Laligant, Claude, Blaise
Biographie
Né le 28 thermidor an XI à Grenant (Côte-d’Or). Ouvrier boulanger chez Pecourt boulanger 7, rue Neuve-des-Petits-Champs (mais peut-être 70, rue Neuve-des-Petits-Champs in Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; en tout cas bien 7, rue Neuve-des-Petits-Champs dans le certificat que signe Pecourt) depuis 1827. Il quitta son travail pour combattre et fut blessé d’un coup de feu au nombril, le 29 juillet, devant le 207, rue Saint-Honoré ; à peine soigné, il retourna combattre au Palais-Royal. Il reçut un secours de cinquante francs en août et un autre de vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Laligant, Claude, garçon boulanger, demeurant à Paris, rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 64, boulangerie Pecourt, s’est distingué dans les trois mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, ayant parcouru tous les quartiers de Paris, combattant pour la défense de nos libertés, a été malheureusement blessé par une balle au ventre, au nombril, en face de la rue du Chantre-Saint-Honoré ; malgré sa blessure, n’ayant pas abandonné son fusil, il est entré chez M. Thirion, herboriste, rue du Chantre, n° 27, qui lui a prodigué tous les soins possibles ; environ une demi-heure après, l’ayant remercié, ce brave défenseur a repris son arme et est retourné rejoindre ses camarades qui combattaient encore pour l’honneur de la patrie. S’étant avancé l’un des premiers vers le Palais-Royal, engagea ses camarades à faire respecter les propriétés de Mgr le duc d’Orléans maintenant roi des Français. Etant épuisé de fatigue et la sensibilité de sa blessure (sic), il pria ses camarades de ne pas perdre courage, qu’ils remporteraient la victoire. Peu de temps après, le Palais-Royal a été sous la sauvegarde des défenseurs de la liberté. Quelque temps après, ledit sieur Laligant est rentré glorieusement dans son habitation. Il ne demande aucune rétribution d’intérêt, il désire seulement obtenir une médaille d’honneur pour prix de son dévouement et de son courage ; c’est pourquoi nous lui avons délivré le présent certificat. » Signé, le 12 septembre 1830 : Thirion, Nicolas, Marie (voir ce nom), herboriste, demeurant 27, rue du Chantre-Saint-Honoré ; Perret, demeurant 30, rue du Chantre ; Leblanc (voir ce nom), propriétaire demeurant 207, rue Saint-Honoré ; Pecourt, boulanger, demeurant 70, rue Neuve-des-Petits-Champs (numéro confirmé) : Jarlauld illisible, demeurant 70, rue Neuve-des-Petits-Champs ; Burdet, marchand de vins, demeurant 72, rue Neuve-des-Petits-Champs (numéro illisible). Boucher-Dugua (voir Boucher-Dugua, Nicolas), chirurgien-major de la IIe légion de la garde nationale, apostilla le certificat en témoignant que Laligant avait été blessé le 29 juillet dernier, d’un coup de feu à l’ombilic et qu’il lui avait donné ses soins peu d’instants après. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Laligant, Claude a été blessé dans la mémorable journée du 29 juillet 1830 en combattant pour la défense de nos libertés, rue Saint-Honoré, en face de chez moi, n° 207 ; que peu d’instants après, malgré sa blessure, il a eu le courage d’aller rejoindre ses camarades qui combattaient encore près du Palais-Royal. Estimons que la conduite patriotique dudit Laligant lui donne des droits à une récompense nationale. » Signé, le 16 mai 1831 : Leblanc (voir ce nom), propriétaire demeurant 207, rue Saint-Honoré. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie à qui il appartiendra que le nommé Laligant, Claude, combattant pour la défense de notre liberté, a été blessé dans la mémorable journée du 29 juillet 1830. L’ayant recueilli chez moi, je lui ai donné tous les soins possibles ; quelque temps après, m’ayant témoigné mille remerciements, ce brave défenseur a repris son arme et malgré sa blessure retourna joindre ses camarades qui combattaient encore pour la cause du peuple. » Signé, le 16 mai 1831 : Thirion (voir Thirion, Nicolas, Marie), herboriste, demeurant 27, rue du Chantre-Saint-Honoré. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, maître boulanger à Paris, certifie à qui il appartiendra que le nommé Claude Lalligant (sic), ouvrier boulanger, travaillant chez moi depuis près de trois ans et dont la conduite a toujours été très régulière, est sorti de chez moi pour se battre pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; que le 29 juillet, il est rentré chez moi vers les 3 heures de l’après-midi, blessé à l’ombilic par une balle qui l’avait atteint par ricochet ; que cette blessure l’a obligé à suspendre immédiatement son travail et qu’il n’est venu le reprendre qu’après un délai d’environ trois semaines. » Signé, le 16 mai 1831 : Pecourt. maître boulanger, demeurant 7, rue Neuve-des-Petits-Champs. