Lalande-Souillier, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 21 août 1796 à Périgueux (Dordogne). Issu des Souillier-Lalande (il signe bien lui-même Souillier-Lalande), anciens magistrats du Périgord, et des Raynaud, anciens notaires à Périgueux, il était clerc d’huissier. Il commanda des habitants du faubourg Saint-Marceau à la prise de la caserne de Babylone et au Châtelet. Il reçut, après la révolution, un total de soixante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Les pièces qu’il déposa à la mairie du (ancien) Ve arrondissement, pour faire valoir ses droits étaient ainsi énumérées (mais absentes de son dossier) : un certificat de bonnes vie et mœurs délivré sur l’attestation de MM. Delvaux, tourneur, et Gerard, gardes nationaux, demeurant 15, rue du Jardin-du-Roi et 19, rue du Jardin-du-Roi, lesquels attestaient aussi « son dévouement au roi des Français ainsi que la conduite qu’il tint en juillet 1830 sous la cause nationale » ; un certificat délivré par Levé (voir ce nom), marchand boucher, demeurant 123, rue de Sèvres et Mazonne (voir ce nom), marchand de vin en gros, gardes nationaux, « tous les deux présents lors de la prise de la caserne de Babylone lorsque le sieur Lalande commandait les braves du faubourg Saint-Marceau et la conduite honorable qu’il tint alors » ; un certificat de bonnes vie et mœurs signé par le maire d’Abjat, lieu de résidence depuis vingt ans de ses parents ; un certificat délivré par Roux, huissier, qui certifiait pour l’avoir employé sa conduite qui avait toujours été celle d’un honnête homme et ses opinions en faveur de la nouvelle dynastie ; un autre certificat délivré par des habitants du (ancien) Ve arrondissement, dont Rounet, lampiste, demeurant 15, rue du Caire, et Rousseaux (voir Rousseau, François, Marie), fabricant de parapluies, demeurant 92, passage du Caire, tous deux gardes nationaux, qui attestait qu’il s’était « toujours conduit jusqu’à présent en honnête homme » et avait « mérité l’estime de nombre de citoyens patentés ». Il fut décoré de la Croix de Juillet (sous le nom de Soulier Lalande, Jean-Baptiste). Le 25 octobre 1831, il fit une demande pour être employé à l’administration provisoire de l’ancienne dotation des forêts de la couronne, ou à l’administration des Postes, ou au Mont-de-Piété, ou aux contributions, précisant qu’il n’avait aucune fortune et se trouvait « privé de tout en ce moment » et donnant comme précision biographique que sa famille s’était, avant 1814 et 1815 « consacrée de père en fils à l’illustration et au soutien de la patrie, tel que mon père ». La même année, il fut désigné par le sort pour faire partie de la députation des décorés de Juillet qui accompagnaient le roi pendant la cérémonie des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il est indiqué sur les listes de la mairie comme étant garde municipal aux Minimes, en 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Soulier-Lalande), auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1835, il sollicita des secours. Les renseignements de police indiquaient à son sujet : « […] Conduite régulière ; ses ressources sont presque nulles. De temps à autre, il est employé par les huissiers qui s’en servent soit comme témoin soit comme gardien de leurs saisies. » En 1836, la même administration donnait sur lui comme renseignement : « […] Veuf, il a une fille en bas âge, dont il prend, assure-t-on, beaucoup de soin. […] Sa position est en ce moment fort gênée. Il jouit d’une très bonne réputation sous le rapport de la conduite et de la moralité. » En 1843, marié à une brodeuse de pantoufles, il était malade au point de ne pouvoir travailler et se trouvait dans un « affreux dénuement ». Il reçut un secours de cinquante francs en 1843. En 1844, il présentait le certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie que M. Lalande est atteint d’une chute du rectum, infirmité incurable et qui le met dans la presque impossibilité de se livrer à une occupation fatigante et l’oblige constamment à des soins de propreté et à de grandes précautions. Je déclare en outre que ses poumons sont dans un assez mauvais état car il est presque toujours sous l’influence d’un rhume catarrhal qui l’oblige à un régime très sévère. Il résulte de la réunion de ces deux affections, qui datent depuis plusieurs années et pour lesquelles je lui ai fréquemment donné mes soins un tel état d’incapacité au travail que le susnommé a perdu le petit emploi qui l’aidait à subvenir à ses besoins d’existence et qu’aujourd’hui il est réduit à une complète misère. » Signé, le 1er avril 1844 : Mercier, médecin, demeurant 33, rue des Lombards. Il reçut un secours de quarante francs en 1844. En 1845, il était dans une « position très précaire » et reçut un secours de quarante francs, de vingt-cinq francs en 1846 et de la même somme en 1847. En 1849, les mêmes sources le décrivaient comme un « homme malheureux et perdu de tous ses membres, qui n’a d’autres ressources que le travail de sa femme, qui gagne un franc vingt-cinq par jour. Bonne conduite et moralité ». Il reçut, cette année-là, un secours de quatre-vingts francs, dont une allocation de quarante francs en 1849, à titre de décoré de la Croix de Juillet. En 1850, il expliquait que « après avoir accompli honorablement la longue et pénible carrière de clerc d’huissier, il en est résulté partiellement de nombreuses infirmités, toutes devenues incurables, qui le placent depuis nombre d’années hors d’état de pouvoir se produire dans la société et par conséquent dénué de tout moyen d’existence à l’âge de cinquante-huit ans » et sollicitait un secours ; il obtint soixante francs de secours, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait place Cambrai en 1830 ; 5, rue Beaurepaire en 1831 (ou aux Minimes in Archives de Paris VD6 3) ; 104, rue Montorgueil de 1832 à 1838 ; 84, rue Montmartre et 34, rue Saint-Sauveur en 1843 ; 361, rue Saint-Denis, au 3e étage sur le derrière dans la première cour en 1844 ; 18, rue du Faubourg-du-Temple en 1845 ; 103, rue du Temple en 1847 ; de nouveau 361, rue Saint-Denis en 1849-1850. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/60 ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Lalande-Souillier, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 43 et minute 46, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73 (sous le nom de Lalande, Jean-Baptiste dit Soulier), idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 (sous le nom de Lalande, Jean-Baptiste dit Soulier).