Lallement, Edouard
Biographie
Né le 10 juillet 1810 à Paris. Imprimeur en taille douce. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, la lettre suivante à la Commission : « […] Après avoir pris part comme combattant à la révolution de 1830, et enrôlé volontaire le 17 septembre 1830 au 55e régiment, passé caporal et fait les campagnes de 1832 et 1833 en Afrique, libéré du service actif le 18 septembre 1837, jamais rien sollicité sous le règne passé, a l’honneur de vous faire part, malgré que je n’ai pas fait partie de sociétés républicaines. Je suis souvent venu me rallier à mes frères toujours victimes du despotisme de la monarchie déchue. Le 11 mai 1839, rue de la Ferronnerie, je fus arrêté dans un groupe et désigné par un mouchard comme insurgé ; il prétendait que j’avais encore les mains noires de poudre. Conduit à l’Hôtel de ville, le hasard a voulu que je sois reconnu par un officier de mon régiment, qui a pu obtenir ma liberté. 1848, 22 février à la Madeleine, je me suis mêlé à un rassemblement, comme partisan pour protester contre l’arbitraire. Le 23, je suis allé le soir rue Saint-Honoré élever des barricades. 24 février, je travaille chez le citoyen Bestaut, imprimeur rue Dauphine n° 41. 7 heures du matin, cris unanimes dans l’atelier Plus de travaux, ils ont égorgé nos frères il faut combattre contre la tyrannie ! Je suis descendu dans la rue avec des barres de fer élever une barricade au carrefour Bucy, qui plus tard nous avons appelé notre quartier général. Avec un peloton de gardes nationaux, nous sommes allés à la caserne des pompiers, rue du Vieux-Colombier, chercher des armes. De là, je me suis porté sur différents points menacés par la troupe. Plusieurs voisins de mon quartier m’ont donné des cartouches. Le soir, je suis revenu au quartier général applaudir à la première proclamation du gouvernement républicain. Je suis heureux d’avoir comme patriote contribué à notre glorieuse révolution et toujours près à servir avec zèle et dévouement le gouvernement républicain. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous certifions et attestons avoir vu le citoyen Lallement, Edouard, imprimeur en taille douce, demeurant avec son épouse rue de Sèvres n° 44, le 24 février 10 heures du matin, armé d’un fusil. » Signé : Thibierge veuve, propriétaire, demeurant 44, rue de Sèvres ; Jomard ; Lugand ; Pesnon. Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 44, rue de Sèvres en 1848. Archives de la préfecture de police AA 396.