Lacaine, Eugène

Biographie


Né le 27 juin 1803 à Rouen (Seine-Maritime). Négociant. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il sollicita, en 1834, des secours et une place de comptable ou d’administrateur, précisant : « Le gouvernement n’a aucun reproche à m’adresser. Mon nom n’a jamais figuré dans aucune association politique. Je suis toujours resté ami du gouvernement. J’ai toujours fait mon devoir quand l’occasion s’est présentée de porter main forte au gouvernement. » Il donnait ainsi comme indication sur sa vie et sur sa participation aux combats : « Livré fort jeune au commerce maritime, je fis une fortune rapide. Retiré des affaires à 25 ans, je devins propriétaire du domaine de Merlange et du grand parc de Courbeton. Ayant découvert dans ces propriétés une mine de terre à faïence blanche, je traitai avec M. de Saint-Cricq propriétaire de la manufacture de faïence de Montereau pour une somme annuelle, en me réservant toutefois la terre à tuile. Pour utiliser cette terre, je fis construire des fours à tuiles. C’est ce qui fit mon malheur. Comme c’était l’industrie du pays, mes fours, une fois construits et prêts à cuire et plein de marchandises, furent détruits à trois fois différentes par la malveillance. Je fus ruiné en l’espace de neuf mois et fus forcé ce vendre les deux propriétés que j’avais. Pressé d’argent, je les vendis avec peine. Je me retirai à Paris avec les petits débris de ma fortune, quand survinrent les journées de Juillet. Mon frère et moi y prîmes une part active. Mon frère fut blessé au bras à la prise du Louvre. Nous nous trouvâmes à trois affaires différentes. Nous reçûmes pour toute récompense la décoration. Depuis cette époque le défaut d’affaires et les pertes que j’ai éprouvées m’ont placé dans la plus grande gêne. » Le préfet de la Seine donna, en date du 9 décembre 1834, sur son compte les renseignements suivants : « […] Possédait il y a quelques années un capital de cent cinquante mille francs, […] par suite de mauvaises affaires dans un établissement de tuileries qu’il avait formé, il s’est vu forcé de venir à Paris chercher des ressources dans le commerce des vins. […] Mais les résultats n’ont pas répondu ni à ce qu’il devait attendre ni à ce que lui méritait une conduite honorable. Aujourd’hui ses ressources pécuniaires sont presque épuisées ; il vit chez le beau-père de sa femme, qui l’emploie moyennant une faible rétribution. La femme, de son côté, cherche à adoucir la position gênée où se trouve réduit ce ménage, en enluminant de temps à autre des gravures. Ils n’ont point d’enfant. » Le préfet de police, quant à lui, précisait : « Très bien noté sous le rapport de la conduite et de la moralité. Il ne s’est jamais mêlé à aucune intrigue politique. Sa position pécuniaire est assez gênée et il n’existe que par le produit du travail de sa femme, qui est lingère. » Il reçut cent francs de secours en 1835. Il demeurait 13, rue de Montmorency en 1830-1831 ; 30, rue Mazarine en 1834-1835. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Faria ; Archives nationales F/1dIII/60 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet, 1831-1835.

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