L’Hopital de, Alexis, Soulange

Biographie


Né vers 1782. Ancien militaire de l’Empire, décoré de la Légion d’honneur à Austerlitz, il totalisait quinze années de service et dix-sept blessures. Il fut blessé en juillet 1830. Janiau, ancien officier d’infanterie, capitaine à la IIIe légion de la garde nationale de banlieue (canton de Sceaux), témoigna ainsi dans Le Moniteur universel du 28 juin 1832, sur la participation que L’Hopital prit à la répression de l’émeute et comment il avait sauvé la vie à un capitaine, un sergent et quatre grenadiers de la garde nationale : « Permettez-moi, Monsieur, de me servir de la voie de votre estimable journal pour témoigner tous mes sentiments de gratitude et de reconnaissance à un brave officier de l’ancienne armée, auquel moi et plusieurs de mes soldats doivent la vie. Dans la journée du 6 juin, nous étions tombés au pouvoir des révoltés et nous allions être massacrés, lorsque M. Alexis de L’Hopital, ancien officier de cavalerie et membre de la Légion d’honneur, s’est élancé au milieu d’eux et, quoique sans armes, est parvenu à nous arracher de leurs mains, après avoir comme par miracle échappé à un coup de pistolet dirigé sur sa poitrine. Non content de cette action, il nous a conduits à l’hôtel de ville, à travers mille dangers ; il n’a cessé pendant toute la journée d’exposer sa vie pour la cause du Gouvernement et des lois. » L’Hopital lui-même prétendait avoir fourni « d’utiles indications au lieutenant-colonel du 3e régiment d’infanterie légère » ; il fut blessé pendant les événements et réclama à plusieurs reprises l’indemnité que le gouvernement accordait « aux gardes nationaux et aux citoyens blessés en combattant les factieux ». Il reçut un secours de deux cent cinquante francs en 1832, comme blessé de juin 1832 et de cent cinquante francs en 1833, pour les mêmes motifs. En 1834, il est nommé conservateur au cimetière du Montparnasse, poste aux appointements de mille deux cents francs par an, plus environ deux mille sept cents francs de gratifications diverses (neuf francs par exhumation par exemple). Il continua cependant de solliciter et demanda entre autres un secours pour aller prendre les eaux, comme le lui prescrivaient les médecins, puis se plaignit que son emploi lui demandait beaucoup de fatigue et de force et qu’il ne pouvait s’en acquitter vu son état de santé précaire depuis sa blessure des journées de juin 1832 (un anévrisme du cœur résultant de violentes contusions reçues dans la poitrine). A l’occasion d’une nouvelle demande de secours, une note de la préfecture de police trouvait « d’autant plus étrange son insistance auprès du gouvernement qu’il n’a à supporter aucune charge de famille ». Il reçut un secours de trois cents francs en 1838. Il fut brusquement révoqué de sa place de conservateur à la suite de la révolution de Février et peut-être par Marrast, maire de Paris. Le 13 janvier 1849, il sollicita, pour ses blessures de juin 1832, une pension viagère et un secours immédiat dans l’attente de cette dernière, mais elle lui est refusée car il ne faisait pas partie de la garde nationale ; cependant un secours de cent cinquante francs lui fut versé. Il reçut un secours de cent cinquante francs en 1850. A l’arrivée au pouvoir de Napoléon III, il redoubla ses efforts pour obtenir des gratifications. L’Empereur lui fut présenté, à l’occasion de son passage dans la ville de Beauvais, où L’Hopital s’était retiré ; Napoléon lui accorda un bureau de tabac, que L’Hopital mit en gérance, et la décoration d’officier de la Légion d’honneur. En 1852, la préfecture de l’Oise le présentait comme s’étant distingué « dans les journées de juin 1832 et plus tard lors de l’échauffourée de Barbés ». Il reçut un secours de cent cinquante francs en 1852 et en 1853, de la même somme en 1854. Il prétendait en 1854 avoir reçu cinq cents francs tous les ans du ministre Duchâtel, sans que cette somme apparût dans aucune comptabilité et sans qu’elle fût soumise à sa signature. Il reçut un secours de cent cinquante francs et un autre de cent francs en 1855, de cent cinquante francs en 1856, en 1857, en 1858, en 1859, de deux cents francs en 1860, de cent cinquante francs en 1861 et de la même somme en 1863. Il demeurait peut-être 16, rue des Fossés-Saint-Germain en 1833 ; à Clamart (Seine) en 1833 ; à Triel près de Poissy (Seine-et-Oise) en 1834 ; barrière Montparnasse au cimetière du Sud en 1834 ; à Montreuil-sur-Brèche (Oise) en 1849 ; à Saint-Lucien près de Beauvais (Oise) en 1852-1853 ; à Beauvais en 1856-1863. Moniteur universel 28 juin 1832 ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’autoriser sur le crédit ouvert au chapitre 6 du budget de 1852, l’ordonnancement d’une somme de 745 francs, pour être répartie, à titre de secours, entre huit victimes de juillet 1830 domiciliés dans divers départements,  minutes 230-231, en date du 30 juillet 1852. Son nom n’est pas dans la base leonore de la Légion d’honneur…

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