Labbey de Pompières, Guillaume, Xavier
Biographie
Né le 3 mai 1751 à Besançon (Doubs). Député. On trouve dans le récit que fait Leonel de Laubespin, élève de l’Ecole polytechnique, de sa propre participation à la révolution de Juillet, les faits suivants qui donnent des informations sur la conduite de Labbey de Pompières : « […] Le 27 au soir, je pris part à l’enthousiasme de mes camarades qui voulaient sortir dans Paris. Nous envoyâmes quatre d’entre nous aux nouvelles. Ils ne rentrèrent pas. Notre anxiété était grande. Mes camarades, pour en sortir, envoyèrent quatre autres élèves aux nouvelles. Je fus un des quatre députés. A 3 heures du matin, j’allais avec Fabre chez Odillon-Barrot, chez M. Labbey de Pompières et chez le général Lafayette. Nous leur offrîmes les services de l’Ecole. Après avoir reçu leurs conseils et le peu de renseignements qu’ils possédaient alors, je rentrai à 6 heures du matin. D’après l’avis de ces messieurs, nous restâmes à l’Ecole mais les événements marchaient plus vite qu’ils ne pouvaient l’imaginer. On vint nous chercher vers les 10 heures […]. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il mourut le 14 mai 1831. La mention suivante est inscrite par le maire de l’arrondissement sur le registre des décorés de la Croix de Juillet : « Monsieur le président du conseil des ministres m’ayant verbalement autorisé à déposer la Croix de Juillet sur la dépouille mortelle de l’honorable Labbey de Pompières, j’ai remis cette décoration et son brevet à la famille du défunt. » Le Bulletin de Paris de préfecture de police rapportait dans ces termes la cérémonie des obsèques du député : « La cérémonie funèbre des obsèques du vénérable Labbey de Pompières a eu lieu aujourd’hui. Sa dépouille mortelle, portée jusqu’à sa dernière demeure par des combattants de Juillet et des élèves des écoles était suivie d’un nombreux cortège de citoyens de tous âges et de tous rangs. Un recueillement religieux, expression des regrets sincères accordés à la mémoire du défunt, était peint sur toutes les figures. Plusieurs discours ont été prononcés sur sa tombe, dans lesquels la voix éloquente de l’amitié a su rendre hommage à ses talents et à ses vertus. » Plus inconvenant, le journal L’Ami de la religion et du roi, journal politique, ecclésiastique et littéraire, commentait ainsi la mort de Labbey de Pompières : « Selon les docteurs de la révolution de juillet, M. Labbey de Pompières est mort d'un chagrin politique, ou, pour mieux dire, d'une espérance rentrée. Ils prétendent que c’est une maladie toute pareille à celle qui a emporté M. Benjamin Constant. L'inexécution du programme de l’Hôtel-de-Ville est la cause qu'on assigne généralement à ce genre de mort. Du reste, on s’accorde à le regarder comme très honorable, parce qu'il n’est donné qu’aux âmes sensibles et fortement éprises de l’amour de la patrie, de prendre les choses si à cœur, et de vouloir toute la révolution de juillet au point d’en mourir à la peine. A la bonne heure, mais voilà des exemples de désespoir qui se multiplient d'une manière alarmante ; et qui peut dire ce qui arrivera, si le programme de l’Hôtel-de-Ville continue de faire des ravages pareils ? Prenons-y garde ; c'est une maladie capable d’emporter ce qu’il y a de meilleur dans le personnel de la glorieuse révolution, et qui peut devenir le choléra-morbus des patriotes de juillet. » Sa petite-fille était mariée à Odilon-Barrot (voir Odilon-Barrot, Camille, Hyacinthe). Labbey de Pompières demeurait 2, rue de Louvois en 1830. Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives nationales F/7/12329, préfecture de police, Bulletin de Paris du 16 mai 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 394 in dossier Janniard, Hubert (où il est indiqué comme ayant remis les pièces de ce dernier à Audry de Puyraveau, vice-président de la Commission de la Commission des récompenses nationales) ; L’Ami de la religion et du roi, journal politique, ecclésiastique et littéraire, tome 62, p. 108, Paris, 17 mai 1831.