Lahaye, François, fils
Biographie
Fabricant de coton. Il ne se présenta pas devant la Commission afin de faire valoir ses droits à une récompense nationale. Le 21 janvier 1831, il adressa la lettre suivante au ministre de la Guerre : « […] Il a pris une part active aux événements de Juillet à Nantes, en combattant à l’affaire de la place de la colonne, entre les deux cours mais que s’étant présenté trop tard à la Commission d’enquête, dont le travail sur lequel il est inscrit d’office, était terminé, cette Commission n’a pu réclamer pour lui ses droits aux récompenses nationales, il n’en sollicite qu’une seule : celle d’obtenir de l’avancement dans le 14e léger, où il vient de s’engager aux premiers bruits de la guerre, avec un empressement qui ne lui a pas permis d’attendre le résultat des démarches qu’il fait aujourd’hui auprès de vous, monsieur le maréchal, plein de confiance dans votre justice. J’ai l’honneur etc. » Suivaient plusieurs apostilles. La première : « Les soussignés, blessés à l’affaire du 30 juillet sur la place de la Colonne (lire place Louis-XVI) attestent que M. Lahaye prit une part active à cette affaire, combattant avec eux pour la défense de notre liberté. » Signé : Taupier (voir Taupier, Emile) ; Ginselo (voir Ginselo, François) ; Poubeau (voir Poubeau, Henri). La deuxième : « Je certifie que M. F. Lahaye était au cours le 30 juillet dernier et qu’il a supporté le feu du 10e de ligne. En foi de quoi, je lui ai signé cette pétition. » Signé : de Hersant (voir Hersant de, Jean, Fidèle), blessé et membre de la députation, Hyrvoix (voir ce nom), Cabanne (voir Cabanne, Jean-René). La troisième : « Je certifie que M. F. Lahaye combattait à l’affaire du 30 juillet à Nantes et qu’il a supporté le feu du régiment. » Signé : Laisant (voir Laisant, Jean-Marie). La quatrième : « Je certifie avoir vu le sieur François Lahaye à l’affaire du 30 juillet lors de l’engagement entre le 10e léger et les citoyens armés pour la défense de leurs libertés et qu’il s’y est comporté avec courage. En foi de quoi, je m’empresse de lui signer cette pétition, persuadé qu’il a mérité autant que qui que soit la faveur qu’il réclame. » Signé : Pieau, blessé (voir Pieau, Charles, Louis) ; Grignon jeune (voir ce nom), blessé le 30 juillet. La cinquième : « Le commandant de la cavalerie de la garde nationale à Nantes certifie que M. Lahaye, fils d’un fabricant de Nantes, a fait partie de la garde à cheval depuis son organisation jusqu’à ce jour ; qu’il a toujours mis le plus grand zèle dans son service, en s’y faisant remarquer par sa douceur et son exactitude, et que tous ses camarades, connaissant sa position sociale qui lui permettait de tenir à Nantes un rang honorable, sont persuadés que M. Lahaye a pris du service dans la seule intention de se distinguer dans l’armée française si elle est appelée à défendre notre indépendance. Toute la garde à cheval, en exprimant le plus vif regret de voir M. Lahaye quitter ses rangs, se réunit pour supplier M. le ministre de la Guerre d’avoir égard à la demande du pétitionnaire. » Signé : Mellinet, lieutenant commandant l’escadron. Vérifier qu’il n’y aurait pas aussi l’apostille de Saint-Marc ? La sixième : « Nous certifions que le pétitionnaire nommé F. Lahaye a travaillé pendant trois ans dans notre maison de commerce et que nous en avons toujours été très satisfait, tant sous le rapport de son travail que sous celui de sa moralité. Nous certifions de plus qu’il n’est sorti de notre maison que pour travailler dans celle de son père, qui a ici une des premières filatures. » Signé : illisible. La septième : « Le maire de la ville de Nantes a l’honneur de recommander aux bontés de M. le ministre de la Guerre M. Lahaye, dont le patriotisme éprouvé dans nos événements de Juillet est justifié par les témoignages qui précèdent et qui, à ce titre, est digne d’obtenir l’avancement qu’il sollicite. » Signé : Soubzmain, maire de Nantes. La huitième : « Le lieutenant-général commandant la 12e division militaire recommande particulièrement au colonel du 14e léger M. Lahaye qui est sous ses ordres ; les attestations honorables ci-dessus le rendent digne de tout l’intérêt de ses chefs. » Signé : comte Dumoustier. Et enfin le préfet du département, qui recommandait Lahaye à la bienveillance du ministre de la Guerre. Il demeurait rue du Marché à Nantes en 1830. Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part.