Lambert, François, Bernard, Joseph
Biographie
Né vers 1809, fils de Lambert, Joseph et de Voisin, Louise, son épouse. Elève architecte depuis plusieurs années chez Poittevin, architecte expert à Versailles, « jeune homme studieux aux idées généreuses. Les ordonnances de juillet l’enflammèrent d’indignation. […] Le mercredi dans des groupes qui se formaient place d’Armes, avenue de Paris, etc., il engageait à la résistance ; il voulait qu’on s’armât et qu’on se portât sur Paris ». Le certificat suivant constatait la part qu’il avait prise aux événements de Juillet : « Les soussignés, tous habitants et gardes nationaux de la ville de Versailles, certifient que le nommé Lambert, François, Bernard, Joseph, élève en architecture, a pris une part aussi active que les circonstances l’ont exigée aux événements de notre glorieuse révolution. Dès le 28 juillet, il s’est présenté en armes à la mairie. Il s’est toujours offert, de jour comme de nuit, pour les parties les plus pénibles et les plus périlleuses du service. Le 31, il a accompagné l’aide de camp Poque Beauvais, chargé d’une mission spéciale. Forcé de revenir à Versailles, il s’est empressé de reprendre le service de la ville. Le 3 août, il s’est porté sur Rambouillet avec la colonne parisienne et ne l’a quittée qu’à sa rentrée à Versailles. La sûreté publique exigeait de nouveaux efforts de la garde nationale. Le zèle de Lambert ne s’est pas démenti et ce n’est que succombant à la fatigue d’un service au-dessus de ses forces qu’il l’a cessé, accablé d’une maladie dont il est mort. Lambert était l’unique soutien de sa grand-mère, septuagénaire. » Signé, à Versailles le 22 août 1830 : Poittevin, architecte ; Orange, négociant ; Lemaitre, P., M., entrepreneur ; Ecalard ; Douchain, F., architecte ; Gentil ; Landrin, avocat ; Thibault, S., médecin ; Dupoty, élève en médecine ; Décret, entrepreneur ; Châtenay aîné, horloger ; Cousin Lefuel, architecte ; Follie ; Millescamps, négociant ; Dutartre ; Petit, Jules, architecte ; L’Arpenteur, sergent dans la garde nationale ; Grany, peintre ; Belier, V. ; Despagne ; Fasmanne ; Falbos ; Fosanne, lieutenant ; Girard ; Touret ; Charretay, sous-lieutenant ; Audebert, pharmacien ; Schayé, avoué ; Sollier ; Schayé, Félix, exp. ; Delâtre, toiseur vérificateur, Schinetz, A., avoué ; Borsu, sergent-major dans la garde nationale ; Desmarres, pensionnaire des Postes ; Godefroy, S. ; Saint-Martin, V., garde à cheval des forêts de l’Etat ; Henninot, S., élève en architecture ; Henissart, sergent dans la garde nationale ; Richard, peintre ; Desmarres, élève forestier. Lambert mourut le 22 août d’une gastro-entérite (choléra morbus sporadique). Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Deux certificats médicaux constataient les raisons de son décès. Le premier certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie que le nommé Lambert, élève en architecture, après avoir pris une part active aux mouvements des derniers jours de juillet, après avoir fait partie de l’expédition de Rambouillet, fut pris, le 7 ou le 8 août, de malaise général, de douleurs à l’estomac et dans tous les membres ; que cet état ne s’étant pas amélioré sous l’influence des moyens prescrits, on l’engagea, le 15 du même mois, à aller se reposer quelque temps dans sa famille à Saint-Germain-en-Laye ; qu’arrivé dans cette ville, il fut obligé de prendre le lit ; que, le 17, se trouvant un peu soulagé, il revint à Versailles mais que, le 18, éclatèrent tout à coup les symptômes graves de l’affection par suite de laquelle il a succombé le dimanche 22 ; que cette maladie, caractérisée surtout par des vomissements et des déjections alvines les plus fréquents, par des douleurs atroces