Lamotte

Biographie


Marchandeur menuisier en bâtiments chez Leleu, 5 bis, rue du Faubourg-Poissonnière. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Désirant ardemment faire partie de la garde nationale parisienne et n’ayant pas les moyens de pourvoir aux frais que nécessitent l’habillement et l’équipement complets, je sollicite de votre justice la gratification de ce qu’il faut pour faire partie d’une compagnie de voltigeurs ou de chasseurs (j’ai cinq pieds trois pouces et suis bien portant). Les droits que je possède et sur lesquels j’appuie ma demande ne sont pas très puissants. Ils ne consistent que de l’emploi des trois grands jours. Les ateliers étant fermés, je fus à la porte Saint-Denis pour aider à monter les pierres dessus. Après nous fûmes désarmer le poste de Bonne-Nouvelle et nous fîmes des barricades avec les démolitions. Nous allâmes après désarmer le poste des Suisses rue Bergère. Mais, voyant que l’on voulait enfoncer la porte du marchand de vin, Faubourg-Poissonnière, pour égorger trois Suisses qui s’étaient sauvés chez lui, je ne voulus pas faire partie de ces hommes et je fus chez moi, rue des Petites-Ecuries, d’où je ne sortis plus du jour. Le jeudi, à 4 heures et demie du matin, je fus voir à la Grève ce qu’il se passait. L’on me fit travailler à faire une redoute en travers le quai, au bout du Pont-Neuf. Les Suisses tiraient déjà sur l’école des Quatre-Nations. A 8 heures, la redoute fut finie. Je revins bien vite faubourg Saint-Denis, où, aidé de plusieurs de mes voisins, nous fîmes trois redoutes avec des pavés que nous arrachâmes de leurs places. A 11 heures du matin, les redoutes furent finies. Nous en fîmes une autre dans le faubourg Saint-Denis (les trois premières étaient dans la rue des Petites-Ecuries). Ladite finie je partis au quartier général qui était à la Bourse. Le général Dubourg et deux autres messieurs à cheval, que l’on disait être M. George Lafayette et l’autre M. le petit-fils de M. Lafayette, nous conduisirent à la Ville (lire à l’Hôtel de ville), par la place des Victoires et les petites rues, où je restai une heure à attendre des armes. Voyant que l’on n’en donnait pas, je pris le parti de m’en procurer. Je vis un homme qui avait un fusil et un sabre de cuirassiers. Je vais sur lui et lui commandais de me donner l’une ou l’autre de ces armes. Me voyant décidé, il me donna le sabre. Alors je partis au Palais-Royal. L’on ne se battait plus que dans la rue Saint-Honoré près du Théâtre-Français. Les gardes royaux occupaient les deux maisons au coin de celle Richelieu. Je restais deux heures derrière les colonnes du théâtre, attendant que quelque bourgeois tombe pour prendre un fusil. Au bout de ce temps l’on monta dans le théâtre et l’on tira par les croisés mais je restais en bas avec plusieurs personnes. Un monsieur qui avait un chapeau et une redingote vertes s’avança dans la rue au moins de six pieds pour tirer son coup de fusil mais il n’eut pas le temps de revenir qu’il fut blessé dans la cuisse. Il tomba. Je pris son fusil, que beaucoup demandaient, me dis illisible j’avais trois cartouches. Je les brûlais et un autre homme me le prit à son tour. Un autre homme, qui était légèrement blessé, voulait, disait-on, vendre le sien. Je courus après lui pour lui offrir quinze francs. que j’avais mais il ne voulut pas me le donner à moins de vingt-cinq francs. Je ne pus lui acheter, je n’avais que quinze francs. J’allais retourner près le théâtre mais les gardes royaux s’étaient, disait-on, rendus. Je n’avais pas encore déjeuné. Je rentrai chez moi, d’où je ne sortis plus du jour. Le jour de Rambouillet, je travaillais. A 9 heures, en déjeunant, l’on me dit que l’on se rassemblait aux Champs-Elysées. J’y fus. Le général Lafayette nous passa en revue. L’on disait, à ce moment, que l’on aurait des armes à Versailles. Alors je montais sur l’impériale d’une voiture de Saint-Germain. Mais le général qui était à cheval et en uniforme vint donner l’ordre de ne laisser monter personne sans armes, alors on me fit descendre. Voilà, Messieurs, où se bornent mes exploits militaires. Les circonstances ne m’ont pas servi mais le désir de bien faire ne me manquait pas. J’espère être plus heureux près de vous que je ne l’ai été jusqu’alors. » Il demeurait 5, rue des Petites-Ecuries en 1830. Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831).

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.