La Corbière
Biographie
Docteur en médecine. Il adressa la lettre suivante au général Fabvier, président de la Commission des récompenses nationales : « Monsieur le général,
»La lecture de votre lettre (rédigée collectivement avec vos honorables collègues de la Commission des récompenses nationales) à la commission de la Chambre des députés, chargée du rapport de votre travail me porte aujourd’hui à une démarche à laquelle je n’avais pu me résoudre jusqu’à ce jour.
»Comme tant d’autres, j’ai fait mon devoir aux grandes journées ! Mais j’avais toujours éprouvé de la répugnance à demander la récompense de l’accomplissement d’un devoir. Cependant, sentant qu’il ne faut pas confondre le noble orgueil avec la sotte vanité, qui fait courir l’ambitieux après les distinctions et hochets de tout genre ; stimulé par ceux qui ont été témoins de ce que j’ai pu faire pour la patrie et la liberté, et déterminé, je le répète général, par la lecture de votre lettre, où vous dites “que plus de douze cents demandes (pour l’obtention de la décoration nationale) ont déjà été faites”, je viens, persuadé que je pourrais sans partialité être compris dans ce nombre, vous exposer mes titres à cette faveur insigne. Si pendant nos immortelles journées avoir partagé les instants entre le champ de bataille et les secours aux blessés ; si avoir tué ou blessé l’ennemi et avoir été blessé, quoique légèrement, moi-même ; si m’être fait inscrire l’un des premiers (le 1er août) sur les contrôles de la garde nationale ; enfin si avoir toujours été le même : carbonari pendant ma jeunesse et mes études et franc-maçon quelque temps avant notre révolution (j’ai eu l’honneur de vous adresser, général, il y a quelques jours, mon discours de réception aux illisible, discours dans lequel j’ai fait preuve, en prenant alors la liberté pour texte, sinon de talent du moins de quelque courage) ; si, dis-je, Général ces faits (qui, au besoin, seraient constatées par toutes les personnes de la maison et par beaucoup d’autres du quartier que j’habite. De plus, par celles avec qui j’ai combattu et enfin par Mme la comtesse Colaud (bd Montmartre n° 16) veuve de l’illustre générale de ce nom, qui eut la bonté de m’armer d’une carabine à feu M. Colaud) peuvent mériter la récompense que j’ambitionne, j’ose espérer que vous vous ferez un plaisir de me classer parmi les soldats citoyens de Juillet. Agréez, Monsieur, etc.
»P.S. Si ma demande avait besoin d’être apostillée, veuillez, Général, avoir la bonté de m’en avertir, je me hâterai de remplir cette formalité. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Lacorbière sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il demeurait 48, rue Neuve-des-Petits-Champs en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement. Il y a un La Corbière (Benneiche de), décoré de Juillet, docteur médecin, membre de plusieurs sociétés savantes, demeurant 23, rue Neuve-Saint-Augustin en 1835 in Almanach des 25000 adresses des principaux habitants de Paris pour l’année 1835, contenant les noms et demeures de tout ce que Paris renferme de personnes distinguées par leur rang ou par leurs fonctions… 21e édition, Dulac, Paris, chez Panckoucke éditeurs. Je ne l’ai pas trouvé dans aucun des annuaires de médecins in VD4 11… Il y a aussi dans internet un Jean-Baptiste Beunaiche de la Corbiere, président de la Société Phrénologique.