Jussieu de, Christophe-Alexis-Adrien

Biographie


Né le 17 août 1802 à Lyon (Rhône). Journaliste au Courrier français. Il fut un des quarante-quatre signataires (voir la liste complète à Dumas, Alexandre) de la protestation des journalistes, ainsi rédigée : « On a souvent annoncé depuis six mois, que les lois seraient violées, qu’un coup d’Etat serait frappé. Le bon sens public se refusait à le croire. Le ministère repoussait cette supposition comme une calomnie. Cependant le Moniteur a publié enfin ces mémorables ordonnances, qui sont la plus éclatante violation des lois. Le régime légal est donc interrompu ; celui de la force est commencé. Dans la situation où nous sommes placés, l’obéissance cesse d’être un devoir. Les citoyens appelés les premiers à obéir sont les écrivains des journaux, ils doivent donner les premiers l’exemple de la résistance à l’autorité, qui s’est dépouillée du caractère de la loi. Les raisons sur lesquelles ils s’appuient sont telles qu’il suffit de les énoncer. La charte, article 8, dit que les Français, en matière de presse, sont tenus de se conformer aux lois ; elle ne dit pas aux ordonnances. La charte, article 35, dit que l’organisation des collèges électoraux sera réglée par les lois ; elle ne dit pas par les ordonnances. La couronne elle-même avait reconnu jusqu’ici ces articles. Toutes les fois, en effet, que des circonstances prétendues graves lui ont paru exiger une modification, soit au régime de la presse, soit au régime électoral, elle a eu recours aux deux Chambres ; elle ne s’est arrogé, à l’égard des articles 8 et 35, ni une autorité constituante, ni une autorité dictatoriale qui n’existent nulle part. Les tribunaux, qui ont droit d’interprétation, ont solennellement reconnu ces mêmes principes. Leurs décisions établissent qu’en matière de presse et d’organisation électorale, les lois, c’est-à-dire le roi et les Chambres, peuvent seuls statuer. Aujourd’hui donc le gouvernement a violé la légalité. Nous sommes dispensés d’obéir. Nous essayons de publier nos feuilles, sans demander l’autorisation qui nous est imposée. Nous ferons nos efforts pour qu’aujourd’hui au moins elles puissent arriver à toute la France. Voilà ce que notre devoir de citoyens nous impose, et nous le remplissons. Nous n’avons pas à tracer ses devoirs à la Chambre illégalement dissoute ; mais nous pouvons la supplier, au nom de la France, de s’appuyer sur son droit évident, et de résister autant qu’il sera en elle à la violation des lois. Ce droit est aussi certain que celui sur lequel nous nous appuyons. La Charte dit, article 50, que le roi peut dissoudre la Chambre des députés ; mais il faut pour cela qu’elle ait été réunie, constituée en Chambre ; avant la réunion et la constitution de la Chambre, il n’y a que des élections faites. Or, nulle part la Charte ne dit que le roi peut casser les élections. Les ordonnances publiées aujourd’hui ne font que casser des élections, elles sont donc illégales, car elles font une chose que la Charte n’autorise pas. Les députés élus, convoqués pour le 3 août, sont donc bien et dûment élus et convoqués. Leur droit est le même aujourd’hui qu’hier. La France les supplie de ne pas l’oublier. Tout ce qu’ils pourront pour faire prévaloir ce droit, ils le doivent. Le gouvernement a perdu aujourd’hui le caractère de légalité qui commande l’obéissance. Nous lui résistons pour ce qui nous concerne ; c’est à la France à juger jusqu’où doit s’étendre sa propre résistance. