Kiening, Alexandre

Biographie


Né le 4 septembre 1804 à Paris. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet, le 9 mars 1848, la lettre suivante à la Commission, afin d’obtenir un emploi : « […] En 1830, aux journées de Juillet, j’ai combattu en différents endroits, principalement rue Saint-Honoré, maison du chapelier (voir Moizard). Nous eûmes à subir un feu long et nourri des Suisses, qui se rendirent après bien des meurtres. Notre tâche devint en ce moment plus difficile. Il s’agissait de les sauver de la juste fureur du peuple. Nous nous partie du manuscrit brûlée de deux élèves de l’Ecole polytechnique partie du manuscrit brûlée croisées sur nos poitrines. Notre sang-froid et quelques paroles généreusement énergiques, calmèrent l’irritation de nos frères. Je pouvais, comme tant d’autres, faire valoir ces circonstances mais j’étais satisfait d’avoir sauvé tant de victimes et cela me suffisait. Je n’avais pas de charges comme celles qui pèsent sur moi aujourd’hui. Je pouvais suffire entièrement à mes besoins. En 1848, mercredi 23 février de 11 heures à midi, m’étant aperçu que des ennemis de la vraie cause de nos libertés publiques mettaient le feu au poste Saint-Lazare, faubourg Saint-Denis, ne pouvant y remédier étant seul, je courus m’adresser à un officier de détachement des gardes municipaux, qui stationnaient rue Neuve-Saint-Jean. Comme bourgeois, je fus assez mal reçu. Néanmoins je ne me décourageais point et parvins à amener ces soldats, qui heureusement mirent les malfaisants en fuite et le poste fut sauvé. Le même jour, on battit le rappel à 4 heures de l’après-midi. J’endossais l’habit de garde national, dont je fais partie depuis dix-sept ans, dont six en qualité de caporal et trois de sergent-major. Je me rendis avec ceux de ma compagnie à la caserne des municipaux, faubourg Saint-Martin. Le peuple les assiégeait de pierres. Deux de ces gardes ayant tiré deux coups de fusil, cela mit le peuple dans une exaspération telle qu’il fallut une grande force morale pour les empêcher de forcer les portes donnant rue Neuve-Saint-Nicolas. A mes risques et périls, j’ai eu encore assez de bon sang-froid pour m’interposer au milieu du combat afin d’éviter un massacre des deux côtés. J’étais seul entre le feu des municipaux et celui du peuple, le sergent qui m’accompagnait s’étant sauvé par faiblesse. Depuis ces instants de fureur, j’ai été reconnu par quelques-uns d’entre eux, qui m’ont comblé de remerciement pour le danger éminent que je venais de courir pour sauver mes frères. […] On peut facilement obtenir des renseignements sur moi car depuis dix-huit ans je reste dans le même quartier ; n’ayant jamais été dans le dénuement où je me trouve en ce moment, c’est une position horrible pour moi […]. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, chefs du premier bataillon Ve légion, certifions que pendant les journées de Février le citoyen Kiening, facteur et accordeur de pianos, a fait preuve de bon citoyen, qu’il a déployé beaucoup de courage, de dévouement et de zèle et enfin qu’il s’est fait distinguer d’une manière toute particulière. » Signé, mars 1848 : Grelet ; Debussy ; Laveissière, sergent. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Gilbert, Emile, Pierre, déclare que le citoyen Kiening s’est présenté à moi le 24 février 1848, à la barricade rue du Faubourg-Saint-Denis, au coin des rues Neuve-Saint-Jean et des Petites-Ecuries, et m’a demandé à faire partie du poste que je commandais. De plus je dois à la vérité de déclarer qu’il a été un de ceux qui ont contribué à faire donner des armes et des munitions aux combattants. » Signé, le 19 août 1848 : Gilbert, Emile, chef de barricade, demeurant rue du Faubourg-Saint-Denis. Il fut recommandé par la Commission pour une place d’accordeur de piano dans une pension de l’Etat. Il savait lire et écrire, faiblement était-il précisé sur sa fiche. Il était marié, père de deux enfants et ses parents à charge en 1848. Il demeurait 82, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1848. Archives de la préfecture de police AA 395.

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