Laborde, Etienne

Biographie


Né le 4 décembre 1782 à Carcassonne (Aude), fils de Laborde, Jean, greffier à l’hôtel de ville, et de Menot, Jeanne, Marie, son épouse. Ancien officier supérieur au bataillon de la vieille garde de l’île d’Elbe. Lieutenant de grenadiers dans le 85e de ligne, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 10 août 1812 ; lieutenant en premier au 2e régiment de chasseurs de la garde impériale, il fut nommé officier de la Légion d’honneur le 21 février 1814 ; en 1814, il était capitaine adjudant-major au 2e régiment de chasseurs à pied de la garde impériale ; il était lieutenant-colonel le 13 avril 1815, commandant de la 10e compagnie des sous-officiers vétérans. Il adressa, le 10 décembre 1831, la lettre suivante au préfet de l’Orne (voir Clogenson) : « Mon cher et bon préfet, j’ai reçu en son temps votre aimable lettre, à laquelle était joint le certificat constatant ma conduite aux événements de Juillet ; je vous remercie de la justice que vous m’avez rendue. Je reçois à l’instant une lettre d’un ami de Paris, qui a fait partie du comité des récompenses nationales. Il m’annonce que le comité est dissout, que mes pièces ainsi que celles de M. Fontemoing (voir ce nom) sont entre les mains du ministre de l’Intérieur, chargé de faire les nominations pour les départements, et qu’une lettre de votre part à ce ministre assurerait notre nomination ; je compte sur vous et je suis convaincu que vous ne perdrez pas un instant pour remplir ce préalable, afin de nous faire obtenir la Croix de Juillet, que nous avons gagnée. Il est encore deux braves que je vous recommande pour l’obtention de cette décoration : ce sont messieurs Pottier et Leguerney je tiens ce dernier pour le brave des braves. Je vous connais et suis persuadé que vous nous ferez obtenir la décoration qui nous liera à tout jamais à la France et à la dynastie de Louis-Philippe. Agréez etc. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, délivré par le préfet de Maine-et-Loire en date du 2 décembre 1831, qui attestait que « cet officier recommandable par ses anciens et honorables services est à Angers depuis près d’un an, qu’il regrette vivement que les circonstances ne lui aient pas fourni l’occasion d’ajouter de nouveaux titres à ceux qu’il a déjà à la bienveillance du gouvernement ». Le deuxième, signé du préfet de l’Orne, Clogenson (voir ce nom), en date du 15 décembre 1830 et ainsi rédigé : « Le préfet de l’Orne certifie que M. Laborde, Etienne, chef de bataillon, commandant la 10e compagnie de sous-officiers sédentaires à Alençon, s’est distingué parmi les meilleurs citoyens de cette ville, à la fin de juillet 1830 ; que, le 31 du même mois, il a arboré le drapeau tricolore à la tête de sa compagnie, plusieurs heures avant l’arrivée du courrier porteur de ces nobles couleurs ; qu’il a concouru avec M. Pottier, aujourd’hui commandant de la gendarmerie à Alençon, à faire évacuer la préfecture à M. Kersaint, préfet nommé par M. de Polignac ; que le 1er août, quand rien ne paraissait encore entièrement décidé en faveur de la liberté constitutionnelle, M. Laborde est parti d’Alençon avec sa compagnie et une centaine de jeunes gens d’Alençon, pour aller au secours de Paris ; que cet excellent officier a contribué également du 10 au 15 août à hâter la fuite de l’ex roi Charles X et qu’il a montré le plus grand zèle et la plus grande bravoure en toutes ces occasions. D’après toutes ces considérations, le préfet de l’Orne soussigné verrait avec plus grand plaisir M. Laborde recevoir la décoration de juillet, soit que l’on rende justice à sa conduite lorsque il s’est rendu à Paris soit qu’on ait égard à celle qu’il a tenue à Alençon, si l’on accorde des récompenses de cette nature dans les départements et