L’Escuyer, Hyacinthe
Biographie
Il donnait le récit suivant de sa participation aux événements de Juillet : « Le 29 juillet de 1 à 1 heure et demie après-midi, les soldats de l’ex-garde, placés en tirailleurs aux pieds des arbres de l’avenue Gabriel, exactement devant la maison dite des Colonnes, que j’habite, tiraient sur les citoyens qui débouchaient à tout moment de la rue de Matignon. Quand, de mes croisées, j’aperçus un de ces malheureux se traînant sur ses bras et genoux et traçant un chemin de sang, je n’hésitai pas un instant à le secourir, malgré le danger qu’il y avait à se montrer en face de la garde royale, qui pour un moment venait de se cantonner à peu de distance de ladite maison. Je m’approchai de lui et il me dit être blessé de quatre balles. Je le transportai à l’hôtel des Colonnes malgré les feux de pelotons que la garde dirigeait sur moi et en me poursuivant. Je fus assez heureux pour le mettre en sûreté et lui prodiguai les secours que la position où nous nous trouvions permettait. Il y était depuis une heure quand il expira. En effet, il ne pouvait survivre à ses blessures. Il avait la jambe, le talon, la clavicule cassés par trois balles et une quatrième, sous le sein gauche et qui l’aurait probablement tué sur le coup si une trousse de chirurgien, qu’il avait dans sa poche, n’eût de beaucoup amorti le coup. Cette trousse est chez moi. Sur mon attestation et celles des personnes de la maison des Colonnes, la femme du malheureux Alexandre Gallois, c’est ainsi qu’il s’appelait, vient d’obtenir des secours de votre commission. La quantité de balles dont l’empreinte est marquée sur ladite maison et la seule qui lui soit contiguë prouve que leurs directions n’avaient d’autre but que de m’atteindre. Comme tous les bons citoyens, j’aurai des droits à votre justice. » Il demeurait hôtel des Colonnes dans l’avenue Marigny en 1830. Archives de Paris VK3 47. Voir Kalitowitsch, Joseph et Lecuyer, Augustin, Félix.