Lallemand, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 4 octobre 1799 à Crictot. Menuisier. Il combattit le 28 juillet à la porte Saint-Denis et arrêta un canonnier, que Vanier désarma et qui portait sur lui une dépêche pour obtenir vingt-cinq pièces de canon supplémentaires. Il participa aussi à la construction des barricades et fondit des balles pour en distribuer dans son voisinage, tout en prenant soin d’en conserver pour son usage. Il participa à l’expédition de Rambouillet. Il fit plusieurs démarches pour tenter d’obtenir la décoration de Juillet : une pétition auprès de la Chambre en 1831, une députation le 24 mai 1832, une pétition qu’il remit au roi pendant que ce dernier faisait une promenade sur les boulevards le 29 juillet 1833. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie qu’il est à ma connaissance que M. Lallemand, Jean-Baptiste, menuisier, demeurant rue Bourbon-Villeneuve n° 11, a aidé à faire des barricades lors des événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; qu’il s’est empressé de fondre des balles de plomb, pour en distribuer dans le voisinage et s’en est réservé pour lui-même et qu’enfin lors de l’expédition de Rambouillet il s’est trouvé absent de son domicile pendant plus de deux jours et a donné beaucoup d’inquiétudes dans sa famille. J’ai toujours supposé que cette absence était la cause de son voyage à Rambouillet et qu’au surplus sa bonne réputation et sa franchise me fait croire qu’il n’en n’impose pas, bien que je ne puisse le certifier. » Signé, le 12 juillet 1831 : Lereuil, demeurant 11, rue Bourbon-Villeneuve. Ce certificat était apostillé par Grégoire (voir Grégoire, Louis, Benoit), décoré de Juillet, demeurant 2, place du Caire, qui certifiait attester les faits avancés par Lereuil. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Jean-Baptiste Lallemand, menuisier, demeurant rue Bourbon-Villeneuve n° 11, s’est trouvé à l’affaire de la porte Saint-Denis, le mercredi 28 juillet et qu’il a arrêté un canonnier, que j’ai désarmé. Il portait des dépêches pour avoir vingt-cinq pièces de canon à Vincennes. » Signé : Vanier, B., demeurant sans doute dans le quartier Bonne-Nouvelle. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris et chef de clinique, certifie avoir donné des soins à M. Jean-Baptiste Lallemand, menuisier, place du Caire n° 11 (sic), pour une névrologie du nerf violique gauche depuis le 3 septembre 1830 jusqu’au 12 du même mois et dont il se plaignait depuis plus d’un mois, l’attribuant à son voyage à Rambouillet. » Signé, le 12 juillet 1831 : Genest, médecin, demeurant 19, rue Thévenot. Il était compris dans une liste de combattants que de Lacroix, baron de Boegard (voir ce nom), président de la Commission des réclamants combattants de Juillet, faisait parvenir, dans deux lettres en date des 15 juin et 6 août 1832, au ministre de l’Intérieur, afin de solliciter une réponse sur l’issue des démarches faites par plusieurs des combattants qui estimaient avoir été lésés dans leurs droits aux récompenses nationales. Ces combattants, faisait savoir de Lacroix, « désavouent ceux d’entre eux qui auraient pu participer aux derniers événements qui ont ensanglanté la capitale (l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, N.D.A.) ; loin d’eux toute idée de renverser un trône qu’ils ont élevé au prix de leur sang ! Ils ne désirent que prouver au gouvernement du roi qu’ils sont et seront toujours prêts à mourir pour la dynastie qu’ils ont fondée. […] La plus grande partie des réclamants ont déjà la médaille et se sont toujours empressés, à chaque émeute, d’aller combattre les agitateurs et de faire rentrer dans le devoir, par leurs conseils, ceux de leurs camarades qu’on aurait pu égarer un instant […] ». De Lacroix donnait les précisions suivantes sur les faits dans lesquels s’était illustré le réclamant : « Le 27, fit fondre des balles en plomb pour les distribuer, le 28 et 29, fit des barricades et fut à Rambouillet. Demande la Croix de Juillet et un emploi administratif. Par suite de ses fatigues, il fit une maladie qui le força à garder le lit. » De la même manière, par deux lettres, en mai 1832, et réuni avec d’autres (voir la liste à Lami Hinault) dans une société de réclamants, qui se réunissait au 6, rue Dalayrac, il sollicitait du roi et du ministre de l’Intérieur, l’aboutissement des démarches entreprises par eux pour la prise en compte de leurs droits comme combattants de Juillet ; de la même manière, ils assuraient que, « défenseurs de la liberté », ils le seraient « toujours de leur roi citoyen et du gouvernement qu’il aura choisi ». En 1833, il était garde national à la Ve légion. Il demeurait 11, place du Caire en 1830 ; 11, rue Bourbon-Villeneuve en 1832-1833. Archives nationales F/1dIII/60 ; Archives nationales F/1dIII/82 (sous le nom de Lallemant, Jean-Baptiste) et aussi lettre en date du 28 mai 1832 adressée au roi.