Krouch, Jean-Baptiste

Biographie


Né le 23 janvier 1789 à Steige (mais à Saint-Martin dans son dossier à la Légion dhonneur) (Bas-Rhin), fils de Krouch, François. Ancien militaire ayant vingt-trois années de service et ayant reçu dix blessures, chevalier de la Légion d’honneur (mais seulement en 1831, selon son dossier à la Légion dhonneur), ouvrier fondeur en caractères. Il prit les armes les 27, 28 et 29 juillet et ne rentra que le 30, selon une fiche déposée à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il était indiqué comme appartenant à la garde nationale mobile. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il signa, le 3 août 1831, le certificat suivant en faveur de Souplet, Alexandre, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie que le sieur Souplet était avec moi au ministère des Affaires étrangères et qu’il s’est emparé d’un gendarme à cheval, qu’il a désarmé avec moi, dont il m’a aidé à conduire les chevaux chez M. Casimir Perier et que nous nous trouvâmes encore aux Tuileries ensemble. » Il reçut sa médaille le 15 juillet 1831, et son brevet le 16 août 1831. Il était alors employé sur les listes de la mairie. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 19 octobre 1831. Il signa la lettre envoyée, le 20 mai 1832, par Matis (voir Matis, Jean, Sébastien), délégué par les réclamants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement (voir Benard de Courtigis pour la Commission des réclamants), au ministre de l’Intérieur. Cette lettre reprenait certaines des réclamations que formulèrent des combattants de Juillet sur les répartitions qui furent faites des décorations, pensions et secours après la révolution. Elle présentait aussi les signataires, à la différence de beaucoup d’autres réclamants, comme des soutiens indéfectibles au trône de Louis-Philippe. Cette lettre était ainsi rédigée (la rédaction hasardeuse est respectée, N.D.A.) : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ont l’honneur de vous exposer que n’ayant point reçu de réponse à leur mémoire adressé unanimement par les membres de la Chambre des députés à M. le ministre de l’Intérieur (votre prédécesseur) (voir Benard de Courtigis sur l’envoi de la pétition de la Commission des réclamants à la Chambre des députés et son adoption à l’unanimité par celle-ci, N.D.A.), qui avait pour objet le mérite de leur réclamation appuyée par le droit qu’ils ont dans la loi sur les récompenses nationales, protestent avec le sentiment de l’indignation contre l’infâme conduite des intrigants, qui se précipitent dans toutes les révolutions où ils ne trouvent leur avenir que dans le meurtre et le pillage. Ils ne doutent pas que les ennemis de l’ordre et de la paix sont les causes immédiates du silence de l’autorité, qui s’est trouvée offensée que dans le travail qui lui a été présenté les noms de quelques-uns de ces vagabonds s’y trouvent insérés, comme ayant bravement combattu dans les trois jours. Les vrais combattants de Juillet éprouvent le besoin, monsieur le ministre, de repousser de leurs rangs ces perturbateurs et, par cette épuration, il ne sera présenté à l’autorité que les noms des combattants du (ancien) Xe arrondissement dont l’homogénéité de leurs principes et leurs opinions seront une garantie de leur dévouement pour le roi des Français. En conséquence, nous avons nommé et nommons M. Matis, rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, notre commissaire, afin de suivre devant l’autorité le mérite de nos réclamations, son attachement invariable au gouvernement et ses louables opinions étant bien connues, c’est à ces titres qu’il a toute notre confiance et qu’il mérite celle du gouvernement, que nous le prions de ne recevoir au bas de la présente que les signatures des combattants qui professent les opinions susmentionnées, comme étant à même par ses investigations pleines de jugement et de sagacité de pouvoir séparer l’ivraie du bon grain. D’après cette épuration, nous vous supplions, M. le ministre, de vouloir bien ordonner que tous les dossiers des signataires de la présente soient déposés entre les mains de M. le maire du (ancien) Xe arrondissement, où un commissaire nommé par le gouvernement appréciera tous les services que nous avons rendus qui ont été méconnus par la Commission des récompenses nationales, soit par erreur ou par omission. Ce préjudice a augmenté l’infortune des gens qui méritaient des secours viagers et l’affliction des autres de ce que la loi avait reconnu des catégories, dont on a fait un déplorable abus, les décorés de la médaille qui demandent la croix