Lagarie, Jean, dit Garigon (et par erreur Lagarde)

Biographie


Né vers 1804 à Mirabel (Tarn-et-Garonne). Tailleur d’habits, ayant servi dans la garde municipale. Il sortit armé de son domicile, le 27 (?) juillet avec l’intention de se battre mais, arrivé près de la rue du Coq, il reçut plusieurs coups de crosse de fusil sur la tête et une balle morte dans le bras droit. Il se rendit ensuite près du château-d’eau, afin de combattre de nouveau, et fut, là, blessé d’un coup de feu à la cuisse, qui le renversa. Il fut transporté rue des Poulies, dans un hôpital tenu par les sœurs de la Charité. Il reçut un secours de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut un total de trois cent quinze francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 29 janvier mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint d’une contusion avec plaie à la partie supérieure de la tempe du côté droit et de contusions sans plaies en diverses parties du corps, actuellement guéries sans aucune infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1831, craignant de perdre la vue à la suite des coups qu’il avait reçus, il sollicita son admission aux Invalides ; mais, admis seulement dans la 1re classe des blessés, il fut considéré comme trop peu blessé pour pouvoir être accepté comme pensionnaire ; il sollicita de pouvoir passer une seconde visite et de rentrer dans une maison de santé afin d’y être soigné car il craignait de perdre la vue à la suite des coups qu’il avait reçus. En 1830, il était célibataire. Il comparut, le 16 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour, avec les autres témoins, attester « pour vérité et notoriété publique après serment prêté par eux individuellement […] qu’ils connaissaient parfaitement le sieur Aubois (voir Aubois, Charles) et qu’ils savaient que le 28 juillet à 3 heures et demie, en combattant pour la liberté, rue de Richelieu au coin du Théâtre-Français, il a été atteint d’une balle qui lui a traversé la cuisse gauche, qu’il est tombé presque immédiatement et qu’ensuite il a été transporté chez lui, où il a reçu tous les soins qu’exigeait sa blessure ». En 1832, il avait été contraint de cesser son travail et demandait une place d’employé aux barrières ou tout autre emploi pour pouvoir subsister. En 1838, il sollicita des secours, étant dans une indigence absolue. Son nom, avec l’apostille N’est pas heureux, et la profession de journalier, était compris dans un état, établi en juillet 1839 par le maire de Gentilly, des citoyens qui, ayant pris une part active à la révolution de juillet 1830, avaient droit aux récompenses distribuées à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Le 14 juillet 1839, journalier, son nom était sur une liste, établie par le sous-préfet de Sceaux, et sans doute pour l’attribution de secours à l’occasion des fêtes commémoratives de la révolution, de « décorés de Juillet, ayant pris une part active aux événements de 1830, dont les services, la position malheureuse et la bonne conduite méritent l’intérêt du gouvernement » ; l’observation suivante était inscrite en face de son nom : « Position peu aisée. » En 1839, le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Homme de mauvaise conduite, qui a abandonné sa femme avec trois enfants pour vivre avec une concubine qui a été elle-même chassée d’une maison de librairie où elle était placée. Ils habitent un garni, route de Fontainebleau n° 15, où ils sont tous les deux mal famés. La femme légitime du sieur Lagarie et ses enfants, qui sont dans la misère, inspirent seuls de l’intérêt et l’on verrait avec satisfaction qu’il fût possible de leur accorder un secours. » En 1843, Lagarde était barbier et servant externe à l’hospice de Bicêtre ; il gagnait dix francs par mois, était logé et blanchi. « On n’a pas recueilli de mauvais renseignements sur lui. Il se trouve dans le besoin », était-il précisé sur son compte. En 1849, infirme et barbier depuis dix ans à Bicêtre, il fut renvoyé « à cause de son inconduite. Cependant on tolère sa présence dans l’établissement, mais il ne fait plus partie de l’hospice. Il ne gagne donc rien et sa position est nécessiteuse. Il a une très mauvaise réputation », indiquaient les renseignements de police. Il demeurait 7, rue de la Grande-Friperie puis 32, rue de la Cordonnerie en 1830 ; 7, rue de la Grande-Friperie en 1831 in Archives nationales F/1dIII/41 et in Archives nationales F/1dIII/38 A ; 16, rue Philibert ou passage Philibert dans le faubourg du Temple en 1831 ; 15, route de Fontainebleau en 1838 ; 15, rue de la Maison-Blanche à Gentilly en 1839 ; à Bicêtre en 1849. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 66 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VK3 13, Etat (établi en juillet 1839) des citoyens qui, ayant pris une part active à la révolution de juillet 1830, ont droit aux récompenses distribuées à cette occasion ; Archives de Paris VK3 37, état des décorés de Juillet, ayant pris une part active aux événements de 1830, dont les services, la position malheureuse et la bonne conduite méritent l’intérêt du gouvernement ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/42 dossier Aubois, Charles ; Archives nationales F/1dIII/60 ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Tailliès ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74.

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