Lamolière, Jean-François, ou Lamorlière, Jean-François, ou Lamollière, Jean-François

Biographie


Sellier. Il sortit de son domicile, le 28 juillet vers 9 heures du matin, revêtu de son uniforme de garde national, et se rendit à la pointe Saint-Eustache. Il y fut tué vers 16 heures d’un coup de feu reçu en pleine tête. On trouve l’avis suivant dans Le Constitutionnel du 4 août 1830 : « M. Lamollier, sellier-carrossier, rue de Paradis, n° 35, est sorti de chez lui le mercredi 28 juillet dernier, en habit de garde national, coiffé d’un bonnet de police, avec son fusil et son sabre pour aller défendre nos droits. Il est allé à la mairie des Petits-Pères, et de là, rues de l’Echelle et Saint-Honoré. Son épouse, désespérée de ne l’avoir pas vu rentrer, invite toutes les personnes qui le connaissent et qui peuvent l’avoir vu sur le champ de bataille, de vouloir bien lui en donner avis à ladite adresse. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le 9 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Porée, Nicolas, Victor, marchand grainetier, demeurant 33, rue de Paradis-Poissonnière ; Collet, André, Pierre, marchand boucher, demeurant 29, rue de Paradis-Poissonnière ; Frappé, Antoine, maître menuisier, demeurant 27, rue de Paradis-Poissonnière. Ils attestèrent que Lamollière, Jean-François (sic) avait « été tué le mercredi 28 juillet dernier à 4 heures après-midi, d’un coup de feu qu’il a reçu à la tête en se battant pour la liberté ». Le 22 juillet 1831, devant Me Andry, notaire à Paris, comparurent : Fournier, Pierre, marchand de vin, demeurant 48, rue du Cadran ; Maltaux, Jean, Charles, cordonnier, demeurant 39, rue du Cadran. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Lamolière, Jean-François (sic) « et savoir que ledit Lamolière (sic) a pris part aux événements de juillet 1830 ; qu’il est sorti, le mercredi 28 juillet et a été rencontré par son père ci-après nommé sur les 9 heures du matin ; que ledit sieur Lamolière rentra immédiatement chez lui, se revêtit de l’uniforme de garde national, se rendit à la pointe Saint-Eustache, où il fut presque aussitôt atteint d’un coup de feu et fut trouvé en cet endroit au nombre des morts ; que par suite de ce décès et vu l’éloignement de son autre enfant, aujourd’hui en Russie, M. François Lamolière (sic) ancien sellier, demeurant à Paris, rue du Cadran n° 39, veuf de dame Elisabeth, Scholastique Creté (sic) décédée, et père dudit sieur Lamolière (sic) fils, dont ce dernier était le soutien, se trouve privé de tous moyens d’existence et réduit à l’indigence ». Lamolière laissait un père, Lamorlière, François (sur tous les actes d’état civil le nom de père et celui du fils sont différents, ce nom n’est pas sur les listes du Bulletin des lois), né le 9 mars 1763 à Breteuil (Oise), fils de Lamorlière, François (sic), cordonnier, et de Vaconsin, Marie, Charlotte, veuf de Cretté, Elisabeth, Scholastique. Le 25 juillet 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Maltaux, Jean, Charles, cordonnier, demeurant 39, rue du Cadran ; Simon, Emmanuel, Etienne, chaudronnier, demeurant 44, rue du Cadran. Ils attestèrent que Lamorlière, François (sic) était bien le père de Lamolière, Jean-François (sic) « tué le 27 juillet (sic) à la pointe Saint-Eustache et qu’il vivait d’une pension alimentaire que lui faisait son fils ». Il est indiqué (Lamorlière, François, né le 9 mars 1763) comme pensionné de trois cents francs comme blessé dans les journées de Juillet in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831. Il fut accordé au père, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait aussi une veuve, Thévenot, Marie, Esther, née le 17 avril 1792 (bien le 17 avril 1792 dans son acte de baptême ; par erreur le 18 avril 1792 in Archives nationales F/1dIII/34 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne) qu’il avait épousée le 10 mai 1817 à Moissy-Gramoye ; sur l’acte de mariage, Lamolière, Jean-François (sic) est indiqué le fils de Lamolière, François (sic) et de Cretté, Scholastique, Elisabeth (sic) ; Thévenot, Marie, Esther est indiquée comme fille de feu Thévenot, Jacques et de feue Moulé, Angélique, propriétaires. La veuve reçut un secours de cent vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de cent francs, le 7 août 1830, un secours de soixante francs, le 13 août 1830, un secours de cent francs, le 11 septembre 1830 (indiqué comme étant le troisième et dernier secours), un secours de cent quatre-vingt-sept francs et cinquante centimes le 22 octobre 1830, un secours de cent francs le 1er décembre 1830, un secours de vingt-cinq francs le 15 janvier 1831, un secours de trente et un francs et trente-cinq centimes le 1er avril 1831, un secours de trente et un francs et trente-cinq centimes le 15 avril, un secours de trente et un francs et trente-cinq centimes le 2 mai 1831 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; elle fut pensionnée et il lui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait une fille, Esther, Félicité, née le 26 février 1825 (bien 26 février 1825 in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671 et in Archives nationales F/1dIII/34 après correction et aussi in Archives nationales F/15/2553 et surtout in Archives nationales F/1dIII/82 Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; par erreur le 1er mars 1825 in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris, qui fut pensionnée (sous le nom de Lamolière sur les listes du Bulletin des lois) et à qui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et d’Ambroise, Jean, directeur d’artillerie de marine, subrogé-tuteur, demeurant 17, rue Montholon en 1831. En 1832, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de l’enfant qu’elle restait confiée aux soins de sa mère, ajoutant : « Au-dessus du besoin. Le père était carrossier. La mère liquide la succession pour se retirer du commerce. » Esther fut placée dans une maison d’éducation et reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1836. Le nom de Lamolière (J.-F. Lamolière) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Lamolière demeurait 11, rue Mandar, chez son père, en 1817 ; 35, rue de Paradis-Poissonnière ; sa veuve, 35, rue de Paradis-Poissonnière en 1831-1832 ; son père, 39, rue du Cadran en 1831. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 65 ; Les Barricades immortelles du peuple de Paris, relation historique, militaire, anecdotique des journées des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 et du voyage de Charles X jusqu’à son embarquement, par P. C., Paris, Leroi, 1830, p. 326-327 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 81 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 81 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 96 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des veuves ayant droit à une pension, avec enfant ou sans enfant, idem état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 32-33 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (sous le nom de Lamorlière, François) et état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (sous le nom de veuve Lamolière) et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) IIIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves), état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance (où il est aussi indiqué que l’acte de naissance du père porte le nom de Lamolière) et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (29 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins des victimes Juillet non pourvus de subrogés tuteurs à la date du 30 septembre 1831 ; Etat nominatif des orphelins et orphelines de Juillet, qui, pendant le premier trimestre de 1832, ont atteint leur huitième année et dont les pensions doivent être dès lors réinscrites au Trésor au taux de sept cents francs, en conformité de l’article 1er de l’ordonnance du 25 août 1830 ; année 1833, IIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 IIIe arrondissement ; année 1839 IIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/60 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, veuves, orphelins et ascendants et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien IIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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