Kitchen-Vic, Félix (ou Kitchenvic)

Biographie


Né le 22 mai 1799 à Nantes. Commis négociant. « A déployé beaucoup d’énergie sur la place Louis-XVI, […] ; a négocié l’échange des prisonniers et a sauvé le chef d bataillon d’état-major Dupoueix », selon la Commission des récompenses nationales. On peut lire dans les déclarations de Bosset, Charles, Auguste le témoignage suivant de la participation de Kitchen-Vic aux journées de Juillet : « Que lors des derniers événements provoqués par les déplorables ordonnances, n’écoutant que son patriotisme il arriva le premier armé à la bourse de Nantes et mit tout en œuvre pour exciter ses concitoyens à la défense commune ; que, le lendemain des premiers engagements, il entreprit de délivrer ceux de ses compagnons d’armes qui avaient été arrêtés et conduits au château ; à cet effet il se détacha de la réunion qui était en présence des troupes et se rendit avec M. Vic au quartier général de la division ou, étant arrivé, il trouva les autorités civiles et militaires et réclama les prisonniers. Que M. le lieutenant-général Despinois, surpris de tant d’audace, le menaça d’abord de le faire arrêter, et que renouvelant d’un ton ferme sa réclamation et déclarant que ses camarades en armes attendaient sa réponse, il décida M. le lieutenant général à lui délivrer l’autorisation nécessaire pour la mise en liberté de tous ses camarades. Qu’en sortant de l’hôtel de l’état-major il essuya le feu de peloton et vit tomber à ses côtés plusieurs de ses amis et que pendant qu’ils relevaient l’un d’eux, M. Voruz (voir ce nom), son chapeau fut percé d’une balle et ses habits furent atteints de deux autres. Qu’enfin, muni de l’autorisation qu’il venait d’obtenir, Il courut au château, en s’exposant à de nouveaux dangers et se fit remettre les seize prisonniers qui étaient détenus […]. » Et aussi deux témoignages. Le premier, du 23 août 1831, du maire de Nantes qui faisait parvenir au préfet de Loire-Inférieure la lettre suivante : « Il est de notoriété publique ici que M. Auguste Bosset, dont vous me faites l’honneur de m’entretenir par votre lettre du 22, s’est distingué de la manière la plus remarquable par son patriotisme et son courage dans la journée du 30 juillet. Un des premiers, il s’est armé pour la cause de la liberté dans cette journée ; il faisait partie du détachement de citoyens qui se porta, dans l l’après dîner, sur la place Louis XVI ; lui et le sieur Vic se présentèrent seuls de ce détachement, en armes, devant le général Despinoy pour le sommer de rendre les prisonniers faits dans leur rassemblement qui eut lieu la veille à l’occasion des ordonnances du 29. Il y avait alors plus que de la bravoure, il y avait de la témérité dans une telle démarche vis-à-vis d’un tel général ; car les événements de Paris n’étaient point encore résolus, pour notre ville, à l’époque de cette agression des citoyens contre le pouvoir. » Le second : « Le soussigné, chef d’état-major de la 12e division militaire, certifie que le 30 juillet dernier se trouvant qur la place Louis XVI à Nantes, il fut entouré tout à coup par une troupe d’hommes armés, qui réclamaient la mise en liberté d’une vingtaine d’individus qui avaient été arrêtés la veille et qui se trouvaient détenus au château. Sur la réponse du soussigné qu’il n’était point compétent pour satisfaire à la demande présente qui lui était adressée, il fut convenu que MM. Bosset et Vic se détacheraient de la troupe armée et accompagnés du soussigné, ils porteraient au nom de tous la réclamation tant auprès du lieutenant-général Despinoy qu’auprès des autorités civiles et judiciaires qui étaient réunies dans ce moment à l’hôtel du général. Leur mission fut suivie d’un plein succès. » Il fut décoré de la Croix de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 31 juillet 1831. Le 4 septembre 1831, il signa comme décoré de Juillet et avec Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Santerre (voir ce nom), Ageron (voir Ageron, Joseph), Trastour (voir ce nom), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), Gaudinot (voir Gaudinot, Narcisse), Pichaud (voir Pichaud, Pierre) et Tournade (voir Tournade, Laurent) la lettre suivante envoyée au ministre de l’Intérieur, en faveur de Ruellan, Jean (voir ce nom) : « Les soussignés, décorés de Juillet, ont l’honneur de vous exposer que, lorsque la commission d’enquête de la ville de Nantes mit sous vos yeux le travail qu’elle fit pour désigner ceux qui avaient mérité l’honorable distinction que Sa Majesté a bien voulu