dans l’estomac et dans le ventre, par des crampes dans les membres, des sueurs froides, etc., s’est terminée par une gangrène de l’intestin et qu’enfin cette gastro-entérite (choléra morbus sporadique) paraît entièrement due aux fatigues éprouvées par le sieur Lambert dans les journées de la révolution de 1830. Appelé avec M. le docteur Voisin à voir le malade, je n’hésite donc pas, pendant l’absence de ce médecin, à constater les faits que j’ai pu recueillir et que lui-même a déjà affirmés dans deux certificats. » Signé, à Versailles le 6 août 1831 : Gentil, médecin. Le second certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, chirurgien en chef du collège et médecin chargé du service de santé du personnel des palais de Versailles et Trianon, certifie que le nommé Lambert, élève en architecture, est décédé à la suite d’une gastro-entérite aiguë, qui avait tous les caractères du choléra-morbus. » Signé, à Versailles le 23 juillet 1831 : Voisin. Suivait l’apostille suivante du docteur Gentil : « Je certifie également avoir donné mes soins à M. Lambert, élève en architecture, et l’avoir trouvé atteint d’une gastro-entérite des plus graves (choléra-morbus sporadique). Les questions adressées à ses entours m’ont convaincu que cette maladie à laquelle il a succombé avait pour causes les fatigues éprouvées par lui pendant les journées de juillet 1830, le service pénible auquel il s’est assujetti et enfin l’expédition de Rambouillet. » Le 9 juillet 1831, devant le juge de paix de Versailles, comparurent : Lepoitevin, Modeste, François, né vers 1797, architecte, demeurant 2, rue des Réservoirs à Versailles ; Schayé, Adrien, Bernard, né vers 1800, avoué au tribunal civil de Versailles, demeurant 23, rue Neuve à Versailles ; Petit, Jules, François, né vers 1799, architecte, demeurant 2, rue Sainte-Adélaïde à Versailles. Ils attestèrent que Lambert, François, Bernard, Joseph « avait pris une part des plus actives aux événements de notre glorieuse révolution de juillet, que notamment dès le 28 juillet il s’était présenté en armes à la mairie de Versailles et qu’il y avait été employé de jour et de nuit aux parties les plus pénibles et les plus périlleuses du service ; que le 31 juillet il avait accompagné l’aide-de-camp colonel Poque, Beauvais (voir ce nom), jusqu’à Trappes, où ce dernier était appelé par mission spéciale ; que revenu à Versailles ledit Lambert a repris le service de la ville ; que le 3 août ledit Lambert s’était porté sur Rambouillet avec la colonne parisienne et ne l’avait quittée qu’à sa rentrée à Versailles ; que, la sûreté publique exigeant de nouveaux efforts de la garde nationale, le zèle de Lambert ne s’est pas démenti un seul instant et que ce n’est qu’en succombant à la fatigue d’un service aussi continu et hors de proportion avec ses forces qu’il a été obligé de les cesser ; qu’enfin il a succombé à la maladie que ces mêmes fatigues paraissent avoir déterminée. Ajoutant lesdits comparants que Lambert était l’unique soutien de son aïeule, septuagénaire, et de ses père et mère, qui se trouvent tous aujourd’hui dans le dénuement le plus absolu ». La Commission des récompenses nationales rejeta la demande de pension présentée par ses grands-parents, Voisin, François, né vers 1750, et Dubois, née vers 1760, sa femme, dont il était le seul soutien ; les certificats médicaux attestant, selon la Commission, que Lambert était mort du choléra. Il demeurait 10, rue de la Pompe à Versailles ; ses grands-parents, 34, rue de Lorraine à Saint-Germain-en-Laye. Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/60 ; Archives nationales F/1dIII/62 in dossier Lefebure, Colomban, Amet, François ; Archives nationales F/1dIII/78.