notre belle patrie ; ce sont ceux-là qui se trouvent les premiers en place, en ayant trompé sans doute la bonne foi et la religion de nos ministres.
»Comme par exemple, je vous en cite un, le fils de M. Pagès, de Palau, riche propriétaire du département des Pyrénées-Orientales, qui a obtenu, il y a déjà un mois, la sous-préfecture de Prades. Et s’il fallait nommer tous les candidats, mon papier n’y suffirait pas. Je vous signale celui-là, qui était dans son pays du temps que, braves Parisiens nous nous battions et versions notre sang pour la patrie. Cependant nous sommes méritants.
»Monsieur le ministre, je ne dois pas vous laisser ignorer que je suis une victime de l’ancien gouvernement. J’avais fait une demande de ma retraite, et comme mes titres étaient du temps de la république, que les officiers généraux de ce temps-là attestaient que je m’étais conduit en homme d’honneur et en bon républicain, je fus traité par les bourbonistes comme un rebelle parce que nous avions porté les armes contre les Vendéens. Voilà quelle fut ma récompense nationale en 1817. Quand je voulus réclamer mes titres, il ne m’a jamais été possible de les obtenir, j’ignore ce qu’ils sont devenus.
»Mais dans un gouvernement patriotique, juste et équitable, j’espère avec toute confiance retrouver les droit d’un homme qui a su mériter de la patrie, en me conformant toujours aux lois, sans jamais les enfreindre. Je réclame justice et j’espère avec des magistrats intègres comme vous, monsieur le ministre, obtenir une simple récompense nationale, en me désignant une place dont il me jugera capable de la remplir et j’espère que je saurai mériter votre digne confiance. » Il sollicita, par la suite, une place de capitaine de port ; sa demande fut apostillée favorablement par la Commission des récompenses nationales mais cette proposition ne put, selon le ministère de l’Intérieur, avoir de suite. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il se plaignit dans ces termes de la Commission des récompenses nationales : « Cette commission des récompenses n’a été composée que de jeunes gens de la haute classe, les comités des jurés de même ; ils n’ont pensé que pour eux et tous leurs amis, ou pour les recommandés, et les braves héros, ceux qui se sont le plus exposés à verser leur sang ou perdre leur vie, on leur a accordé une médaille. » Il reçut, pour son fils Edouard, Raymond, un secours de vingt-cinq francs, le 19 août 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 17 septembre 1831 (sans qu’il soit précisé si c’était pour lui ou pour son fils), auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut, en tant que décoré et blessé, un habillement soit bourgeois soit de garde national (pour une valeur de soixante francs), sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il reçut, en tant que décoré non blessé et nécessiteux, un secours de vingt-cinq francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il demeurait 310, rue Saint-Denis puis 86, rue Saint-Maur en 1831. Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 273 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836 (sous le nom de Jourdan, Père) ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Etat des sommes payées par la Commission des récompenses nationales aux sous-lieutenants et aux décorés non blessés pour l’anniversaire de juillet 1830 du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, idem Souscription nationale, secours accordés à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet aux décorés de la croix ou de la médaille, non blessés et nécessiteux, lettre de M. le préfet du 25 juillet 1831 (sous le nom de Jourdan, Père), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs (sous le nom de Jourdan, Père) ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 28 septembre 1830 (sous le nom de Jourdan, Père), envoi du 6 novembre 1830 (avec la mention demande pour son fils, blessé et estropié inscrite en face de son nom), envoi du 29 octobre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/59. Père de Jourdan, Edouard, Raymond (né en 1806), Jourdan, Jean-Baptiste n’est né qu’en 1792… ? il aurait eu son fils à quatorze ans ?