Lacroix
Biographie
Médaillé de Juillet (c’est lequel ?), il écrivait dans ces termes au ministre de l’Intérieur en date du 24 juillet 1840 : « J’ai l’honneur de vous exposer que, par suite de la décision de monsieur le préfet de police, je suis sans place depuis huit mois, ce qui me met dans une position critique dont votre impartialité, j’ose le croire, ne voudra pas que je devienne victime. M. le préfet de police ne saurait avoir contre moi d’autre grief que celui d’une démarche irréfléchie sans doute mais dictée par le désir sincère qui m’a toujours animé d’être utile à son administration. Huit mois de suppression d’un traitement de trois cents francs par mois m’en ont assez puni pour que je puisse espérer que vous serez assez indulgent pour appuyer une demande que j’ai formée près de la Maison du roi à l’effet d’obtenir d’être réintégré dans l’emploi que j’avais à l’administration des Douanes avant et pendant les premiers mois de la révolution de Juillet, qui m’a trouvé le premier sur la brèche, ainsi qu’en fait foi la décoration que j’ai reçue à cette époque. Je n’ai quitté ma place à la Douane, où je l’avais conquise après un long et pénible surnumérariat que pour servir plus activement et plus utilement le nouveau gouvernement, aujourd’hui que mes services en ce genre sont refusés par une décision que je dois respecter, je redemande mon ancien titre. Déjà, monsieur le ministre, sur la communication qui vous a été faite de cette demande, vous avez daigné la renvoyer à monsieur le ministre des Finances, qui l’a transmise à la date du 18 juin dernier à monsieur le directeur des Douanes. Daignerez-vous, monsieur le ministre, après une enquête préalable auprès de monsieur le préfet de police, enquête que je suis loin de redouter, compléter cette faveur par une apostille qui donne plus de force encore à une réclamation que je crois juste. Je suis un enfant de Juillet. J’ai fait tout ce que mes faibles moyens me permettaient de faire pour dévoiler les odieux projets de ses ennemis, le jour, la nuit, partout je les ai poursuivis sans relâche, et si j’ai faibli ce n’est que par excès de zèle. Voudrez-vous m’en punir en me condamnant à la misère ? Pendant ces huit derniers mois, j’ai continué à fournir tous les renseignements que j’ai crus utiles. Mon but est de continuer, dans ma nouvelle situation. J’ose espérer que mon attente ne sera pas trompée, c’est dans cet espoir en votre bonté que j’ai l’honneur etc. » Les renseignements de police le dirent veuf, sans enfant, garde national, paraissant au-dessus du besoin et bénéficiant de bons renseignements sur son compte. Il demeurait 1, passage de l’Industrie dans le faubourg Saint-Martin, un logement de quatre cents francs par an en 1840. Archives nationales F/1dIII/60.