Keyaerts, Jean-Baptiste

Biographie


Né le 24 juin 1804 à Bruxelles (Belgique). Ecrivain. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il expliquait en effet à la Commission avoir pris une part active à la révolution de Juillet puis être parti volontaire dans la légion belge parisienne pour aider la révolution Belge. Pendant son absence, les pièces qu’il avait confiées à la Commission des récompenses nationales furent égarées et il ne reçut aucune récompense. Il sollicita auprès de la nouvelle Commission un secours et l’autorisation de pouvoir porter la Croix de Juillet. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nomme Jean-Baptiste Keyaerts, né à Bruxelles, a bravement combattu sous mes yeux dans nos glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet dernier et notamment à la prise de la caserne de la rue Verte, où, à la tête de quelques combattants, il est entré et parvenu, nonobstant la plus vive résistance, à désarmer les miliaires et à s’emparer de toutes les armes qui se trouvaient dans ladite caserne. Je certifie de plus qu’après cet acte de bravoure et de courage, avoir vu ledit Keyaerts se porter le premier à l’attaque et prise des Ecuries du roi, faubourg du Roule, dont l’approche était défendue par un grand nombre de Suisses et que, dans le combat qui s’était engagé, le bas de sa redingote fut percé de deux balles. Il ne quitta ce lieu qu’après avoir obtenu la soumission et le désarmement de ces soldats mercenaires. Je lui ai délivré le présent, pour lui servir au besoin en reconnaissance de ce qu’il a contribué à reconquérir nos libertés et m’engage à le certifier partout où besoin sera. » Signé le 3 août 1830 : Despeux, propriétaire, demeurant 18, rue d’Angoulême, faubourg Saint-Honoré, lieutenant à la 1re compagnie du 4e bataillon de la Ire légion de la garde nationale (et qui sera en 1848 délégué pour le maire du [ancien] Ier arrondissement). Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Le docteur en médecine soussigné, chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur, chirurgien-major de l’ambulance au siège de la citadelle d’Anvers, certifie que M. Keyaerts, Jean-Baptiste, officier de la 2e compagnie d’ambulance de l’armée belge, a donné dans l’exercice des fonctions qui lui ont été confiées des preuves de dévouement et de capacité, que, jour et nuit, il s’est tenu à la disposition pour le transport des blessés de l’armée française. Il le signale en conséquence à la bienveillance de ses chefs comme un sujet très recommandable. » Signé à Berchem, le 26 décembre 1832 : Forget. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le 22 février dernier, le citoyen Keyaerts, Jean-Baptiste a été le premier à construire avec plusieurs personnes de sa connaissance la première barricade dans la rue Saint-Florentin-Saint-Honoré. Son sang-froid et son courage ont été au-dessus de tout éloge puisqu’il n’a pas craint un instant le danger d’être arrêté et massacré à différentes reprises par les gardes municipaux et les sergents de vile, qui constamment mettaient opposition à leurs travaux. Le susdit Keyaerts a puissamment contribué à la cause de notre indépendance par le bon ordre qu’il a constamment su maintenir et l’exemple de dévouement qu’il inspirait à tous ceux qui l’entouraient. Je déclare en outre que j’ai vu également, le 24 d’après, le même citoyen Keyaerts combattre avec le plus grand enthousiasme sur la place du Palais-Royal et qu’il n’a quitté ces lieux qu’au moment de la victoire. Je lui donne cette attestation avec le plus vif plaisir, vu que j’ai été à même de juger de sa noble et belle conduite pendant les deux glorieuses journées de notre révolution. » Signé, le 12 mars 1848 : Defère, P. (voir De Fère, Pierre ?), demeurant 3, rue Neuve-Saint-Pierre. Suivaient deux apostilles. La première : « Je certifie que c’est de la plus exacte vérité pour ce qui concerne la barricade, quant à l’autre fait relaté de la place du Palais-Royal, je ne puis l’affirmer, je n’y étais point présent. » Signé : Lambert, fruitier, demeurant 377, rue Saint-Honoré. La deuxième : « Je certifie que le nommé Keyaerts a fait preuve de dévouement à la cause de l’ordre, en s’opposant à l’envahissement de ma loge. » Signé : Danglot, portier, rue du 24-Février. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Keyaerts a figuré des premiers dans la formation de la barricade du coin de la rue Saint-Honoré et Saint-Florentin, le 22 février et qu’il a déployé une très grande énergie dans cette circonstance. » Signé, le 22 mars 1848 : Pelletier, entrepreneur, demeurant 34, rue de Malte ; Thouroude, demeurant rue Saint-Honoré au coin de celle de Saint-Florentin. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Le capitaine commandant la 6e compagnie du 3e bataillon de la IIIe légion certifie que le citoyen Keyaerts, Jean-Baptiste, demeurant rue des Vieux-Augustins n° 55, a exactement fait son service de garde national, soit pendant les journées de juin [1848, N.D.A.], soit avant, soit après et qu’en toute circonstance il s’est comporté en bon citoyen. » Signé, le 6 juillet 1848 : Mercier. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que le citoyen Keyaerts, Jean-Baptiste, combattant de Février, est domicilié chez moi, rue des Vieux-Augustins n° 55, et qu’il est de bonnes conduite, vie et mœurs. » Signé, le 1er avril 1848 : Faye, tenant maison meublée et facteur à la poste aux lettres. Il reçut un secours de vingt francs le 9 septembre 1848. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il retira, le 21 janvier 1850, les pièces qu’il avait confiées à la Commission. Le 30 janvier 1850, il sollicita un secours, afin de pouvoir quitter Paris pour échapper à « l’horrible misère » que subissaient lui et sa famille. Il était ancien officier comptable à la 6e compagnie du 3e bataillon de la IIIe légion de la garde nationale. Il était marié et père d’un garçon et d’une fille en 1848. Il demeurait 55, rue des Vieux-Augustins en 1848. Archives de la préfecture de police AA 395.

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