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du IVe arrondissement. Il fut nommé, en 1830, sous-préfet à Sceaux (Seine). Il apostilla, le 27 octobre 1830 et comme sous-préfet de Sceaux, le certificat suivant en faveur de Voillard, Gérôme, Pierre, qui désirait entrer dans la garde municipale à cheval : « Nous avons l’honneur de vous présenter le nommé Voilard (sic), garde national de la 7e compagnie du 4e bataillon de la IIIe légion que nous commandons, âgé de trente ans, taille de 5 pieds, 5 pouces et 2 lignes. Ce jeune homme, qui n’a cessé de combattre pendant les trois mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, s’est trouvé successivement sous le feu des troupes de la garde royale, soit à l’Hôtel de ville, au Louvre, au Palais-Royal, aux Tuileries et à Sèvres. Il est revenu blessé, après avoir démonté un garde du corps, nommé Charvat et un autre artilleur, dont il a pris le colback et les armes, après avoir été absent trois jours de la commune, il est rentré pour se réunir paisiblement faire son service comme garde national et, en cette qualité, il a fait son service avec le zèle le plus patriotique, tout en se rendant à la manœuvre très exactement. Après quelques jours de repos, ce jeune brave, aidé de quelques camarades, s’est porté dans les bois de Clamart sous Meudon ; il est parvenu à ramener dans la commune deux cent cinquante hommes du 50e de ligne, qui se sont rendus ; il les a conduits chez le maire ; là, il a fini sa mission. Il est rentré de nouveau faire son service comme les autres gardes nationaux. Aujourd’hui, toujours animé du même zèle de servir sa patrie, il ne demande pour toute récompense que l’honneur de servir en qualité de cavalier dans la garde municipale de Paris. Nous nous joignons à lui pour qu’il obtienne de votre bienveillance cette faveur et nous sommes persuadés d’avance qu’il se dévouera avec toutes sortes de bravoures à la défense de la patrie et du roi des Français. Nous avons l’honneur, etc. » Il apostilla, le 20 août 1830, comme contenant des faits véritables les demandes de secours présentées par Beneau, Nicolas et Couturier, Jacques. Il apostilla ainsi la demande présentée par Desgranges (voir Desgranges, François, Eléonor), colonel de la IIIe légion de la banlieue, en faveur de Lemarchand, Pierre, Antoine (voir ce nom), qui s’était distingué à l’occasion du procès des ex-ministres de Charles X en décembre 1830 : « […] Son zèle infatigable comme major, ses services dans les journées de décembre me sont parfaitement connus. La récompense que M. Desgranges sollicite pour lui est bien méritée et je suis convaincu que la légion tout entière y verrait un acte de justice. » Il fut ensuite préfet de l’Ain (1831-1832), de la Mayenne (1832), de la Vendée 1832), de la Vienne (1833), fut nommé directeur de la police générale au ministère de l’Intérieur en 1837 ; il fut élu, le 4 novembre 1837, député de la Vendée et soutint la politique ministérielle. Il ne fut pas réélu en 1839 ; il fut nommé sous-préfet de Sceaux (1830), préfet de l’Ain (1831), de la Mayenne (1832), de la Vendée (1832), de la Vienne (1833), directeur de la police générale du royaume (1837), maître des requêtes au Conseil d’Etat (1839), démissionna en 1841, préfet de l’Ain (1839). Il fut élu député de la Vendée (1837-1839), En 1851, il chercha à introduire le gaz à Madrid et devint sous l’Empire archiviste de la Charente (ou de la Savoie selon les sources). Il mourut le 25 octobre 1865 à Saint-Nizier-sous-Charlieu (Loire). Il demeurait à Sceaux en 1830. Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Histoire des préfets, Pierre-Henry, Nouvelles éditions latines, Paris, 1950, p. 142 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 (feuille volante) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris DM13 1 (une lettre adressée par Château Giron de, René, Charles, Hyppolyte [voir ce nom] sur la remise de trois mille francs pour la commission de secours) ; Archives de Paris VK3 51 in dossier Renaud, Nicolas ; Archives de Paris VK3 54 in dossier Voillard, Gérôme, Pierre ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIV/M/3 récompenses honorifiques in dossier Lemarchand, Pierre, Antoine ; site de l’Assemblée nationale qui cite le Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 de Robert et Cougny.

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