nous accorder, elle ne put être à même d’obtenir les renseignements nécessaires sur un de nos concitoyens, Jean Ruellan, employé d’octroi à Nantes. Confiants dans son bon droit, nous n’avons pas fait de démarches auprès de la commission car nous avions l’intime conviction que ce brave citoyen serait désigné dans le nombre des décorés, personne mieux que lui n’ayant mérité une pareille récompense à l’époque du 30 juillet, il s’est distingué par plusieurs actes de bravoure, de patriotisme et de dévouement pour le maintien de l’ordre public avant et depuis il en a toujours donné des preuves éclatantes. En conséquence, nous venons vous prier, monsieur le ministre, d’accorder à notre concitoyen Jean Ruellan la décoration de Juillet, à laquelle il a des droits que personne ne contestera. Nous espérons, monsieur le ministre, que vous voudrez bien prendre en considération notre juste sollicitation. Nous avons l’honneur, etc. » Il signa, le 26 août 1831, avec Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Santerre (voir ce nom), Durand (voir Durand, Emile, ou Durand, Pierre), Mabon (voir ce nom), Pichaud (voir Pichaud, Pierre), Tournade (voir Tournade, Laurent), Taupier (voir Taupier, Emile), Petit-Jean (voir Petit-Jean, Alexandre, Louis, Marie), Mazier (voir Mazier, Emile), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire) et Ageron (voir Ageron, Joseph) le certificat suivant en faveur de Fabre, Auguste : « Les soussignés, décorés de Juillet, on l’honneur de vous exposer, que lorsque la commission d’enquête de la ville de Nantes mit sous vos yeux le travail qu’elle fit pour désigner ceux qui avaient mérité l’honorable distinction que Sa Majesté a bien voulu nous accorder, elle ne put être à même d’obtenir des renseignements nécessaires sur un de nos concitoyens, Auguste Fabre. Confiants dans son bon droit nous n’avons pas fait de démarches auprès de la commission car nous avions l’intime conviction que ce brave citoyen serait désigné dans le nombre des décorés, personne mieux que lui n’ayant mérité une pareille récompense ; à l’époque du 30 juillet, il s’est distingué par plusieurs actes de bravoure, de patriotisme et de dévouement pour le maintien de l’ordre public, avant et depuis il en a toujours donné des preuves éclatantes. En conséquence nous venons vous prier, Monsieur le ministre, d’accorder à notre brave concitoyen Auguste Fabre la décoration de juillet à laquelle il a des droits que personne ne contestera. Nous espérons, monsieur le ministre, que vous voudrez bien prendre en considération notre juste sollicitation. Nous avons l’honneur, etc. » Il signa, avec Tournade (voir Tournade, Laurent), Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Santerre (voir ce nom), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trastour (voir ce nom), Ageron (voir Ageron, Joseph), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), Gaudinot (voir Gaudinot, Narcisse) et Pichaud (voir Pichaud, Pierre), le 4 septembre 1831, le certificat suivant ean-Marie : « Les soussignés, décorés de Juillet, ont l’honneur de vous exposer que notre concitoyen Jean-Marie Simon, maître forgeron à Nantes, décoré de la médaille de Juillet, a mérité, par sa bravoure, son patriotisme et son dévouement pour le maintien de l’ordre public, la décoration de la Croix de Juillet ; qu’avant et depuis il en a toujours donné des preuves éclatantes. Nous venons donc vous prier, M. le ministre, de vouloir bien classer notre brave concitoyen, Jean-Marie Simon, dans la même catégorie que nous. Nous espérons, M. le ministre, que vous voudrez bien prendre en considération notre juste sollicitation. Nous avons l’honneur, etc. » Il signa, le 4 septembre 1831 et avec Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trastour (voir ce nom), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), Pichaud (voir Pichaud, Pierre), Tournade (voir Tournade, Laurent) et Ageron (voir Ageron, Joseph), le certificat suivant en faveur de Touchy, André : « Les soussignés, décorés de Juillet, ont l’honneur de vous informer que lorsque la commission d’enquête de la ville de Nantes mit sous vos yeux le travail qu’elle fit pour désigner ceux qui avaient mérité l’honorable distinction que Sa Majesté a bien voulu nous accorder, elle ne put être à même d’obtenir les renseignements nécessaires sur un de nos concitoyens André Touchi (sic) commis à Nantes. Confiants dans son bon droit, nous n’avons pas fait de démarches auprès de la commission car nous avions l’intime conviction que ce brave