Laffitte général
Biographie
Par délibération du 4 décembre 1831, la Commission estima que sa conduite paraissait de nature à mériter une récompense nationale mais laissait au gouvernement le soin de la spécifier et de la décerner. Le préfet de l’Ariège (voir Gauja, Jean, Raymond, Prosper, Mélanie, Thérèse) donna son avis que le général Laffitte méritait la Croix de Juillet, précisant : « Sans doute l’état des choses n’a pas permis qu’ils exposassent leur vie, mais ils l’eussent fait si besoin eût été ; ils étaient à la tête du mouvement, ils le dirigeaient par leur influence et le maîtrisaient. Personne ne conteste ici que l’effervescence du moment était à craindre, que c’est à eux qu’on doit le maintien de l’ordre et le respect des personnes et des propriétés, et, dès lors, ces titres bien établis ne sont-ils pas suffisants pour leur donner des droits réels à la faveur que je sollicite pour eux et légitimer ma proposition ? » La délibération du conseil municipal, en date du 4 décembre 1831, était ainsi rédigée : « Est d’avis que ces événements se sont passés à Foix et dans le département de l’Ariège avec la plus grande tranquillité, qu’à cette époque l’ordre public n’a été troublé nulle part, qu’on doit principalement l’attribuer au bon esprit qui anime les Ariégeois et à leur bonne disposition à recevoir le nouvel ordre de choses. Que cependant les bons patriotes s’empressèrent, immédiatement après avoir appris, le 4 août, que le drapeau tricolore était arboré à Toulouse de prendre les mesures convenables pour maintenir la paix publique. On doit signaler le général Laffitte qui, quoique très malade, se rendit aux vœux des habitants de Foix pour venir prendre le commandement du département. Sa présence, sa popularité, l’estime dont il jouit, le souvenir de ses services passés ne contribuèrent pas peu à maintenir l’ordre. Plusieurs jours auparavant, il avait déjà prévu les événements de juillet et, quoique retiré à la campagne, il prenait de concert avec ses amis de la ville de Foix des mesures propres à faire réussir les prévisions, sans effusion de sang. La vie du général n’a peut-être pas été en danger, cependant on doit à la vérité de dire qu’il était le point de mire de tous les ennemis du nouvel ordre de choses ; que dans cette circonstance il a fait une entière abnégation de lui-même et que, comme en 1815, il n’a consulté que son patriotisme et l’amour de son pays pour se rendre au milieu des habitants de Foix. Le général Lafitte a été surtout secondé par M. Darnaud fils aîné ancien officier de dragon et actuellement juge de paix à Lavelanet. M. Darnaud se rendit de suite auprès du général, à la campagne, pour l’instruire des événements : il organisa de suite une garde civique, dont il fut nommé le chef par ses concitoyens. Tous ses moments étaient consacrés au maintien de l’ordre et ses soins ont été couronnés d’un plein succès ; on le voyait sans cesse au milieu des groupes qui pouvaient se former, calmant les esprits pour les empêcher de se porter à aucun excès. Bien que ces faits ne soient pas suffisants pour faire accorder à M. Darnaud la décoration spéciale, le conseil municipal pense que l’on devrait saisir cette occasion pour accorder à ce brave la décoration de la Légion d’honneur, en récompense de ses services militaires. Quant aux demandes faites par MM. Sarrut et Tayac, le conseil municipal pense, pour apprécier leur mérite qu’il suffit de rappeler les faits tels qu’ils se sont passés. A la nouvelle des événements MM. Sarrut et Tayac furent du nombre des personnes qui vinrent à Foix pour apprendre les nouvelles : ils offrirent l’un et l’autre leurs services aux général. M.Tayac fut chargé de porter dans quelques communes la proclamation que M. le général Lafitte avait faite ; M. Sarrut fut employé comme membre d’une commission administrative du département. Il importe de rappeler comment cette commission fut formée. M. de Mortarieu, alors préfet de l’Ariège, fut invité par le général Laffitte à adhérer au nouvel ordre de choses ; sur son refus, il quitta le département et, avant son départ, il nomma une commission qu’il chargea de l’administration et, pour lui donner le caractère de légalité dont elle pouvait avoir besoin pour ses actes, on en nomma président M. Azam-Coustaud, doyen des conseillers de préfecture. Cette commission délégua ensuite les pouvoirs militaires au général Laffitte et administra le département pendant cinq semaines : ses principaux actes furent les mutations de quelques maires et l’opposition de M. Sarrut au changement de plusieurs d’entre eux occasionna du tumulte dans quelques communes. Le conseil n’a aucun renseignement sur la demande du sieur Lafont, Espy, Joffrès, Cassagne, Lafont, Anglade, Malpel, Fouvive, Tartie, Dupeyrou, Rousse, Laguerre, Delrieu-Genès, Mercadier, Carbon. » Il était député de l’Ariège en 1831. Archives nationales F/1dIII/79, dossier Ariège.