Lamel, Jacques
Biographie
Né le 25 novembre 1786 à Nancy (Meurthe), fils de Lamel, Joseph, maître cordonnier, et de Ferme, Madeleine, son épouse. Ancien militaire, devenu portier et bottier. Il s’arma d’un fusil, le 29 juillet. Il combattit « avec l’ardeur et l’intelligence d’un vieux soldat » et fut blessé d’un coup de feu et d’un coup de baïonnette au coude droit, et contusionné aux reins par suite d’une chute du haut d’une barricade. Il était le père de Lamel, Jean-Baptiste, qui fut assassiné « par un brigand en état d’ivresse au milieu du désordre de la journée du 29 juillet ». Il reçut un secours de cent cinquante francs et un autre de cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le 6 octobre 1830, Viguier, Auguste (voir ce nom), maire du (ancien) IVe arrondissement, donna sur son compte les renseignements suivants : « Le brave et estimable M. Lamel, cordonnier, rue de la Sonnerie n° 6, me paraît mériter autant que tout autre des combattants de Juillet les distinctions réservées au courage, aux glorieuses blessures et aux douloureux sacrifices pour la patrie. Il a combattu avec l’ardeur et l’intelligence d’un vieux soldat ; il a remporté du combat une blessure assez grave, qui heureusement lui permettra de servir encore avec distinction son pays comme garde national ; enfin, il a eu le malheur de voir son jeune fils assassiné par un brigand en état d’ivresse, au milieu du désordre de la journée du 29 juillet. M. le colonel Sédillot jugera peut-être que le drapeau de la IVe légion remis en de telles mains serait dignement porté. » Viard jeune, capitaine, commandant la 3e compagnie, ajoutait l’apostille suivante : « J’approuve en tout son contenu la demande ci-contre et certifie que le sieur Lamel a montré le plus grand zèle pour l’instruction de la compagnie. » Le 14 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Desgeorgerie, Marie, Hubert, (sic) (voir Desorgerie, Hubert, Marie, il signe bien Desorgerie), fondeur en caractères, demeurant 13, rue de la Cossonnerie ; Mangin, Barthélemy (voir ce nom), ancien militaire, demeurant 25, rue Tirechappe (sic) ; Louvet, Jean-Louis, marchand de vins, demeurant 1, place du Chevalier-du-Guet. Ils attestèrent parfaitement connaître Lamel, Jacques et savoir qu’il était « sorti de son domicile, le 29 juillet, armé d’un fusil, pour combattre pour la liberté et que ledit jour il a été blessé d’une balle au coude droit ». Il reçut, comme ascendant, quatre cent soixante-quinze francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il signa le certificat suivant en faveur de Droit, François : « Le sieur François Droit, garçon de bateau chez M. Ouarnier, au port de Paris et domicilié rue Pierre-à-Poisson n° 14 (sic), s’est montré constamment aux feux qui ont eu lieu pendant les journées mémorables qui ont rendu le bonheur et la liberté à la France. Les 27, 28 et 29 juillet, il a été constamment sur les ponts au Change et Notre-Dame ; ayant manqué de munitions, l’armurier au bout du pont au Change lui en donna ; alors il se porta où le danger était le plus imminent. Il est entré le troisième au Louvre ; il s’est trouvé aussi à la prise de la pièce de canon postée rue Saint-Honoré. Il a été ensuite à Saint-Cloud, a poursuivi les lanciers jusqu’à Versailles. » Il signa, le 12 août 1831, le certificat suivant en faveur de Schmit, Guillaume, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions à qui il appartiendra que le nommé Louis, François Sabra s’est distingué d’une manière louable dans les mémorables trois journées de juillet 1830, tant à la place de Grève le 28, qu’au Louvre le 29 ainsi qu’aux Tuileries et qu’il a bien mérité l’estime de ses concitoyens et qu’il a acquis un droit incontestable aux récompenses données à ce sujet par la Commission des récompenses nationales. » Le 24 mars 1831, devant le maire du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Lebouteux, Jean-Louis, marchand de vins, demeurant 11, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Barbier, Laurent, César, marchand de vins, demeurant 21, rue Saint-Denis ; Duverger, Jean-Baptiste, débitant de tabac, demeurant 3, rue Saint-Denis. Ils attestèrent bien connaître Lamel, Jacques, ouvrier cordonnier, porteur de livret, père de Lamel, Jean-Baptiste, et savoir « que le produit de sa profession est insuffisant pour subvenir à son existence, ce qui le réduit à une grande gêne, n’ayant aucune autre ressource pécuniaire ». Selon un certificat médical délivré, en date du 25 mars 1831, par le docteur Cobry, Lamel, Jacques était atteint d’épilepsie et lui-même avait été témoin d’une de ses attaques. Il fut pensionné comme ascendant d’une victime de Juillet. Il prêta serment le 16 mai 1831 à la mairie du IVe arrondissement, reçut sa croix le 21 juin et son brevet le 9 août 1831. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 27 janvier 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de blessures, l’une par balle morte à la base de l’olécrâne du bras droit, l’autre par coup de baïonnette à la pointe de l’olécrâne du même côté, de contusions aux reins par suite de chute, qu’il dit avoir faite du haut d’une barricade, guéries avec quelques difficultés, quelques douleurs dans les mouvements du tronc. » Admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés, il reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (son nom n’est pas sur les listes des 2e classes du Bulletin des lois et du Moniteur). Son nom est sur une liste de plusieurs blessés de la deuxième classe, admis à des secours temporaires mais qui n’avaient pas, en septembre 1831, encore remis leur acte de naissance et qui ne pouvaient, en conséquence, toujours pas figurer sur l’état officiel ; la Commission des récompenses nationales réclamait l’insertion des noms de cette liste dans la Moniteur afin qu’avant le 20 octobre, l’extrait de naissance réclamé par le ministre des Finances fût délivré par l’ayant droit, pour lui éviter ainsi le préjudice de ne pas pouvoir en bénéficier. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il fut pensionné avec sa femme, Morigenot, Françoise, de deux cents francs comme ascendants d’une victime de Juillet, Lamel, Jean-Baptiste. Il signa, le 3 août 1830, le certificat suivant en faveur de Molinary, François, Joseph : « Nous, soussignés, Poulton, Joseph, André (voir ce nom), officier retraité, libraire, rue Chilperic n° 4 ; Lor, Jean-Baptiste, épicier, même rue n° 16 ; Mourant, Jean-Baptiste (voir ce nom), chevalier de la Légion d’honneur, rue de Seine n° 34 ; Lamel, Jacques, ancien sous-officier, demeurant rue de la Sonnerie n° 6 ; certifions et attestons que le sieur Molinary, Louis François, Joseph (sic), ancien sous-officier instructeur du 2e bataillon de la Guadeloupe, ex-89e légion, s’est trouvé avec nous à l’attaque du Louvre. Après un combat opiniâtre, il s’est élancé le premier à la grille en face l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, est parvenu en escaladant avec quelques-uns de ses camarades à nous faire ouvrir la grille pour parvenir à l’enceinte du Louvre, avec un sang-froid vraiment héroïque. Son premier soin en notre présence fut d’ordonner qu’aucun mal ne soit fait aux blessés ennemis de notre liberté ; s’est transporté aussitôt sur les Tuileries à la tête d’un petit détachement de trente à quarante jeunes guerriers, qui, comme lui, allaient chercher une mort glorieuse pour défendre les droits civils des Français. Etant dans la rue du Carrousel, il a soutenu un combat terrible avec le poste, qui les a forcés à replier pour pouvoir gagner aux Tuileries. Y étant arrivé, s’est empressé lui-même de nommer des factionnaires partout où à sa connaissance il y en avait besoin, pour ne laisser emporter aucune chose qui aurait été susceptible d’être volée, avec toujours le même sang-froid et le même courage. » Il signa le certificat suivant en faveur de Lambert, Jean, Joseph : « Je certifie que le sieur Lambert s’est conduit près de moi en brave au Louvre. » Il certifia, avec Hoffmann, Alexandre, Ernest, lors du retrait des Croix de Juillet à la mairie du IVe arrondissement, bien connaître Crespin, François, Joseph, afin de permettre à ce dernier qu’il retirât la croix qui lui avait été accordée. Il signa un certificat de notoriété en faveur de Joseph, Louis, Morand, attestant qu’il le connaissait parfaitement et savait qu’il avait été blessé, le 28 juillet, d’une balle qui lui avait traversé la jambe gauche. Il comparut, le 25 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Soret, Jean-Baptiste, Germain « et savoir que ce dernier, après s’être battu assez longtemps le jeudi 29 juillet dernier contre des détachements de l’ex-garde royale, reçut un coup de feu dans la cuisse et plusieurs coups de crosses de fusil sur la poitrine et sur les bras ; que dans cet état il fut transporté à l’Hôtel-Dieu, où il est mort, le 29 janvier dernier, des suites de ses blessures » (à noter que la Commission des récompenses nationales refusa de reconnaître le décès de Soret comme étant lié à sa participation aux combats, puisqu’il mourut d’une pneumonie. Il comparut, le 21 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Thiberge, Louis, Achille « et savoir que le 28 juillet dernier il est sorti de son domicile, armé d’un fusil et d’un sabre, dans l’intention de combattre pour la liberté ; qu’arrivé rue de l’Arbre-Sec il attaqua avec d’autres citoyens un détachement de l’ex-garde royale et que, dans ce combat, il reçut dans la jambe gauche une balle amortie ; qu’ensuite s’étant porté rue de Rohan et dans les mêmes intentions il reçut un coup de baïonnette dans le bras gauche ; qu’enfin, se trouvant sur la place du Palais-Royal