notamment en celui de l’Orne où l’on a manifesté tant de zèle pour le gouvernement actuel et tant d’horreur contre la dynastie parjure. » Signé : Clogenson (voir ce nom), préfet de l’Orne. Le 26 décembre 1831, Clogenson, préfet de l’Orne, dans une lettre adressée au ministre, suite aux délibérations de la commission municipale formée dans le chef-lieu du département de l’Orne pour apprécier les droits des citoyens de ce département aux récompenses nationales, rajoutait au sujet de Laborde : « Je crois devoir joindre aux cinq réclamations que j’ai l’honneur de renvoyer à Monsieur le ministre une lettre de M. Laborde, aujourd’hui lieutenant-colonel du 41e régiment en garnison à Angers. Cet officier commandait, en juillet et août 1830, les vétérans sous-officiers (10e compagnie) qui partirent d’Alençon le 1er août avec des gardes nationaux, pour aller au secours des Parisiens. J’ai déjà eu l’occasion de le citer à Monsieur le ministre dans une lettre du 30 novembre dernier, relative à M. Pottier. Au surplus et comme il faut tout dire, si la commission eût eu à se prononcer sur une réclamation de M. Laborde, je suis certain qu’elle se fût bornée à une mention honorable, sans le présenter au gouvernement comme devant recevoir la décoration de juillet, comme M. Pottier. »Réunie le 29 février 1832, à la préfecture de l’Orne, la Commission pour ce département tint les conclusions suivantes : « […] Considérant que M. Laborde, qui était à Paris pendant les trois mémorables journées de Juillet, est arrivé à Alençon dans la soirée du 31 du même mois ; que, dans la nuit du 31 juillet au 1er août, il fut chargé de porter à un détachement du 32e régiment de ligne, qui se rendait de Pré-en-Pail (Mayenne) à Alençon, l’ordre de rétrograder et que cette mission fut par lui ponctuellement remplie ; que, le dimanche 1er août, avant l’arrivée de la malle-poste, il fit arborer les couleurs nationales par les sous-officiers sédentaires qu’ils commandaient alors ; qu’il se rendit ensuite sur la place d’armes, à la tête de sa compagnie et qu’il excita l’élan des habitants qui étaient réunis en grand nombre sur cette place et était déjà animés des sentiments les plus patriotiques ; que, le même jour, M. Laborde, accompagna M. Pottier, maintenant officier de gendarmerie, lorsque celui-ci somma M. de Kersaint, alors préfet de ce département, de quitter la préfecture ; que, le soir du même jour, il partit à la tête de sa compagnie et d’un grand nombre de jeunes gens de la ville, pour aller offrir des secours aux Parisiens s’ils en avaient besoin ; qu’il est certain que M. Laborde a montré, comme beaucoup de citoyens de la ville d’Alençon, un grand dévouement à la cause nationale pendant le séjour de vingt-six heures qu’il a fait en cette ville du 31 juillet au 1er août 1830 ; mais, à cette époque, il devait connaître le résultat des événements, puisqu’il arrivait de Paris ; que la commission, n’ayant aucun renseignement sur la conduite qu’a tenue M. Laborde dans la capitale pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet, ne peut prendre une décision positive sur sa réclamation ; en conséquence la commission estime qu’il n’y a lieu de lui accorder la décoration qu’il sollicite qu’autant qu’il justifiera qu’il a contribué pendant son séjour à Paris au triomphe de la cause nationale. » Ayant eu connaissance de la décision de la commission, il adressa, le 7 février 1832, la protestation suivante au ministre de l’Intérieur : « Chef de bataillon, commandant la 10e compagnie de sous-officiers sédentaires stationnée à Alençon aux glorieux événements de juillet 1830, j’ai pris sur moi à la tête de ma compagnie, avant l’arrivée du courrier qui portait les couleurs nationales, de les arborer, de chasser M. de Kersaint, préfet de