Laffont, Basile
Biographie
Instituteur à Oust (Ariège). Il adressa, le 7 mars 1831, une demande auprès de la sous-préfecture de Saint-Girons (Ariège), afin d’obtenir la décoration de Juillet. Cette demande (reproduite difficilement) récapitulait ainsi ses droits : « Ma pétition au ministre de l’Intérieur prouve par les pièces justificatives délivrées à Oust par les deux maire et adjoint élus depuis la Restauration que seul et étranger, quatre jours avant que l’heureuse nouvelle ne parvînt j’ai fait et arboré les couleurs nationales, malgré quelques amis de la liberté qui me représentaient que j’étais perdu si l’explosion ne nous était pas favorable et malgré l’opposition d’alors et le jésuitisme qui illisible nos chaînes et vomissaient mille imprécations contre moi, je fis porter un autre drapeau au clocher, au son de toutes les cloches et aux roulements du tambour. C’est après cet exemple, que seul je donnai ici que ces couleurs furent arborées à illisible, à illisible et autres communes du canton. Je prouve que par suite un prêtre me tenta illisible dans l’église un jour de dimanche à la grand-messe, au moment de la consécration, en se tournant vers le peuple, me nommant et prêchant ce peuple pour illisible qu’au pied des autels je prêchai le peuple à mon tour, qui pénétré de mon innocence se rangea de mon côté, ainsi que les autorités (c’était avant ma destitution). Je prouve aussi que j’avais à peine dix-neuf ans lorsqu’un ténébreux (Cassat de Loubès), de la congrégation, me fit assassiner par quatre de ses satellites qui avaient commencé il n’y a pas huitaine. Comme c’était dans la nuit, le procureur du roi de Lodève n’eut pas de preuves suffisantes. J’ai demandé un certificat nouveau au maire. Ce fonctionnaire qui me dit vouloir me donner le meilleur certificat du monde (à sa guise) mais qu’il ne veut pas dire que j’ai été assassiné par des gens de son pays sous l’influence de leur curé parce que cela ne fut pas prouvé (il veut dire l’identité des individus que j’accusais). Si je pouvais me transporter sur les lieux, je ferais bien prouver par les pères de famille que ce curé, dans l’église même et dans les maisons irritait des individus contre moi. Je prouve encore par des certificats des autorités de chez moi que depuis 1822 j’ai été ouvertement le champion de la liberté et que mon opinion n’a pas été étrangère à ma disparition d’auprès une famille qui ne pensait pas comme moi, sur laquelle je ne comptai plus ayant à peine seize ans. Je prouve enfin que dans tous les temps et partout j’ai eu une conduite sans reproche, aux yeux de tout le monde, à l’opinion près, et une moralité sans tache, personne au monde ne pourrait me reprocher la plus petite légèreté de jeune homme. […]. » Par délibération du 4 décembre 1831, la Commission estima qu’il n’avait pas de droits suffisants pour obtenir une récompense nationale. Il signe bien Laffont. Archives nationales F/1dIII/79, dossier Ariège (sous le nom de Lafont, Basile).