citoyen serait désigné dans le nombre des décorés, personne mieux que lui n’ayant mérité une pareille récompense. A l’époque du 30 juillet, il s’est distingué par plusieurs actes de bravoure, de patriotisme et dévouement pour le maintien de l’ordre public, avant et depuis il en a toujours donné des preuves éclatantes. En conséquence nous venons vous prier, Monsieur le ministre, d’accorder à notre concitoyen André Touchi la décoration de juillet, à laquelle il a des droits que personne ne contestera. Nous espérons, Monsieur le ministre, que vous voudrez bien prendre en considération notre juste sollicitation. Nous avons l’honneur etc. » Il signa, le 4 septembre 1831, et avec Trastour (voir ce nom), décoré de Juillet, Ageron (voir Ageron, Joseph), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trastour (voir ce nom), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), Gaudinot (voir Gaudinot, Narcisse), Pichaud (voir Pichaud, Pierre) et Tournade (voir Tournade, Laurent), la lettre suivante envoyée au ministre de l’Intérieur, afin de faire valoir les droits à la Croix de Juillet de Hudôme, Jean : « Les soussignés, décorés de Juillet, ont l’honneur de vous exposer que, lorsque la commission d’enquête de la ville de Nantes mit sous vos yeux le travail qu’elle fit pour désigner ceux qui avaient mérité l’honorable distinction que Sa Majesté a bien voulu nous accorder, elle ne put être à même d’obtenir les renseignements nécessaires sur un de nos concitoyens, Jean Hudôme, commis négociant à Nantes. Confiant dans son bon droit, nous n’avons pas fait de démarche auprès de la commission car nous avions l’intime conviction que ce brave citoyen serait désigné dans le nombre de décorés, personne mieux que lui n’ayant mérité une pareille récompense. A l’époque du 30 juillet, il s’est distingué par plusieurs actes de bravoure, de patriotisme et de dévouement pour le maintien de l’ordre public, avant et depuis il en a toujours donné des preuves éclatantes. En conséquence, nous venons vous prier, Monsieur le ministre, d’accorder à notre concitoyen Jean Hudôme, la décoration de Juillet, à laquelle il a des droits que personne ne contestera. Nous espérons, Monsieur le ministre, que vous voudrez bien prendre en considération notre juste sollicitation. Nous avons l’honneur, etc. » Il fut un des signataires, avec Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), Durand (voir Durand, Emile, ou Durand, Pierre), Hudôme jeune (voir Hudome, Jean) Santerre (voir ce nom), Ageron (voir Ageron, Joseph), Gaudinot (voir Gaudinot, Narcisse), Pichaud (voir Pichaud, Pierre), Tournade (voir Tournade, Laurent), Mazier (voir Mazier, Emile), Mabon (voir ce nom), Taupier (voir Taupier, Emile), Petit-Jean (voir Petit-Jean, Alexandre, Louis, Marie) et Voruz (voir Voruz, Jean, Simon), de la lettre suivante adressée au roi en faveur de Rocher, Michel (voir ce nom) et ainsi rédigée : « Les soussignés, décorés de Juillet, ont l’honneur de vous exposer que lorsque la commission d’enquête de la ville de Nantes mît sous vos yeux le travail qu’elle fit pour désigner ceux qui avaient mérité l’honorable distinction que Sa Majesté à bien voulu nous accorder, elle ne put être à même d’obtenir les renseignements sur un de nos concitoyens, Michel Rocher, négociant à Nantes. Confiants dans son bon droit, nous n’avons pas fait de démarche auprès de la commission car nous avions l’intime conviction que ce brave citoyen serait désigné dans le nombre des décorés, personne mieux que lui n’ayant mérité une pareille récompense. A l’époque du 30 juillet, il s’est distingué par plusieurs actes de bravoure, de patriotisme et de dévouement pour le maintien de l’ordre public, avant et depuis il en a toujours donné des preuves éclatantes. En conséquence, nous venons vous prier, M. le ministre, d’accorder à notre concitoyen, Michel Rocher, la décoration de Juillet à laquelle il a des droits que personne ne contestera. Nous espérons, M. le ministre, que vous voudrez bien prendre en considération notre juste sollicitation. Nous avons l’honneur, etc. » Il demeurait à la fosse à Nantes en 1830. Nantes en 1830 et les journées de Juillet, Giraud-Mangin, in Revue dhistoire moderne et contemporaine, année 1931, p. 463 ; Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Kitchenvic, Félix) ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part et Etat des citoyens auxquels la décoration de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831.

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