Polignac, et de marcher au secours de Paris, à la tête de ma compagnie et de quelques volontaires d’Alençon. Arrivé à Paris, le ministre de la Guerre m’a fait remettre par Monsieur le lieutenant-général Baudraud, aide de camp du prince, l’ordre de hâter et de protéger avec ma compagnie le voyage de Charles X, ce que j’ai fait jusqu’à Saint-Lô. Je croyais pour cela avoir mérité la Croix de Juillet. Je reçois l’avis que la commission municipale d’Alençon ne l’a pas jugé ainsi ; mais je soutiens que c’est une infamie car moi seul ait montré dans cette affaire que je ne craignais pas de perdre la vie pour la cause de la liberté, et les flatteurs seuls et les absents ont été récompensés. Je dois défendre mes droits et réclamer justice. Tôt ou tard elle doit avoir son cours. C’est pour cela que je vous remets, ci-joint, copie du certificat que m’a délivré le préfet de l’Orne, le 10 décembre 1830, et dont l’original est dans vos bureaux, et copie de l’avis de la commission municipale d’Alençon, en date du 26 décembre 1831. Vous verrez la contradiction manifeste qui existe dans ces pièces et vous direz, en me rendant justice, que les flatteurs de 1832 ne sont pas les héros de 1830 ! J’attends tout de votre justice et suis avec respect, etc. » En 1831, il était lieutenant-colonel au 41e régiment de ligne. Lieutenant-colonel en retraite, commandant du palais de Saint-Cloud, représentant du peuple, il fut nommé commandeur de la Légion d’honneur le 15 août 1849. Il mourut le 30 juillet 1865. Nous empruntons au Dictionnaire des parlementaires de Robert et Cougny la notice biographique qui lui est consacrée et ainsi rédigée : « Représentant en 1849, né à Carcassonne (Généralité de Toulouse) le 3 décembre 1782, mort à Paris (Seine) le 31 juillet 1865, il s’enrôla dans un régiment d’infanterie, devint lieutenant en 1811, capitaine en 1813, et fit les campagnes d’Allemagne et de Russie, où il fut deux fois blessé. Lieutenant aux chasseurs à pied de la garde (17 juillet 1813), il se distingua dans la campagne de France, fut nommé (8 mars) capitaine adjudant major, et conserva ce grade en accompagnant Napoléon à l’île d’Elbe. Le 13 avril 1815, l’empereur le nomma chef de bataillon aux chasseurs à pied de la garde ; il assista à la bataille de Waterloo et fut, à la Restauration, relégué avec le grade de capitaine dans les compagnies sédentaires. Nommé lieutenant-colonel du 45e de ligne en 1830, il prit part à la campagne de Belgique et au siège d’Anvers, eut ensuite le commandement de la place de Cambrai, et fut admis à la retraite en 1838. Dévoué au parti bonapartiste, il prit part à la tentative de Boulogne en 1840 et fut condamné par la Cour des pairs à deux années d’emprisonnement qu’il obtint la permission de subir à Chaillot, dans une maison de santé. Après avoir échoué, en 1848, aux élections pour l’Assemblée constituante, il fut élu, le 13 mai 1849, représentant de la Charente-Inférieure à l’Assemblée législative, le 8e sur 10, par 33.121 voix (90.799 votants et 142.041 inscrits), Il prit place dans les rangs de la majorité hostile aux institutions républicaines, vota constamment avec elle et fut nommé gouverneur du palais du Luxembourg après le coup d’Etat du 2 décembre 1851. Chevalier de la Légion d’honneur en 1812, officier en 1814, il fut promu, en 1849, au rang de commandeur. On a de lui, sous le titre de Napoléon et sa garde, une relation assez curieuse du voyage de Fontainebleau à l’île d’Elbe, du séjour de l’empereur dans cette île, et de son retour en France. » Il demeurait à Douai et à Douai en 1817 ; à Segré (Maine-et-Loire) en 1832. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Orne ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1416/29.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.