Juhel, Thomas, Jean (ou parfois Juhenne, Thomas, Jean) (ou Jean, Thomas)
Biographie
Né le 19 nivôse an VIII (9 janvier 1800) à Paris. Cordonnier 1, rue du Marché-Saint-Hilaire en 1830. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à l’œil, qui atteignit les fosses nasales, la bouche et le canal digestif, au cours de l’attaque de la caserne de Babylone, le 29 juillet. Il reçut un secours de quarante-cinq francs en août et de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « A combattu avec courage au quai de la Cité le 28 jusqu’à la nuit. Le 29, à Babylone, fut l’un des trois qui s’avancèrent sous le feu meurtrier des Suisses pour enfoncer la porte avant que l’idée d’y mettre le feu ne fût exécutée. Là, il reçut une balle qui, pénétrant vers la partie supérieure du nez, longea les fosses nasales, franchit le détroit du gosier et parcourut tout le canal intestinal jusqu’à l’anus, par où elle sortit (diable !, N.D.A.). Et cependant, à cette époque, cet homme venait de perdre sa femme et restait avec trois enfants. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Sur les listes de la mairie, l’observation suivante était inscrite en face de son nom : Bonne conduite. Il reçut un secours de seize francs, le 2 février 1831, un secours de seize francs, le 9 février 1831, un secours de trente francs, le 16 février 1831, un secours de seize francs, le 25 février 1831, un secours de trente-six francs, le 2 mars 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 9 mars 1831, un secours de dix-sept francs, le 13 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 30 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 9 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Levieil, Louis, Etienne, Frédéric, né vers 1796, cordonnier, demeurant 52, rue Galande ; Levieil, Louis, Auguste, né vers 1803, cordonnier, demeurant 18, rue Galande ; Lebrun, Jacques, Joseph, né vers 1792, cordonnier, demeurant 6, rue du Pot-de-Fer ; Matifass, Charles, Germain, né vers 1791, relieur, demeurant 1, rue d’Ecosse. Ils attestèrent savoir que Juhel, Thomas, Jean avait « combattu le 29 juillet et qu’il a été blessé à l’œil par une balle reçue à l’attaque de la caserne Babylone, les sieurs Matifass et Lebrun, présent au moment de la blessure ». Le 12 avril 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Féré, Jean, Eléonore, Thomas, marchand de vin, demeurant 243, rue Saint-Jacques ; Perou, Jean-Baptiste, marchand épicier, demeurant 5, du Mont-Saint-Hilaire ; Lesmard, Jean-Baptiste, Joseph, demeurant 1, rue d’Ecosse. Ils attestèrent que Juhenne, Thomas, Jean (sic), avait « été atteint d’un coup de feu à l’œil droit, qui l’a privé de la vue de ce côté ; que cette blessure a été reçue le 29 juillet 1830 à la prise de la caserne de Babylone et lui a laissé dans les membres un tremblement qui l’empêche de se livrer à son travail habituel et le met hors d’état de subvenir à ses besoins et à ceux de sa malheureuse famille ». Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça à huit voix pour la croix, une voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut d’abord admis, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés, puis, en date du 8 mars 1831, dans la 3e classe des blessés et pensionné de quatre cents francs (sous le nom de Johel, Thomas, Jean sur les listes du Bulletin des lois), avec l’appréciation suivante du Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales : « A été atteint dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à ouverture unique, à l’angle externe de l’œil droit, à travers les fosses nasales, la bouche et le canal digestif, le blessé ayant avalé la balle ; blessure légère guérie avec faiblesse et gêne dans la vue de l’œil droit et avec fistule lacrymale du même côté. » Il était l’un des membres du jury nommés par les blessés du (ancien) XIIe arrondissement pour l’adoption ou le rejet des demandes relatives à l’habillement de garde national, le 6 janvier 1831. En 1831, il était veuf et père de trois enfants dont une fille, Hortense, Aimée, née le 11 avril 1830. Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). Il demeurait 1, rue du Mont-Saint-Hilaire en avril 1830 ; 1, rue d’Ecosse en 1830-1831 ; 25, rue Saint-Eloi vers 1838 ; hôtel des Invalides, 10e division en 1849. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 29 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 32 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 77 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la deuxième sous le numéro 178) ; Archives de Paris VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical, et dossier Décorations (sous le nom de Juhel, Thomas, Jean) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 12, idem un feuillet intitulé Noms des blessés présents à la ville ; Archives de Paris VK3 14, une pièce en date du 8 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 29 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques (sous le nom de Juhel, Thomas, Jean), idem Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831 (sous le nom de Juhel, Thomas, Jean), idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des blessés du (ancien) XIIe arrondissement qui se sont présentés devant le jury d’habillement, idem une liste de blessés ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (sous le nom de Juhel, Thomas, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à la pension (cahier de trente-deux blessés) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Jughel, Thomas) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Barono ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 3e classe (sous le nom de Juhel, Thomas, Jean) ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Inventaire des Archives de la Guerre, département de l’armée de terre, sous-série XY, Service historique de la Défense, p. 190, série 4XY, Archives des invalides pensionnés ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72.