Lacombe, Pierre, Joseph, Daniel
Biographie
Né le 24 septembre 1806 à Niort (Deux-Sèvres). Relieur (mais sous-officier in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé, peu fiable). Il fut blessé à l’oreille gauche par une arme à feu. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il reçut, après la révolution, un total de quatre-vingts francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il fut conduit à Sainte-Pélagie, le 6 juillet 1833, pour complot et libéré le 25 du même mois ; le 31 juillet 1833 pour complot et acquitté par la cour d’assises le 22 décembre 1833 ; le 18 avril 1834 pour complot et renvoyé le 25 octobre par la Cour des pairs ; le 29 avril 1836 pour complot et association et libéré le 25 juin. Un rapport de police dit de lui : « [...] Noté depuis longtemps comme un républicain dangereux. Il était du nombre des commissaires de la Société des Droits de l’Homme qui ont été arrêtés, le 28 juillet 1833, sous l’inculpation de complot contre la sûreté de l’Etat. On a saisi à son domicile un ordre du jour, daté du 27 juillet 1833, écrit en entier de la main de Raspail, des écrits séditieux, de la poudre, du plomb et un moule à balles. Il a avoué s’être servi de ce moule le 27 juillet. [1830 ? Traduit devant les assises, il sera acquitté, N. D. A.]. Au mois de mars 1834, Lacombe est devenu membre de la société d’action. Il a été arrêté aux troubles d’avril 1834. Il était à la tête de quelques hommes dans les barricades de la rue Beaubourg et autres, et on le comptait parmi les plus intrépides combattants dans ces troubles. Enfin, en février 1835, Lacombe, sorti depuis peu de Sainte-Pélagie à cette époque, a été signalé comme s’occupant de la publication d’une série d’ouvrages démocratiques destinés à émouvoir les ouvriers, entre autres Le Catéchisme de l’homme libre mais Chevet, étudiant en Droit, et lui associés pour cette publication manquaient de fonds pour les commencer. » Il fut de nouveau inquiété dans l’affaire Fieschi : « C’est par ces antécédents que Lacombe a été signalé à la justice. Le 29 juillet, il a été arrêté. Une perquisition a été faite à son domicile; mais cette opération n’a été suivie d’aucun résultat. Lacombe a rendu compte, dans son interrogatoire, de l’emploi de son temps pendant la journée du 28 juillet dernier. Il avoue s’être trouvé ce jour-là sur le boulevard du Temple; mais il prétend qu’il n’y a été qu’après l’événement. Aucune circonstance ne le rattachant à l’attentat de ce jour, il a été remis en liberté. » Interrogé, il dit être sorti de La Force, il y a huit mois, après cinq mois de préventive et avoir fait partie de la Société des Droits de l’Homme dans le commencement mais ne plus en faire partie. Gabriel Chaveau, condamné dans l’affaire du complot de Neuilly, dit revenir de chez lui, le 26 juin 1835 quand il manqua de se faire arrêter. Il fut arrêté pour association et complot, le 29 avril 1836, libéré le 25 juin suivant. Il fut arrêté le 14 juillet 1839, pour intrigues politiques ; une perquisition faite à son domicile permit de saisir le portrait d’un condamné politique. Le 16 juillet 1839, il fut de nouveau poursuivi pour association et renvoyé le 30 par la 8e chambre. En 1845, il rédigea une demande de secours adressée au ministère, terminée ainsi : « Je ne dois pas vous dissimuler, monsieur le ministre, que mes opinions politiques ont différé pendant un certain temps de celles de la majorité des Français, mais depuis bien des années je suis resté étranger à tout ce qui ne concernait pas mes travaux. Aussi, ai-je lieu de croire que pour une cause déjà ancienne, ma demande ne sera point écartée. » Un rapport de police précisa à son sujet, cette année-là : « Il vit maintenant fort retiré et il s’occupe exclusivement de son état de relieur. On croit qu’il se trouve dans une position assez nécessiteuse car il paie difficilement son loyer, sur lequel il doit, dit-on, plusieurs termes. Il vit maritalement avec une femme dont il a trois jeunes enfants. » Il reçut un secours de cinquante francs. En 1848, il avait une femme malade, trois enfants et se disait « dans une position plus que gênée. » Il toucha alors un secours de quarante francs. En 1849, « sans travaux depuis un an », il sollicita un nouveau secours. Un rapport de police dit de lui qu’il est « dans une position d’autant plus digne d’intérêt que, par sa conduite, sa moralité et la douceur de son caractère il a su se concilier l’estime de tous les honnêtes gens. Il est républicain avancé mais homme d’ordre avant tout. Bons renseignements sous tous les rapports ». Il reçut cinquante francs de secours pour l’année 1850, à titre de médaillé de Juillet. En 1851, se présentant comme étant dans une « position plus que gênée », il toucha de nouveau un secours de cinquante francs. En 1852, les mêmes sources administratives rapportaient qu’il tenait une laiterie, 75, rue Quincampoix et qu’il était « […] de bonne vie et mœurs sous tous les rapports […], digne de la bienveillance de l’autorité ». Il reçut un secours de cinquante francs chaque année entre 1852 et 1855. En 1856, sa fiche de police dit : « Lacombe est ouvrier relieur ; il gagne 3,50 francs par jour, il est âgé de cinquante ans, il est marié et a trois enfants. Depuis sept ans, il demeure rue Quincampoix, n° 75 ; il occupe une boutique et arrière-boutique, plus une chambre au premier. Dans ce local, sa femme tient un commerce de lait, qui est assez étendu. Il a 1.200 francs de loyer, qu’il paie régulièrement. L’aînée de ses enfants, qui est une fille âgée de vingt-deux ans, s’occupe avec sa mère. Ses autres enfants sont une fille de treize ans, qui est en pension, et une autre de onze ans, qui va à l’école. L’intérieur du local annonce l’aisance. Ils ont le confortable. Lacombe est décoré de Juillet. Dans son quartier, il passe pour un honnête homme mais n’ayant nul besoin de secours. Il dit avoir touché 50 francs l’année dernière. » Sa demande fut ajournée pour cette année et apostillée ainsi : « Il n’est pas dans le besoin, rien à faire. » Lacombe demeurait 108, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1830 ; 26, rue Sainte-Avoye (mais 28, rue Sainte-Avoye in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé, peu fiable) en 1831 ; 98, rue Saint-Denis en 1833 ; 12, cloître Saint-Merri au 3e étage en 1835 ; 15, rue du Cloître-Saint-Benoît en 1839 ; 56, rue de la Verrerie en 1845 ; 30, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie de 1848 à 1849 ; 33, rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1850 ; 75, rue Quincampoix de 1849 à 1856. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/60 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 8-9 état des blessés non classés et de la 1re classe, CC 680 dossier Lacombe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 43 et minute 46 ; Attentat du 28 juillet 1835, Cour des pairs, volume 1, Paris, 1836, p. 352 ; la Gazette des tribunaux, 8 et 9 mars 1836 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73 (sous le nom de Lacombe, Daniel, Joseph, Pierre) ; Archives de la préfecture de police AA 369, rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minute 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Lacombe, Daniel, Joseph, Pierre), idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 sous le nom de Lacombe, Daniel, Pierre, Joseph) ; Archives de la préfecture de police AA 425, soulèvement républicain des 12 et 13 mai 1839 ; l’Epopée des régicides. Passions et Drames. 1814-1848, Louessard l’Insomniaque, Paris, 2000.