Lafond, Pierre
Biographie
Né vers 1808 à Ribérac ou Ribagnac ce sont les deux seules communes dont le nom est approchant (Dordogne). Etudiant en droit. Il fut arrêté, le 26 juillet à 23 heures sur la place du Palais-Royal « pour avoir frappé de deux coups de poing le dos d’un brigadier de gendarmerie qui cherchait à dissiper un rassemblement », selon un procès-verbal dressé par la préfecture de police. Après la révolution, il sollicita, dans ces termes, d’être exempté de tous frais d’examen, d’inscription et de diplômes par la faculté de droit de Paris, en récompense de sa conduite : « Le lundi 26 juillet, à l’avis du coup d’Etat qu’on venait de frapper, des étudiants résolurent aussitôt d’encourager de leur exemple l’indignation publique. A la chute du jour, ils se réunirent en grand nombre et appelaient les citoyens aux armes. Un d’eux, tombé dans les mains de la force armée, était entraîné violemment lorsque, pour le délivrer, se précipita le jeune Lafond. Secouru à son tour mais inutilement, il est jeté ensuite dans une prison affreuse. Lafond n’a été délivré que le 29 juillet, mais assez tôt cependant pour se mêler aux derniers coups et contribuer à l’heureux dénouement d’une révolution dont il avait été un des premiers instigateurs. La conduite de Lafond est d’autant plus louable qu’il était de ceux qui ont porté les premiers coups au despotisme et dans un moment où l’on ne pouvait par conséquent prévoir le résultat d’une lutte commencée à peine. On peut demander enfin si celui qui pour la défense d’une cause s’est exposé à une mort presque certaine et n’en a été sauvé que par le triomphe de cette même cause, n’a pas droit aux récompenses qu’elle distribue à ses défenseurs après sa victoire. Cette récompense que croit avoir méritée le jeune Lafond consiste en ce qu’il soit exempté de tous droits d’examen, diplôme et inscription par la faculté de droit de Paris. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut exempté, sur proposition de la Commission des récompenses nationales du paiement des frais universitaires pour parvenir au grade de licencié. Il demeurait 4, rue de Tournon en 1830. Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; Archives nationales F/7/4174 gendarmerie royale de Paris, rapport du 26 au 27 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/33, état des dispenses de frais d’études et de réception accordées à des étudiants en droit et en médecine sur les propositions de la Commission des récompenses nationales et état des places et faveurs accordées par le gouvernement, à la suite de la révolution de Juillet et des événements qui s’y rattachent et en considération de la part qu’y ont prise les impétrants ou leurs familles. Voir Lafon, Isidore même adresse ? Orthographié aussi Lafont, Pierre.