Krettly, Elie
Biographie
Né le 30 novembre 1775 (parfois mais par erreur le 30 octobre 1775) à Versailles (Yvelines), fils de Krettly, Rodolphe et de Hevinaud, Louise, son épouse. Entré au régiment des gardes-françaises en 1789, congédié le 31 août 1789 et admis dans la musique de la garde nationale parisienne soldée le 1er septembre 1789, congédié le 17 juillet 1792, trompette dans les guides du général en chef de l’Armée d’Italie le 1er vendémiaire an VI, trompette dans les chasseurs à cheval de l’ex-garde le 13 nivôse an VIII, brigadier trompette le 13 nivôse an VIII, trompette major le 23 germinal an X, porte-étendard, nommé chevalier de la Légion d’honneur le 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803), nommé lieutenant en second le 27 frimaire an XIV sur le champ de bataille d’Austerlitz, lieutenant en premier le 16 février 1807 sur le champ de bataille d’Eylau jusqu’en 5 septembre 1808 ; il fit les campagnes des années VI, VII, VIII et IX, XII, XIII et XIV, du 1er brumaire an XIV au 6 nivôse suivant ; il fut blessé de deux coups de feu et de huit coups d’arme blanches à différentes affaires ; il reçut deux sabres d’honneur de Napoléon, le premier le 26 germinal an VII au mont Thabor en Egypte, le second à Marengo. Il fut mis à la retraite de douze cents francs en 1808, du fait des blessures qu’il avait reçues. Il sollicita une place de sous-inspecteur aux Eaux et Forêts dans le département de l’Yonne, où il comptait habiter. Il était alors père de trois enfants. Sa demande ne put aboutir, le règlement prévoyant qu’avant d’accéder au grade de sous-inspecteur il fallait obligatoirement passer par tous les grades inférieurs. En 1819, il résidait à Maubeuge et fut interrogé au cours de l’instruction de la Conspiration du Bazar français. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Par deux lettres, en mai 1832, et réuni avec d’autres (voir la liste à Lami Hinault) dans une société de réclamants, qui se réunissait au 6, rue Dalayrac, il sollicitait du roi et du ministre de l’Intérieur, l’aboutissement des démarches entreprises par eux pour la prise en compte de leurs droits comme combattants de Juillet ; de la même manière, ils assuraient que, « défenseurs de la liberté », ils le seraient « toujours de leur roi citoyen et du gouvernement qu’il aura choisi ». De la même manière, il était compris dans une liste de combattants que de Lacroix, baron de Boegard (voir ce nom), président de la Commission des réclamants combattants de Juillet, faisait parvenir, dans deux lettres en date des 15 juin et 6 août 1832, au ministre de l’Intérieur, afin de solliciter une réponse sur l’issue des démarches faites par plusieurs des combattants qui estimaient avoir été lésés dans leurs droits aux récompenses nationales. Ces combattants, faisait savoir de Lacroix, « désavouent ceux d’entre eux qui auraient pu participer aux derniers événements qui ont ensanglanté la capitale (l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, N.D.A.) ; loin d’eux toute idée de renverser un trône qu’ils ont élevé au prix de leur sang ! Ils ne désirent que prouver au gouvernement du roi qu’ils sont et seront toujours prêts à mourir pour la dynastie qu’ils ont fondée. […] La plus grande partie des réclamants ont déjà la médaille et se sont toujours empressés, à chaque émeute, d’aller combattre les agitateurs et de faire rentrer dans le devoir, par leurs conseils, ceux de leurs camarades qu’on aurait pu égarer un instant […] ». De Lacroix donnait les précisions suivantes sur les faits dans lesquels Krettly s’était illustré : « Le 27, organisa la résistance, le 28 combattit à la porte Saint-Denis et sur les boulevards. Le 29, a combattu place du Louvre, prise du Louvre et des Tuileries. Blessé à la jambe gauche. » Il signa (il signe bien Krettly), le 15 août 1830, le certificat suivant en faveur de Lacroix de, baron de Boegard : « Nous, soussignés, membres de la garde nationale de Paris et autres, certifions et attestons que dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, M. le lieutenant général de Lacroix baron de Boegard a bien mérité de la patrie et c’est avec plaisir que nous citons la conduite héroïque de ce vétéran de l’ancienne armée impériale, déjà connu sous le nom de l’intrépide de Lacroix, que lui donna Napoléon. Dans les mémorables journées de Juillet, il donna l’exemple du courage qui brave la mort et sait vaincre. On le vit partout où était le danger, où le conseil était nécessaire et dirigeait (avec cette supériorité de jugement que donne une longue expérience) la valeur des défenseurs de nos libertés. Il nous dit qu’il n’y avait plus à marchander, qu’il fallait vaincre ou mourir. Le 27, au rassemblement devant l’hôtel Polignac aux Relations extérieures, l’officier de gendarmerie de service au ministère et un officier du 3e régiment de la garde royale l’ayant reconnu lui dirent : “Général, nous vous invitons à vous retirer ; vous êtes exposé à être arrêté comme chef de ces factieux.” Il leur répondit : “Si je joue aujourd’hui ma tête, j’en fais volontiers