Lamiral, Jean-Pierre
Biographie
Né vers 1793 (en 1799 dans le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle et dans Les Excentriques). Homme de lettres. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Lamiral, Jean-Pierre a, dans la journée du 29 juillet dernier, défendu avec la plus grande intrépidité la caserne des Minimes et l’a sauvée d’un incendie qui paraissait presque inévitable ; qu’il a, en outre, fait respecter avec la plus grande énergie, les femmes et les enfants qui n’avaient pas encore pu évacuer ladite caserne. » Signé, le 1er août 1830 (pour les noms lisibles) : Pantin, chevalier de la Légion d’honneur ; Bauer, chevalier de la Légion d’honneur ; Jullerot (voir ce nom), commandant de la garde nationale mobile, demeurant 2, rue de la Cerisaie ; Rohirsh ; Paap, chevalier de la Légion d’honneur ; Po..., demeurant 9, rue Saint-Gilles ; Reybier, ex-gendarme, demeurant 1, rue Neuve-Saint-Pierre. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Le chef de bataillon, commandant le corps de volontaires nationaux, certifient que le sieur Lamiral, Jean-Pierre était présent aux journées des 27, 28 et 29 juillet dernier et qu’il s’y est fait remarque, qu’il a servi depuis dans le 1er bataillon de garde nationale mobile que je commandais et que comme sous-officier, il a tenu une conduite digne d’éloge. » Signé, le 5 septembre 1 830 : Jullerot, chef de bataillon, demeurant 2, rue Lesdiguières. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, l’un des commissaires du (ancien) VIIIe arrondissement pour les blessés, veuves et orphelins des journées de juillet 1830, certifie avoir inscrit sur le rapport que j’ai remis le 16 août de la même année à la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement de Paris et comme s’étant distingué, le sieur Lamiral, Jean-Pierre, demeurant à Paris, rue Sainte-Marguerite n° 5, faubourg Saint-Antoine ; il était âgé de trente-sept ans et célibataire et m’avait déclaré avoir coopéré à la prise de la caserne des Minimes le 29 juillet et avoir été un de ceux qui se sont opposés à ce qu’on y mît le feu. » Signé, le 12 août 1831 : Naevas ou Heevash. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, continuant de demander « d’être admis sur la liste des combattants pour la liberté » et ajoutant : « […] Je me suis en outre distingué dans toutes les circonstances qui se sont présentées tant pour conquérir nos droits que pour maintenir le bon ordre partout où le besoin l’exigeait […]. » Il ne se présenta pas aux convocations de la Commission. Les Excentriques de Champfleury donne de précieuses indications biographiques sur Lamiral, auquel il consacre un chapitre. On y apprend qu’il fit jouer en 1815, Aramire, drame en trois actes, qu’il était un des auteurs principaux du théâtre Séraphin, théâtre d’ombres chinoises, où, à partir de 1820, il fit jouer la Boule d’or, le Lion de Salerne, les Petits maraudeurs, les Ecoliers en vacances, la Petite glaneuse, l’Ane au salon, les Petites pensionnaires, etc. Il écrivit l’Auberge du Grand Croissant, drame en deux parties, Mémoires, voyages, aventures et scènes, chez Marchand. « Jean-Pierre Lamiral naquit à Paris le 21 novembre 1799, à une heure du matin environ, dans une maison appelée Maison brûlée, grande rue du faubourg Saint-Antoine, en face celle Saint-Nicolas. Il est fils de Dominique Lamiral, ouvrier boulanger, et plus tard militaire tué sur le champ de bataille. Sa mère se nommait Thérèse Dufour, ouvrière en robes. […] A quatorze ans Lamiral avait du goût pour le dessin, la musique et la poésie, et il dessinait des monuments d’après nature ; mais “il les retraçait imparfaitement”. […] En 1820, il était directeur du théâtre de la Cité (aujourd’hui bal du Prado) que l’autorité fit fermer quelques mois après ; c’est dans cette même année que Lamiral, dégoûté des pompes du théâtre, se jeta dans les bras de l’Eglise. Avec la protection de M. Robinot, maître de cérémonies de la paroisse Saint-Etienne-du-Mont, il devint maître sonneur. Je laisse ici parler l’auteur lui-même : “Lamiral, dans sa jeunesse, avait montré beaucoup de goût pour la sonnerie des églises. C’était un divertissement pour lui ; il préférait ce délassement à tout autre genre d’amusement. Il fit des études sur cette partie, qui jusqu’alors est restée ignorée chez les peuples. Les prêtres eux-mêmes qui devraient y apporter le plus grand intérêt en s’en occupent aucunement. Les règlements n’y sont point observés.” […] Après des études, des méditations et des nuits sans sommeil, Lamiral publia l’Art de la sonnerie. » Il fut le président de la Société épicurienne française. Il se maria le 29 juin 1824 à Dubreuil, jeune veuve et marchande lingère de la place Saint-Etienne-du-Mont. « Pour tout dire, Lamiral s’avoue trompé ; un ancien amant italien reparaît ; le ménage va à la diable et notre héros “subit de mauvais traitements de sa femme” c’est-à-dire qu’il est battu en même temps. Plus tard, Lamiral aurait pu se venger d’une manière éclatante ; il tient en main le burin de l’historien, il est à la fois juge et partie. Et bien non ; c’est un homme calme, sage autant que Socrate, et il écrit sans trouble comme sans colère les lignes suivantes : “Lamiral apprit en 1832 la mort de son épouse, décédée dans les bras de son amant.” » En 1830, il fut nommé sous-officier des volontaires nationaux. Il partit se soigner à Bayonne. A son retour, il fut condamné à vingt-cinq francs d’amende pour avoir ouvert un théâtre sans autorisation. Il fit représenter le Savetier en goguette, Mademoiselle Mitonnée, Balochard, Lavigne, la Loge du portier. Il est l’auteur de Mémoires, voyages, aventure et scènes-proverbes tragi-comiques, parus chez Marchant, à Paris en 1845. Il se présenta aux élections convoquées après la révolution de Février 1848. Il reçut un secours de quarante francs en 1850, un secours de cinquante francs en 1851 et en 1852, à titre de combattant de Juillet. Il demeurait 5, rue Sainte-Marguerite en 1831 ; 12, bd Saint-Martin (où son courrier est retourné avec la mention Inconnu en août) et 20, rue des Lyonnais-Saint-Marcel en 1848 ; 42, rue Descartes à une date indéterminée entre 1849 et 1853, 8, rue du Four-Saint-Jacques en 1850-1851 ; 1 bis, rue Saint-Nicolas-du-Chardonneret en 1852. Archives de la préfecture de police AA 396 ; Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Larousse, tome dixième, Paris, 1866, p. 119 ; Les Excentriques, Champfleury, Paris, Lévy, 1852, p. 84-97 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852.