Julian, Camille
Biographie
Né (sous le nom de Jullian, Armand, Camille dans son acte de naissance) le 21 fructidor an VI (bien le 21 fructidor an VI dans l’acte de naissance ; mais par erreur le 22 fructidor an VI in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension et in Tableau général et alphabétique des pensions) (8 septembre 1798) à Chantilly (Oise) (mais à Gentilly dans la Seine in Archives nationales F/1dIII/35 B), fils de Jullian, Jean-Baptiste, Joseph (sic) de Borel-Rogat, Adélaïde, Antoinette, son épouse. Ancien notaire, devenu employé, sans profession sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 B. Il fut blessé d’un coup de feu reçu au poignet gauche, le 29 juillet alors qu’il participait, au côté de Chapuis (voir Chapuis, Michel, Marie), à la prise du Palais-Royal. Il fut soigné à l’ambulance du 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré, où son frère s’occupait des blessés. On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « (L’après-midi du 26 juillet dans le jardin du Palais-Royal) Tout à coup, M. Camille Jullian, ancien notaire et actuellement négociant, qui, dans les journées de Juillet, a montré la plus grande ardeur pour la cause constitutionnelle et qui, au prix de son sang, a contribué à en assurer le triomphe, M. Camille Jullian et MM. Emile et Alphonse Rogat, frères, firent entendre les premiers cris de Vive la Charte ! Vive la liberté ! A bas les. Ministres ! […] Mille voix généreuses firent entendre, pendant plusieurs minutes, ces cris de ralliement. M. Camille Jullian proposa ensuite de se porter à l’hôtel du prince de Polignac, juste objet de la haine du peuple. La foule répondit à cette proposition par des acclamation unanimes et se dirigea aussitôt sur la rue Saint-Honoré, en traversant les cours du Palais-Royal. Arrivés à la rue de l’Echelle, les citoyens, emportés par l’un de ces mouvements subits, si fréquents dans les attroupements populaires et dont on ne peut se rendre compte, se précipitèrent par cette rue dans celle de Rivoli et s’avancèrent vers l’hôtel du ministre des Finances, M. de Montbel. La sentinelle, en faction vis-à-vis le Trésor, se replia, à l’aspect de la multitude, dans l’intérieur des cours. Les portes furent aussitôt fermées et les personnes qui paraissaient habiter les appartements de cet édifice donnant sur le jardin des Tuileries et la rue Castiglione, saisies d’effroi, s’empressèrent également de fermer leurs persiennes. Le peuple fit d’abord entendre les cris unanimes de Vive la charte ! A bas les ministres ! puis s’exaspérant de plus en plus, il lança les pierres contre l’hôtel et cassa un grand nombre de vitres. Reprenant ensuite son premier projet de prouver à M. de Polignac la haine que les ordonnances soulevaient contre sa personne, la foule entra dans la rue Castiglione pour se porter par la place Vendôme au boulevard des Capucines. Le poste de la garde royale, au coin de la rue Monthabor, avait pris les armes. Les soldats chargeaient leur fusil et paraissaient disposés à tirer sur le peuple, lorsqu’un officier, dont nous regrettons de ne pouvoir citer le nom, les en empêcha. On poussa quelques cris et l’on continua à se diriger vers l’hôtel du ministère des Affaires étrangères occupé par le prince de Polignac. Dans la rue des Capucines une voiture vint à passer ; quelques enfants qui suivaient le mouvement l’ayant prise pour celle du ministre, elle fut aussitôt accablée de pierres. On ne parvint pas sans peine à les tirer de leur erreur. Devant l’hôtel, les cris mille fois répétés de Vive la charte ! à bas les ministres ! à bas Polignac ! se firent entendre. La multitude se dispersa ensuite par degré, il n’y eut dans cette soirée, aucun accident à déplorer. [Le 29 juillet] M. Camille Jullian, s’étant emparé d’un fusil pour en armer un homme de bonne volonté, fut atteint d’une balle au poignet gauche, au moment où il allait entrer dans la rue Lycée-Valois. Cet excellent citoyen s’est fait particulièrement remarquer durant les trois grandes journées, par son courage et son patriotisme. » Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, membres fondateurs de l’ambulance formée rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 29, le 29 juillet 1830, certifions et attestons à qui il appartiendra que ledit jour 29 juillet dernier, M. Armand, Camille Jullian (sic), demeurant à Paris, rue des Vinaigriers n° 19, a été amené à ladite ambulance, par suite de la blessure qu’il venait de recevoir au poignet gauche, en combattant à la prise du Palais-Royal, à côté de M. Chapuis (voir Chapuis, Michel, Marie) ; que les médecins présents ont donné les premiers soins à sa blessure et en ont opéré le pansement. » Signé, le 8 avril 1831 : Joyau (voir ce nom) ; Setier (voir Setier, Louis, Paschal) ; Degas, Aug. (voir ce nom) ; Jeanne (voir ce nom), régisseur et caissier de ladite ambulance ; Daler (voir ce nom) ; Jacob (voir Bouchenet, François, Paul, Théodore, Jacob). En légalisant les signatures, le maire Viguier, Auguste (voir ce nom), ajoutait l’apostille suivante : « […] Certifie en même temps que M. Camille Jullian a été blessé pendant les journées de Juillet et transporté à l’ambulance de la rue de Grenelle, ainsi qu’il est mentionné dans un rapport adressé à la mairie par le secrétaire de l’ambulance, rapport imprimé et signé Setier, imprimeur. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement (et aussi sans doute à celle de la mairie du ancien Ier arrondissement selon la couverture de son dossier in Archives nationales F/1dIII/59). Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 17 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu, au poignet du côté gauche, de sa partie inférieure et externe, au-devant de la grosse extrémité du radius vers la face dorsale de la main, au sommet de l’intervalle qui sépare le premier du second os du métacarpe, avec fracas des os et lésion de l’artère radiale, cicatrisée mais avec ankylose presque complète du poignet et du pouce. » Il fut admis dans la 4e classe des blessés et pensionné de cinq cents francs (sous le nom de Jullian, Armand, Camille sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il demeurait 19, rue des Vinaigriers en 1830 ; 65, rue du Faubourg-Montmartre en 1830-1831 (69, rue du Faubourg-Montmartre en 1831 in Archives nationales F/1dIII/39 ; 65, rue Montmartre in Archives nationales F/1dIII/35 B ; 65, rue du Faubourg-Montmartre in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension). Ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, et souscription pour les blessés de la journée du 29 juillet. Rapport du secrétaire, présenté à la commission de l’ambulance et soumis à l’autorité municipale, imprimerie de Sétier, s.d., p. 3 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 33-34, 510-512 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 77 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 100 (sous le nom de Jullian, Armand, Camille) ; Archives de Paris VD6 277 dos au crayon à papier d’une feuille du dossier de Dasfeld, Jean, Alexandre, Latapie ; , rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 100 (sous le nom de Jullian, Armand, Camille) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août (sous le nom de Jullian, Armand, Corneille) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, blessés de la 4e classe (sous le nom de Jullian, Armand, Camille. Il n’est pas parent avec les Rogat ? sa mère était une Borel-Rogat…