Lalouël, Michel, Denis

Biographie


Né le 29 août 1796 au Fresne-Poret (Manche). Parti le 5 février 1813 pour la cohorte garde-côte à Cherbourg, 2e compagnie, blessé à la main d’un coup de sabre par un réfractaire, devenu serrurier. Il se présentait comme « un des chefs des détachements du peuple de Paris dans les journées de Juillet ». Gravement contusionné, il reçut un secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il signa, 1er octobre 1830 et en tant que « ancien lieutenant et commandant des hommes volontaires des 27, 28 et 29 », le certificat suivant en faveur de Courtin, Antoine, Cyprien : « Nous, soussignés, Lalouël (voir Lalouël, Michel, Denis), ancien lieutenant et commandant des hommes volontaires des 27, 28 et 29 juillet, rue Beauregard n° 36 ; Torette, Jean, Joseph (voir ce nom), cocher, demeurant rue des Marais n° 11. Certifions et attestons que le nommé Courtin, Antoine, Cyprien s’est trouvé avec nous l’attaque de la ville (lire de l’Hôtel de ville) et la blessure qu’il a reçue aux deux jambes atteste son dévouement pour la défense de la patrie et nous a montré un courage digne d’un bon et vrai citoyen. » Le 19 décembre 1830, sur le rapport de la Commission des récompenses nationales, il fut compris dans la liste des cent neuf citoyens nommés au grade de sous-lieutenant (dans la proportion de deux par régiment), pour s’être « particulièrement distingués dans les journées de juillet ». Il fut affecté au 36e régiment d’infanterie de ligne. Le 24 juin 1831, il était caserné à Besançon puis à Dijon et réclamait auprès du roi le grade de capitaine et la Croix de Juillet « que vous m’avez promise, expliquait-il, à la première revue du Champ-de-Mars du 29 août 1830, où j’ai eu l’honneur de vous présenter mon détachement des hommes blessés sous mes ordres dans les mémorables journées de Juillet. Sire, vous m’avez promis que j’étais confirmé dans le grade de commandant, que les braves compagnons d’armes m’ont donné au combat et je ne suis pas commandant ; donnez-moi le grade de capitaine. » Il fut blessé à la jambe en 1839 et se plaignait d’avoir été mal opéré. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne de nombreuses indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il fit en effet parvenir à cette Commission un Rapport constatant la conduite du sieur Lalouel dans les glorieuses et mémorables journées de juillet 1830 et ainsi rédigé : « Le sieur Lalouel, Michel, Denis (sic) a été un des premiers à donner l’élan et à contribuer aux mémorables journées de Juillet. Le 27, il réunit un détachement de volontaires et leur procura des armes et des munitions et ensuite il s’est transporté à la porte Saint-Denis, où il a attaqué les gendarmes et furent bientôt ébranlés par le courage des citoyens sous ses ordres. Dans la nuit, il a enlevé plusieurs postes de la ligne et de gendarmes et a fait construire des barricades au boulevard Bonne-Nouvelle. Le 28, ayant un plus fort détachement, il s’est transporté aux Petits-Pères et à la Banque de France, où il a attaqué la ligne et fait établir des postes commandés par M. Odiot illisible. Ensuite, il partit avec un fort détachement à l’Hôtel de ville, où les braves combattants l’ont choisi pour leur chef et reconnu pour leur commandant et lui ont juré de le suivre jusqu’à la mort. Un grand nombre d’acharnés tombèrent autour de lui et il fut blessé. Malgré sa blessure, il a toujours marché à la tête des braves. Dans la nuit suivante, il a fait un grand nombre de prisonniers de l’ex-garde royale, ce qui lui a procuré des cartouches et des armes. Le 29, il a réuni un plus grand nombre de citoyens, il a distribué des cartouches et des armes et il s’est joint aux quelques élèves de l’Ecole polytechnique, MM. Baduel, Loton, Joubert et autres. Il a formé trois détachements pour attaquer le Louvre, qui fut pris vers midi. Après cette conquête il s’est dirigé rue Saint-Honoré, place et Palais-Royal, rue de Rohan et rue Saint-Nicaise et de là aux Tuileries, qui ont été prises vers 1 heure et demie, où il a fait plusieurs prisonniers, qu’il a conduits au poste des Petits-Pères. Le restant, il s’est occupé de donner des soins aux blessés et la nuit suivante il a fait le service de la ville. Il a aussi participé et fourni des vivres aux individus combattants et blessés, de ses propres deniers et sans intérêts. Les 3 et 4 août, il est allé à Rambouillet, commandant le détachement d’avant-garde avec M. Déjardin (voir sans doute Desjardins, Alexandre), capitaine. Depuis cette époque, il a toujours continué le service, il a pris soin des blessés à l’ambulance des Pyramides, il en a été chargé par M. le général Lafayette. » Dans un état de services, il se disait « blessé à la main et au bras droit par les cuirassiers à l’Hôtel de ville et par la ligne un coup d’épée d’un officier ; il reçut deux blessures au Louvre par le feu des Suisses ». Il disait aussi, mais sans précision de date, avoir été blessé à la tête dans une émeute, rue Mauconseil, dans les rangs de la IIIe légion de la garde nationale. Il expliquait avoir encore donné des preuves de son dévouement à la dernière révolution de février et sollicitait de la Commission parce que « victime de l’arbitraire du gouvernement déchu, ayant été mis illégalement et par méchanceté dans une fausse position » soit d’être pensionné soit d’être placé aux Vétérans ou dans un fort en attendant sa pension de retraite. Il fut recommandé par la Commission pour la continuation de sa pension qui devait expirer en 1848, parce que mis en retraite injustement. Il était veuf en 1848. Il demeurait 36, rue Beauregard en 1830-1831 ; (33, rue de Lancry est rayé et pourtant il le donne dans une de ses lettres) 11, avenue des Ternes à la barrière du Roule (et aussi hôtel de la Madeleine, 14, rue de Surène) en 1848. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Le Moniteur universel, 20 décembre 1830 ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Courtin, Antoine, Cyprien ; Archives nationales F/1dIII/60 ; Archives de la préfecture de police AA 396 (il semble bien signer Lalouel).

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.