Koller ou Kohler, Pierre, Joseph
Biographie
Né le 11 août 1801 à Liesberg (canton de Berne, Suisse) ou à Lisbéry dans le Haut-Rhin une fois sur deux in Archives nationales F/1dIII/34 mais bien à Liesberg in Archives nationales F/1dIII/33, où il est compris dans l’état nominatif des blessés pensionnés présumés non naturalisés français, fils de Koller, Pierre et de Steiner, Anne, Marie. Compagnon menuisier, facteur de piano. Il reçut plusieurs contusions au corps et à la tête. Souffrant de délires, père de deux enfants, Il reçut un secours de cent francs en août et de trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours de quinze francs, le 4 août 1830 (sous le nom de Colire) à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 22 janvier 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de contusions à diverses parties du corps et notamment à la tête, ces dernières suivies d’accidents de commotion non encore dissipés et ensuite d’accès épileptiques actuellement encore existants. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de quatre cents francs (sous le nom de Koller dans les listes du Bulletin des lois). Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, à titre de blessé de la 3e classe, une inscription de rentes. Il écrivit dans ces termes en 1831 au ministre de l’Intérieur, afin de solliciter la décoration de Juillet : « Grièvement blessé dans une des trois journées de Juillet (27 au 28) et hors d’état de se livrer à aucun genre de travail depuis cette époque […]. Lors de la délivrance des décorations de Juillet, il était retenu à l’hôpital Saint-Louis pour une affection cérébrale. […Il] n’a fait aucune démarche pour obtenir cette décoration, qu’il croit avoir bien méritée et que cependant il a été oublié. » Il lui fut répondu par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’il ne pouvait, en conséquence, pas être donné suite à sa demande. Il entra à l’Hôtel des Invalides comme blessé de Juillet, le 17 octobre 1842 et, en 1846, était sergent à la 9e division, corridor de La Rochelle. Le 2 août 1846, le préfet de Seine-et-Oise, ne voulant rien négliger de ce qui pouvait rapporter même indirectement à l’attentat de Joseph Henry le 29 juillet précédent, écrivit au ministère de l’Intérieur afin de lui rapporter les faits suivants : « Un sieur Koller, […] venu à Pontoise le 24 juillet pour y accorder des pianos, aurait dit, le 25, chez M. Brossard, ancien notaire domicilié à Pontoise : “Il y aura du bruit à Paris aux journées de Juillet ; j’ai un congé de cinq jours du général, je suis bien aise de ne pas me trouver à Paris ces jours-là.” Cet homme du reste ne paraissait pas initié à un complot, il paraissait au contraire affecté d’une telle disposition dans les esprits. En parlant ainsi, il ne faisait sans doute que répéter ce qu’il avait entendu. » Interrogé, Koller nia les propos qu’on lui prêtait : « […] Je n’ai pas dit cela […]. J’ai peut-être dit une parole en plaisantant, mais je n’ai pas tenu ce propos-là, j’en suis sûr et certain, d’ailleurs je ne crains rien. […] Je ne peux pas bien vous répondre. J’ai la mémoire courte. Je ne peux pas bien me remémorer cela ; on entend tous les jours dans Paris dire des sottises. […] Si je l’ai dit c’est par plaisanterie et d’ailleurs je n’ai aucune connaissance de cela. Et puis j’aurais peut-être dit que j’étais bien aise de n’être pas à Paris pour la fête, à cause de la foule puisqu’il y a deux ans j’ai manqué d’avoir le bras cassé en cherchant à retrouver une demoiselle qui était avec moi. » Le notaire déposa dans ces termes devant la justice : « Ma femme lui a dit “Vous allez avoir de belles journées de Juillet. – C’est vrai, Madame, le temps est beau mais on m’a dit qu’il y aura bruit à Paris et que ce sera chaud.” Le sieur Koller ajouta “C’est bien malheureux, car nous avons un roi qui a une bonne tête, qui en vaut bien de plus jeunes.” » La préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Il obtient des congés assez fréquemment et se rend dans les environs de Paris pour accorder les pianos. C’est ainsi que l’année dernière, il a obtenu un congé de plusieurs mois pour se rendre à Vendôme, où il était envoyé par un sieur Jelmine, fabricant de pianos. Dernièrement encore il a fait avec autorisation une absence de quelques jours. On donne sur sa conduite et ses opinions des renseignements favorables et depuis qu’il est à l’Hôtel des Invalides il n’a encore subi aucune punition. » Il avait épousé, le 29 août 1826 à Joigny (Yonne), Petit, Augustine, née le 4 floréal an XII à Joigny ; sur l’acte de mariage, Koller, Pierre est indiqué comme le fils de feu Koller, Pierre, décédé à Liesberg le 2 mai 1824 et de feue Steiner, Anne, Marie, décédée le 4 février 1819 à Liesberg ; Petit, Augustine est indiquée comme née le 4 floréal an XII (24 avril 1804) à Joigny, fille de Petit, Etienne, Augustin, porteur de contraintes, et de Maugy, Geneviève, son épouse. Il avait deux enfants, Louis, Henry, né le 27 mars 1828 à Joigny (sous le nom de Kohler), et Joseph, né le 8 septembre 1829 aussi à Joigny (sous le nom de Kohler). Koller demeurait à Joigny en 1826 ; rue Haute-Pêcherie à Joigny en 1827-1829 ; 18, rue d’Enghien en 1830-1831. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 29 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 32 (sous le nom de Kohler) ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 78 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 96 (sous le nom de Kohler, Pierre, Joseph) ; Archives de Paris VD3 1-2, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Colire) ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des blessés ayant droit à une indemnité temporaire de un et deux ans ; Archives nationales F/1dIII/33, état nominatif des blessés pensionnés présumés non naturalisés français ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 (une fois sous le nom de Koller, Pierre, Joseph, et une autre fois sous celui de Kohler, Pierre, Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/74 (par erreur sous le nom de Rohler, Pierre, Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 3e class (sous le nom de Kohler, Pierre, Joseph) ; Archives nationales CC 800 divers dossier Pontoise, CC 801 renseignements confidentiels.