Kesselmeyr, André, Joseph

Biographie


Enfant naturel, né le 4 juin 1791. Garçon de caisse à la compagnie du Phénix. Il reçut des coups de crosse de fusil au ventre et à la tête, le 28 juillet et mourut des suites de ces contusions le 3 août suivant. Le certificat médical suivant constatait les circonstances de son décès : « Je, soussigné, certifie avoir été appelé pour donner des soins à feu M. André, Joseph Kesselmeyr, le 28 juillet 1830, restant rue Royale n° 10, à Montmartre, employé à faire la recette de la compagnie du Phénix. La maladie a été occasionnée par de fortes contusions reçues à la tête et au ventre, par des corps qui, d’après l’examen desdites contusions, nous ont paru être faites par la crosse d’un fusil. La rapidité des événements, la gravité des coups ont exaspéré la position du malade, qui a presque constamment eu le délire, qui bientôt a conduit à une fièvre cérébrale, que tous les secours de l’art n’ont pu détruire. Il est mort le 3 août, laissant une veuve enceinte et deux enfants en bas âge, savoir Charles, Michel Kesselmeyr, âgé de dix ans, et Pierrette, Elisabeth Kesselmeyr, âgée de huit ans. Le sieur Kesselmeyr jouissait de l’estime générale, tant à la compagnie qui l’occupait que dans son voisinage. » Signé, le 20 mai 1831 : Matthalin Lefranc, chirurgien de la mairie de Montmartre, médecin du bureau de bienfaisance. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Saint-Denis. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, donna, le 31 mai 1831, la conclusion suivante : « Sur la déclaration faite que le nommé Kesselmeyr, Joseph, André, a succombé le 3 août 1830 après avoir reçu de fortes contusions par suite de coups de crosse de fusil à la tête et au ventre, contusions qui se sont compliqués d’inflammations du cerveau, et sur la lecture des certificats délivrés par le sieur Matthalin Lefranc, qui a donné ses soins au dénommé ci-dessus, les soussignés déclarent qu’il leur paraît constant que la mort du nommé Kesselmeyer doit être attribué aux contusions qu’il a reçues le 28 juillet 1830. » Le 17 mai 1831, devant le juge de paix du canton de Neuilly, comparurent : Royé, Louis, Michel, tapissier, demeurant 10, rue Royale ; Didier, Antoine, peintre de portraits, demeurant 10, rue Royale ; Garnotel, Auguste, teneur de livres, demeurant 5, rue de la Carrière à Montmartre. Ils attestèrent que Kesselmeyr, André, Joseph était décédé le 3 août à Montmartre des suites des blessures qu’il avait reçues le 28 juillet 1830. Il laissait une veuve, Lefebvre, Marie, Marguerite, née le 27 juin 1791 à Chaillot (commune qui sera englobé dans un arrondissement parisien), qui reçut (sous le nom de Kessellemyre) un secours de trois cents francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le même Matthalin Lefranc, qui avait signé le certificat médical pour constater les circonstances dans lesquelles était mort Kesselmeyr, délivra le certificat suivant en faveur de la veuve, en date du 7 janvier 1831 : « Je certifie et déclare que la veuve Kesselmeyr, de cette commune, est dans la situation la plus déplorable ; elle doit son terme, n’a point de bois pour se chauffer, elle a deux enfants très jeunes et grosse de six mois ; l’un de ses enfants vient d’être très malade, elle a tout sacrifié pour lui prodiguer les soins d’une bonne mère ; elle a été obligée de faire des comptes chez le pharmacien et chez le boucher. Je me permets de la recommander à la Commission ; ses titres sont sacrés (veuve d’un brave mort pour la liberté), elle a droit d’espérer que sa malheureuse position sera prise en considération. » Lefebvre, Marie, Marguerite fut pensionnée de cinq cents francs (sous le nom de Lefèvre dans les listes du Bulletin des lois) et trois enfants, qui furent pensionnés : Charles, Michel, né le 14 février 1818 à Paris, Pierrette, Elisabeth, née le 1er juin 1822 à Paris, Joséphine, Elisabeth, née posthume le 15 avril 1831 (par erreur le 16 avril 1831 in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Montmartre (Seine). Le conseil de famille des orphelins était composé de Pain, Jean-Pierre, demeurant 28, rue de l’Arbre-Sec et de Levasseur, Joseph, François, bijoutier, subrogé-tuteur, demeurant bâtiment des Petits-Pères en 1831. En 1831, la veuve sollicitait des secours : « […] Les cent francs que vous avez eu la bonté de me donner m’ont servi à apaiser de petites dettes, mais, depuis deux mois, j’ai un enfant de malade, je dois mon terme, je suis sans bois [on est en janvier N.D.A.], je dois à différents marchands. J’ai tout sacrifié mes effets, ma position est affreuse […], prête à donner le jour à un malheureux enfant, qui n’a déjà plus de père avant de naître […]. » En 1831, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Pierrette, Elisabeth : « La commission s’est assurée préalablement que cette orpheline avait été placée par sa famille dans une bonne pension. » Vers 1832, elle était en pension chez Mme Brunon, 91, rue de Sèvres, et la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son sujet qu’elle avait des dispositions pour la couture et cousait « déjà très bien ». En 1832, Charles était apprenti coiffeur chez Bonvalet, Gabriel, perruquier-coiffeur, 47, rue des Vieilles-Tuileries, et son Bulletin individuel de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet indiquait à son sujet : « Peu de mémoire et oublie facilement. Beaucoup de goût pour la lecture. Doux mais entêté, excessivement menteur. Depuis un an qu’il est en apprentissage, il rase et coupe assez bien les cheveux. Lit et écrit passablement. » En 1834, une lettre du service de sous-surveillance des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son sujet : « A terminé son apprentissage de perruquier-coiffeur chez le sieur Gabriel, rue du Cherche-Midi. Ce jeune homme va se trouver maintenant forcé de changer souvent de boutiques pour se perfectionner. Il deviendra par cela même fort difficile de le surveiller et d’obtenir le bulletin mensuel. » Pierrette, couturière, obtint un trousseau pour son mariage en 1838. Kesselmeyr, André, Joseph demeurait 10 (ou 83 sur les listes du Constitutionnel), Grande-Rue Royale à Montmartre en 1830 ; sa veuve 83, même rue en 1831 ; 55, rue de Vaugirard avec sa fille Pierrette en 1838. Le nom de Kesselmeyer (A.-J. Kesselmeyer) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 78, p. 85 pour la veuve ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur lexécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de lordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de lEtat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 40-43 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis), orphelines du (ancien) XIIIe arrondissement, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) (sous le nom de Kesselmyer, André, Joseph) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance (où il est précisé que « dans tous les autres actes le nom du père et des frères est écrit Kesselmeyer ») ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, arrondissement de Saint-Denis, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 arrondissement de Saint-Denis ; année 1839 arrondissement de Saint-Denis) ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/15/2555 feuille de bulletin individuel de Pierrette, Elisabeth ; Archives nationales F/15/2557-2559, service de sous-surveillance des orphelins et orphelines de Juillet, lettre en date du 29 mai 1834 et aussi un état officiel des orphelins (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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