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, chirurgien major de la IIe légion de la garde nationale, certifie que le nommé Laligant, Claude, garçon boulanger, a reçu un coup de feu près de l’ombilic, le 29 juillet, en combattant et qu’il a reçu mes soins peu d’instants après. » Signé, le 10 mai 1831 : Boucher-Dugua (voir Boucher-Dugua, Nicolas), chirurgien-major de la IIe légion de la garde nationale. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Dans sa séance du 11 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait l’ajournement de toute décision à son sujet (sans qu’on sache quelle importance on doit y attacher) afin d’obtenir de plus amples renseignements sur la participation qu’il pouvait avoir prise aux événements. Dans sa séance du 14 avril 1831, le même comité des renseignements levait la mesure d’ajournement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Lalligant, Claude sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). Le 17 mai 1831, il adressa la lettre suivante aux jurés de la Commission des récompenses nationales : « Messieurs, je suis bien étonné qu’ayant été reçu par le jury du IIe arrondissement pour la croix spéciale, que je n’ai pas été porté sur la liste des décorés. […] » Sa lettre est apostillée de la mention médaille. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il délivra le certificat suivant en faveur de Thirion, Nicolas, Marie : « Je, soussigné, Claude, Lalligant, […] certifie que dans la mémorable journée du 29 juillet dernier par suite d’une blessure grave que j’ai reçue à l’ombilic par une balle qui m’a atteint par ricochet. Je me suis présenté chez le sieur Thirion, marchand herboriste, rue du Chantre-Saint-Honoré, n° 27, et que ce généreux citoyen après avoir étanché le sang qui coulait avec abondance de ma blessure m’a donné les soins les plus empressés ainsi qu’à plusieurs braves défenseurs de nos libertés et qu’enfin son établissement était ce jour-là une espèce d’ambulance. » En 1841, il sollicita des secours ; la police indiquait à son sujet qu’il avait « très bonne réputation » et Laligant obtint quarante francs, puis de nouveau quarante francs en 1843, quarante francs en 1845, vingt-cinq francs en 1846. En 1847, « réduit à la plus affreuse détresse, par le manque absolu de tous travaux depuis un an et par une longue maladie qu’il vient de faire », il sollicita des secours et obtint vingt-cinq francs, quarante francs en 1848. En 1849, il était sans travaux depuis deux ans. En 1850, les mêmes sources administratives renseignaient : « Concierge de la maison n° 17, rue de L’Orillon à Belleville, place qui ne lui rapporte que son logement. Sa mauvaise santé et la blessure qu’il a reçue au côté gauche l’empêche de travailler de son état de boulanger. Cette famille dont on dit beaucoup de bien est dans une position nécessiteuse. » Il obtint un secours de cinquante francs en 1850, un secours de cinquante francs puis un autre de soixante francs en 1851, à titre de médaillé de Juillet. En 1853, bimbelotier, père de trois enfants, encore en bas âge, et sa femme alitée depuis six semaines, il sollicita des secours. Les secours furent suspendus, Laligant prétendant, de retour à Paris, que sa maison (d’une valeur d’environ mille cinq cents ou deux mille francs) de Cilly avait été brûlée complétement, ce qui n’était pas exact : seul le pignon l’avait été et la maison étant assurée, il avait dû sans doute être indemnisé. En 1856, les renseignements de police indiquaient : « Mauvaise santé ; position précaire. Il sort de La Charité et ne sollicite un secours que pour retourner dans son pays. Il n’a donné lieu à aucune plainte pendant son séjour à Paris sous le rapport politique ». Il reçut trois cent soixante-dix francs de secours entre 1841 et 1851. Il fut écroué le 28 septembre 1831 pour violences à commissaire de police en fonction et condamné à deux mois de prison le 28 janvier 1832. Il demeurait 64, rue Neuve-des-Petits-Champs en 1830-1831 ; 70, rue Neuve-des-Petits-Champs en mai 1831 in Archives de Paris VD6 278 ; 38, chaussée Ménilmontant de 1837 à 1843 ; 17, rue de l’Orillon de 1847 à 1851, où il était concierge ; 68, rue Popincourt en 1851 ; à Cilly (Aisne) en 1853 ; 7, rue des Quatre-Fils, chez M. Brocard, marbrier, toujours en 1853 ; 39, rue Coquillière, chez M. Bizot, en 1856 ; de nouveau à Cilly en 1856. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 33 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 37 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 68 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Langlet, Charles (il signe Laligant, Charles) ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Thirion, Nicolas, Marie ; Archives de Paris VK3 29, séance du 11 avril 1831, séance du 14 avril 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Lalligant et avec la bonne adresse) ; Archives nationales F/1dIII/60 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 83, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184, idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209. Voir sans doute Lalligand ?