Kauffmann, Jean-Michel
Biographie
Né le 18 décembre 1800 à Auffmont (sic) (Haut-Rhin). Ancien sous-officier de cuirassiers. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa (peut-être) participation à la révolution de Juillet. Il donnait en effet sur son compte les indications biographiques suivantes : « […] Se signala dans toutes les circonstances où le peuple, depuis 1830, voulut revendiquer ses droits. Le citoyen, toujours en tête du mouvement populaire pendant nos glorieuses journées de 1848, fit construire une première barricade, rue des Filles-du-Calvaires, prit le poste de la Galiote, enleva et désarma le poste du coin du faubourg du Temple et du boulevard pour armer ses hommes et conserver la position prise. Il participa, l’un des premiers, à la construction d’une barricade à la porte Saint-Martin, pour couper le passage à la cavalerie, protégea par des travaux de barricade l’armement du peuple dans la caserne des gardes municipaux, y alla de là par le boulevard au Palais-Royal. Le chef de la garde nationale, voyant le danger qui existait au Palais-Royal et voulant par humanité épargner la vie de ses hommes, hésitait à s’emparer du poste, le citoyen Kauffmann, par son énergie et son intrépidité, fit un appel au peuple, se porta en avant, et le poste des garde municipaux fut bientôt emporté. Sortant de là, Kauffmann se dirigea sur les Tuileries, refoulant toujours les divers corps de la garde municipale qui résistaient encore. Dire ce que le citoyen Kauffmann a fait depuis !!... On le vit partout se dévouer et exposer constamment sa vie pour rétablir l’ordre et la tranquillité parmi les concitoyens. Ainsi on le vit à l’Ecole militaire, d’après l’ordre qu’il avait reçu du ministre provisoire, empêchant les soldats d’abandonner leurs postes, faisant rendre aux enfants leurs armes prises, mettant des factionnaires aux postes et faisant tout son possible enfin pour nous conserver une partie de l’armée avec son matériel. Au surplus, ce n’est pas d’aujourd’hui que le citoyen Kauffmann s’est distingué dans les rangs du peuple et par conséquent son entier dévouement est apprécié de tous ceux qui le connaissent. » Suivaient plusieurs apostilles dont celle d’Andriel, Pierre (voir ce nom), décoré de Juillet, décoré de la Légion d’honneur, et ainsi rédigé : « J’ai eu connaissance de la courageuse et patriotique conduite du citoyen Kauffmann, ancien sous-officier des cuirassiers, dans nos belles journées de Février. En lui accordant une place de concierge ou de garde forestier dans l’un des châteaux ou des bois de l’ex-liste civile, le gouvernement provisoire de la république française ferait d’un seul acte deux bonnes actions : il rendrait justice à un brave patriote dont l’intégrité m’est bien connue et il s’assurerait les bons et loyaux services d’un pur républicain. » Il était par ailleurs donné les renseignements suivants sur son compte : « […] Ancien militaire, il a toujours refusé par conviction politique, depuis 1830, de prendre du service et il a pris part à tous les soulèvements qui se sont faits dans Paris, pour la cause de la liberté. » Il reçut un bon de cinquante francs pour la caisse de secours. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué, et pour qu’une lettre lui fût envoyée par la Chancellerie de la Légion d’honneur, afin de lui faire obtenir la croix de l’ordre, pour faits d’armes en Espagne, laquelle croix ne lui ayant pas été accordée faute de cette pièce. Il était marié et avait eu quatre enfants, qu’il avait tous perdus avant l’âge de cinq ans, en 1848. Il demeurait 2, rue de Vienne en 1848 ; 61, rue de l’Université au ministère de la Guerre, où il était concierge en 1848. Archives de la préfecture de police AA 395.