il fut renversé par un gendarme et foulé aux pieds de son cheval ». il avait reçu une balle amortie dans la jambe gauche. Il signa un certificat en faveur de Lhopital, Pierre, Marie, pour attester que les faits que ce dernier avançait étaient « sincères et véritables ». Il apostilla un certificat délivré, le 2 février 1831, en faveur de Bassereau, Jacques, Nazaire, pour attester que ce dernier avait remis sa caisse pendant les journées de Juillet, afin de battre la charge. Il apostilla un certificat délivré en faveur de Cresson, Pierre, Charles et ainsi rédigé : « Entre nous soussignés Lemelle, Désiré, demeurant rue de la Vieille-Tannerie n° 4, et Touroute, André, Alexandre, rue Maubuée n° 20, attestons avoir apporté nous-mêmes le nommé Cresson, Pierre, Charles depuis le Louvre jusqu’à la rue Saint-Germain-l’Auxerrois où il s’est trouvé un docteur qui l’a saigné. Il était sans connaissance par les blessures graves qu’il avait reçues à l’attaque du Louvre le 29 juillet. Le propriétaire et locataire de la rue Saint-Germain-l’Auxerrois ont signé avec nous pour rendre hommage à la vérité. » Il comparut, le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Morand, Joseph, Louis et savoir qu’il était actuellement sans emploi et n’avait « aucune ressource pécuniaire ni moyen d’existence ». Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » En 1835, Lamel sollicita un secours, disant avoir perdu sa femme, après deux années de maladie, et qu’un incendie avait détruit chez lui une partie de ses effets. Le 31 janvier 1835, le préfet de la Seine donnait les renseignements suivants sur son compte : « […] Le 7 octobre dernier et pendant que le pétitionnaire faisait son service de garde national, le feu se déclara dans le logement qu’il occupait alors, rue de la Sonnerie n° 6. Cet accident paraît n’avoir d’autre cause que la négligence du sieur Lamel, qui avait laissé quelques effets à proximité d’un feu mal éteint. En peu d’instants, le lit, les meubles et une partie des effets du pétitionnaire furent consumés. Cette perte paraît être d’une valeur de trois à quatre cents francs. Le sieur Lamel, qui est un ancien militaire et qui se trouvait déjà dans une position peu aisée par suite des dépenses auxquelles l’a entraîné une maladie grave à laquelle sa femme vient de succomber, se trouve aujourd’hui dans la plus grande misère. M. le maire n’hésite pas à le recommander à la bienveillance du gouvernement, en ajoutant que soit par sa moralité soit à cause de sa conduite courageuse pendant les journées de Juillet et du dévouement qu’il a toujours montré depuis cette époque, le pétitionnaire est digne de la faveur qu’il sollicite. » Le préfet de la Seine, en terminant sa lettre, le recommandait pour un secours de cent francs, somme qui lui fut effectivement attribuée. Lamel avait épousé, le 4 juin 1810 à Nancy, Mougenot, Françoise, née à Nancy le 13 janvier 1785 ; sur l’acte de mariage, Lamel, Jacques est indiqué comme le fils de feu Lamel, Joseph, mort le 8 mai 1810 à Nancy ; Mougenot, Françoise est indiquée comme fille de Mougenot, François, maître cordonnier et de feue Mény, Barbe. Il avait (sans doute) trois autres enfants. Il demeurait rue du Jeu-de-Paume à Nancy en 1810 ; 6, rue de la Sonnerie en 1830-1834 ; 14, rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1835. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 81 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IVe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 73, 97-98 ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Droit, François ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Lhopital, Pierre, Marie ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/33, lettre en date du 29 septembre 1831, du président de la Commission des récompenses nationales au ministre de l’Intérieur ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à des secours temporaires avec détermination de temps (deux ans) ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Cresson, Pierre, Charles ; Archives nationales F/1dIII/60 ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Morand, Joseph, Louis ; Archives nationales F/1dIII/76 in dossier Soret, Jean-Baptiste, Germain ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thiberge, Louis, Achille ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 2e catégorie de la 2e classe et liste nominative des ascendants ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/15/3221 ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Bassereau, Jacques, Nazaire ; Archives de la préfecture de police AA 396 in dossier Lambert, Jean, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Molinary, François, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Sabra, Louis, François ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations.Voir Lhamel ?