le sacrifice. Je suis assez vieux pour n’avoir plus qu’à vaincre pour la charte ou mourir pour ma patrie.” Le 28 juillet, près de la porte Saint-Denis, l’affaire devenait chaude. Parmi la foule des braves, se trouvèrent grand nombre d’anciens soldats dont il avait été le colonel. Ayant été reconnu par eux, ils se formèrent sur-le-champ, en division. Sous ses ordres, ils exécutèrent des feux de section avec une telle précision et d’un tel effet qu’après avoir mis hors de combat le colonel du 3e régiment de la garde royale et beaucoup de ses soldats la garde fit un mouvement rétrograde. Serré de trop près, le brave général de Lacroix fut blessé sur le Pont-Neuf d’un coup de lance. Le lancier fut abattu d’un coup de pistolet. Il ne cessa cependant de continuer à combattre à la tête des braves qui s’étaient replacés sous ses ordres. Il se trouva successivement aux attaques des Tuileries et du Louvre. Le soir, lorsque le feu cessait, il engageait à travailler aux barricades et abattis pour être prêts à une vigoureuse résistance. Le lendemain, il passait la nuit à la Bourse pour être averti en cas d’attaque […]. » Il signa le certificat suivant en faveur de plusieurs combattants : « Nous, soussignés, membres de la garde nationale de Paris et autres, certifions et attestons à tous ceux qu’il appartiendra que, dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, les sieurs Hippolyte, François, Pornay (voir ce nom), ancien officier des hussards, 9e régiment, maintenant grenadier au 4e bataillon, Ve légion, demeurant rue Carême-Prenant, n° 8, faubourg du Temple ; Edouard Meissner (voir ce nom), caporal à la 2e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion, rue de la Ferme-des-Mathurins, n° 25 ; Jean-Pierre Menten, ancien militaire, grenadier de la Ve légion, 4e bataillon, instructeur des grenadiers de sa compagnie, rue Carême-Prenant, n° 8, faubourg du Temple, se sont comportés avec le plus grand courage et une intrépidité remarquable dans les journées de Juillet. Ils méritent une mention honorable parmi les défenseurs de nos libertés. Le 27, au rassemblement devant l’hôtel Polignac, au ministère des Relations extérieures, invités à se retirer, ils persistèrent à ne pas abandonner leurs braves concitoyens et restèrent constamment pour suivre le mouvement populaire. Le 28, près de la porte Saint-Denis, l’affaire devenant très chaude, les anciens militaires reconnurent le brave général baron de Lacroix parmi la foule et se réunirent à lui. Il les forma sur-le-champ en division sous ses ordres, et exécuta des feux de section avec une telle précision et d’un tel effet qu’après avoir mis hors de combat le lieutenant-colonel du 3e régiment de la garde royale et beaucoup de ses soldats, la garde, serrée de trop près, fit un mouvement rétrograde. Pendant les trois mémorables journées, les trois dénommés ci-dessus n’ont cessé de combattre aux Tuileries et au Louvre ; dans les attaques, ils se réunirent de nouveau sans le général de Lacroix et contribuèrent vigoureusement au succès qui couronna le courage de nos braves jeunes gens. Leur zèle à travailler aux barricades mérite aussi les plus grands éloges et c’est avec plaisir que nous les recommandons à la reconnaissance nationale. » Il signa, le 29 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Desbant, Amand, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie et atteste que le sieur Amand Desbant, sous-lieutenant au 67e régiment d’infanterie de ligne à l’armée d’Afrique, se trouve porteur d’un certificat attestant sa conduite courageuse des trois journées de juillet 1830 [qui] est le même que le mien, signé par un grand nombre de combattants desdites journées, par suite desquelles je suis décoré, ce que ledit Desbans réclame et qu’il mérite sous tous les rapports la bienveillance du gouvernement. » Il mourut le 16 janvier 1840. Il est l’auteur des Souvenirs historiques du capitaine Krettly, ancien trompette major, parus chez Berlandier à Paris en 1839, et repris par les éditions du Nouveau Monde Editions, Fondation Napoléon, en 2003. Il demeurait 30, rue de Grenelle au Gros-Caillou vers 1808 ; à Sens (Yonne) en 1809 ; à Maubeuge, chez M. Alliet, receveur des contributions, en 1819 ; 25, rue Charlot en 1830-1832. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Krettely, Elie) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le nom de Krettely, Elie) ; Archives de Paris VD6 92 in dossier Gornay, Hypolite, François, idem in dossier Meisner, Edouard ; Archives de Paris VK3 43 in dossier Lacroix de, baron de Buegard ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement (sous le nom de Krettely, Elie) ; Archives nationales F/1dIII/82 (sous le nom de Krettly, Elie), et aussi lettre en date du 28 mai 1832 adressée au roi (qu’il semble bien signer Krettly) ; Archives nationales Cour des pairs CC/520, dossier 14 ; Archives de la préfecture de police AA 384 in dossier Desbant, Amand (il sgne bien Krettly) ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier C/0/61. Il est l’un des accusés du Bazar français.