justifient par leurs dossiers qu’ils ont été plus longtemps exposés au feu de l’ennemi et blessés plus gravement dans la même affaire que ceux qui ont obtenu la croix. Nous demeurons dans la conviction la plus profonde, monsieur le ministre, que la Croix de Juillet ne peut être honorable que lorsqu’elle sera portée par le roi des Français et que son éclat ne peut être durable que lorsqu’elle sera donnée par son auguste main, qui daignera recevoir nos serments de fidélité, de courage et de dévouement qui entoureront le trône impérissable. » L’apostille suivante était placée au début de la lettre : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement, interprètes fidèles de leurs compagnons d’armes des autres arrondissements, qui comme eux combattirent franchement pour la Charte et le principe constitutionnel, désirent ardemment que Louis-Philippe, roi des Français qu’ils ont porté de leurs vœux sur le trône national, veuille bien daigner accepter l’ordre de la Croix de Juillet, qui ne peut avoir de mérite et d’éclat que sur la poitrine de l’auguste personne de Sa Majesté. » Il faisait partie de la Xe légion de la garde nationale en 1832. Il reçut, en 1833 à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à titre de décoré de Juillet. En 1834, n’ayant, jusque-là encore, jamais participé aux secours, mais sa femme tombée malade, il sollicita une aide. Le préfet de la Seine, en date du 14 novembre 1834, donnait sur son compte les renseignements qu’il n’avait jamais participé, sauf à l’occasion du premier anniversaire de la révolution, à aucun secours parce que « il pouvait, alors, s’en passer » et ajoutait : « […] Sa position n’est pas heureuse aujourd’hui. […] Il s’est mis depuis les événements à apprendre l’état de fondeur en caractères ; faute de savoir, il gagne peu encore et a de la peine à faire subsister sa femme, qui sort de l’hôpital Saint-Louis où elle est restée deux mois, et un enfant en bas âge. Malgré sa position très gênée, le sieur Krouch fait le service dans la garde nationale ; il passe pour un homme tranquille et on le croit digne de la bienveillance du gouvernement. » Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Il est marié et a un jeune enfant placé en nourrice. Sa femme est malade depuis le mois de février dernier ; elle se trouve en ce moment à l’hospice Saint-Louis. Le pétitionnaire n’a pour vivre que les ressources incertaines et bornées de son travail ; sa position est extrêmement gênée ; il va devoir trois termes de son loyer. C’est un ouvrier tranquille dont on dit beaucoup de bien sous tous les rapports. » Il reçut cent cinquante francs de secours. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de huit francs, en juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il était garde national à la 3e compagnie du 4e bataillon de la VIe légion. Il épousa, le 4 juin 1833 à Paris, Pizot, Marie, Chariton. Il mourut en 1861. Il demeurait 35, rue de la Ferme-des-Mathurins en 1830 ; 33, rue Plumet (aussi 35, rue Plumet )en 1831 ; 46, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie une petite chambre du prix annuel de cent vingt francs depuis un an en 1834. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 55 n° 5, mairie du (ancien) Ier arrondissement, gardes nationaux, fiche de domicile, rejetés parce qu’ils sont de la garde mobile ou des femmes (sous le nom de Kronch, Jean-Baptiste) ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement et aussi même référence une liste de remise des brevets accompagnant la médaille de Juillet, idem même référence Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat de répartition entre les décorés de Juillet de la somme de trois cent cinquante-neuf francs et quatre-vingt-quinze centimes mise à la disposition du maire du (ancien) Ier arrondissement, le 30 juillet 1834 ; Archives de Paris VK3 47 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Notin ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Pichon J.P. ; Archives nationales F/1dIII/82, lettre en date du 20 mai 1832 envoyée par Matis ; Archives de la préfecture de police AA 420, Préfecture de police, août 1833, Etat nominatif des brevets déposés à la caisse de la préfecture de police par MM. les décorés de Juillet qui ont reçu une gratification de vingt-cinq francs, lesquels brevets leur ont été rendus ainsi qu’il est justifié par les émargements des titulaires ; Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Souplet, Alexandre ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1409/58.

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